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9 janvier 2008 : Le Cruiser, un nouvel insecticide neurotoxique systémique inquiète les apiculteurs français. Le ministère français de l'agriculture vient d'annoncer l'homologation sur son territoire d'une semence de maïs traitée avec un nouvel insecticide neurotoxique systémique, le Cruiser, et destinée à l'alimentation animale. Le maïs destiné à l'alimentation animale (maïs ensilage) couvre l'essentiel des surfaces de maïs cultivées en France. Produit par le groupe agrochimique suisse Syngenta, cet insecticide dont la molécule active est le thiamethoxam, un neurotoxique qui agit sur les récepteurs nicotiniques des insectes, devrait servir à lutter contre les taupins (Agriotes spp), des coléoptères souterrains qui s'attaquent aux racines du maïs. L'insecticide enrobe la semence de maïs et diffuse dans la plante pendant sa croissance. Ce type d'enrobage inquiète les apiculteurs d'autant plus que des études écotoxicologiques réalisées par Luc Belzunces (INRA, Avignon) ont montré que le comportement de vol des abeilles, en particulier leur retour à la ruche, pouvait être perturbé par l'absorption de très faibles doses de thiamethoxam. D'autre part l'an dernier, plusieurs apiculteurs italiens ont accusé le thiamethoxam d'être responsable de la disparition brutale d'un grand nombre de leurs abeilles. Selon eux, les abeilles auraient été contaminées par la dispersion de la molécule neurotoxique dans l'air lors des semis. Des analyses récentes ont d'ailleurs confirmé la présence de Thiamethoxam dans les abeilles italiennes retrouvées mortes. L'utilisation sur le maïs de deux autres insecticides neurotoxiques systémiques, le Gaucho et le Fipronil, suspectés d'être à l'origine de l'affaiblissement des colonies d'abeilles, est interdite en France depuis 2004. (OP) ; Source : LeMonde.fr ; [Lire l'article]

9 janvier 2008 : Mise en garde contre les risques de propagation de la dengue aux États-Unis. Dans un éditorial publié dans le Journal of the American Medical Association, (JAMA), daté du 9 janvier, des responsables de l'Institut national américain des allergies et maladies infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases, NIAID) s'inquiètent d'une éventuelle "multiplication à grande échelle des cas de dengue aux États-Unis". Ils préviennent que les risques de propagation de la dengue, une maladie virale transmise par les moustiques du genre Aedes, sont réels et doivent être pris au sérieux. Plusieurs cas sporadiques ont en effet déjà été signalés dans le Sud des États-Unis, particulièrement au Texas près de la frontière mexicaine. Selon les experts, le réchauffement climatique en cours pourrait favoriser et accélérer la propagation de la maladie infectieuse vers le Nord du continent américain, d'autant plus que les moyens pour combattre l'épidémie sont jugés nettement insuffisants. La dengue connaît présentement une réémergence à l'échelle de la planète et menace près du tiers de la population mondiale. Chaque année, entre 50 à 100 millions de personnes la contractent, dont 22 000 en meurt. Or, actuellement, il n'existe pas de vaccins ou de traitements spécifiques contre la dengue. La lutte contre les moustiques vecteurs reste donc l'un des moyens privilégiés pour endiguer les épidémies de dengue. Pour les experts américains, il devient donc urgent d'accroître les traitements antivectoriels, principalement dans le Sud des États-Unis, et de développer des traitements médicaux et des vaccins efficaces contre la dengue. (OP) ;  Source : AFP / Cyberpresse.ca [Lire la dépêche] ;
> Réf. : DM Morens and AS Fauci. Dengue and hemorrhagic fever: A potential threat to public health in the United States. Journal of the American Medical Association (JAMA) 299(2): 214-6
> http://www3.niaid.nih.gov/news/newsreleases/2008/dengue.htm
> En savoir plus sur la Dengue : Institut Pasteur et Organisation Mondiale de la Santé

28 décembre 2007 : La complexité des relations entre les termites et leurs champignons symbiotiques. Les termites sont des insectes sociaux organisés en castes relativement complexes. Parmi les 2 000 espèces de termites recensées à ce jour, les espèces champignonnistes, appartenant à la sous famille des Macrotermitinae, présentent la particularité d'établir une relation de symbiose (bénéfique aux deux organismes) avec un champignon supérieur appelé Termitomyce. Contrairement aux autres espèces de termites, les espèces de termites champignonnistes sont incapables de digérer la cellulose et la lignine des végétaux. Ainsi, elles cultivent dans leur termitière des termitomyces sur un tapis végétal grossièrement mâchés. Les champignons pré-digèrent alors les végétaux en substances plus facilement assimilables par les termites. Des études récentes viennent de montrer que chaque espèce de termite champignonniste est capable de cultiver diverses espèces de champignons. Cette découverte est d'autant plus importante que les termites champignonnistes sont responsables de nombreux dégâts dans les cultures agricoles en Afrique, particulièrement dans les champs de canne à sucre ou dans les cultures vivrières de mil et de sorgo qui sont à la base du régime alimentaire des populations locales. Par exemple, les termites du genre Odontotermes peuvent occasionner des chutes de près de 25 % de rendement dans les champs de canne à sucre. Pour lutter contre ces ravageurs agricoles, de nouvelles stratégies ciblent maintenant les champignons symbiotiques car les fongicides utilisés sont généralement moins toxiques pour les humaines et l'environnement que les insecticides. La capacité des termites à cultiver plusieurs espèces de champignons pourrait néanmoins leur permettre de déjouer cette nouvelle stratégie. (OP) ; [En savoir plus] ; Source : Institut de recherche en développement (IRD)

21 décembre 2007 : Le règne des Coléoptères. Les Coléoptères sont un ordre d'insectes très diversifié qui regroupe le plus grand nombre d'espèces animales. Avec 350 000 espèces recensées, ils représentent en effet près du quart de tous les êtres vivants connus de la planète. En comparant le patrimoine génétique de plusieurs espèces de coléoptères, des entomologistes britanniques ont établit un nouvel arbre généalogique de ce fascinant ordre. Leur étude révèle en outre que l'incroyable diversité biologique des Coléoptères est principalement liée à leur grande adaptabilité qui leur a permis d'occuper de nombreuses niches écologiques. (OP) ; [En savoir plus] ;  Source : Science et Avenir.com

22 décembre 2007 : Le mortel plongeon. En utilisant des caméras très rapides, deux chercheurs français du CNRS ont filmé la capture de mouches et de fourmis dans les urnes d'une plante carnivore poussant dans les forêts tropicales d'Asie, Nepenthes rafflesiana. Les urnes de la plante carnivore contiennent un liquide visqueux et gluant qui assure à la fois la digestion des insectes et un rôle crucial dans leur capture. Le liquide secrété par N. rafflenasiae possède en effet des propriétés viscoélastiques qui lui permettent de rapidement immobiliser la proie en produisant des filaments de forte rétention. L'insecte est ainsi immédiatement recouvert du liquide visqueux et ne peut plus se débattre du piège gluant. Même lorsqu'il est dilué à 90 % par les eaux de pluies, ce qui arrive fréquemment dans les forêts tropicales, le liquide viscoélastique des plantes carnivores continue d'exercer sa mortelle emprise sur les insectes. Au contraire, dans l'eau une mouche est capable de se dégager rapidement et de ainsi de reprendre son envol. Ce liquide dont la consistance est semblable à celle des mucus ou salives secrétés par certains batraciens et reptiles pourrait servir au développement de nouveaux bioinsecticides. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Gaume L., Forterre Y., 2007. A Viscoelastic Deadly Fluid in Carnivorous Pitcher Plants. PLoS ONE 2(11): e1185 [Lire le résumé en anglais] [Télécharger et voir les vidéos]

22 novembre 2007 : Les termites au service des biocarburants (Sciences et Avenir.con). [Lire]

21 novembre 2007 : Les OGM du futur cibleront le génome des insectes (LeMonde.fr). Au cours des prochaines années, de nouvelles plantes transgéniques capables de cibler le génome d'insectes ravageurs, pourraient voir le jour dans les laboratoires. Ces nouveaux OGM, décrits dans deux études publiées par la revue Nature Biotechnology, le 4 novembre dernier, utiliseraient l'ARN Interférence (acides ribonucléiques doubles brins), un mécanisme qui permet de réguler l'expression de certains gènes et de réduire spécifiquement la production de protéines. Au laboratoire, ce phénomène d'interférence est aujourd'hui couramment utilisé pour inactiver certains gènes ciblés et il pourrait l'être à des fins thérapeutiques mais aussi en agriculture. Une équipe de l'Institut des sciences biologiques de Shanghaï (Chine), a réussi à rendre les chenilles de la noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera, sensibles au gossypol. Ce lépidoptère qui ravage aussi le coton a développé une résistance au gossypol, une molécule produite naturellement par le coton et toxique pour les insectes. Après avoir identifié le gène conférant cette résistance, les chercheurs chinois ont fait exprimer l'ARN correspondant dans des plantes transgéniques ce qui a inactivé le gène de résistance des chenilles qui se se nourrissaient sur ces végétaux. Dans une autre étude, des chercheurs de la multinationale agrochimique Monsanto ont produit des plants de maïs transgéniques capables d'exprimer certains ARN correspondant à des gènes assurant des fonctions physiologiques essentielles à la chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera, un de ses plus coriaces ravageurs. La production de ces ARN par les plants transgéniques ont permis ainsi de réduire les dégâts engendrés par les chenilles de chrysomèle sur les racines. En utilisant cette nouvelle stratégie d'administration orale d'ARN interférence, les chercheurs tentent ainsi d'anticiper sur l'apparition inévitable de résistance des ravageurs au protéines insecticides Bt (i.e. toxines de Bacillus thuringiensis) produites par certaines plantes transgéniques. Cependant, certains insectes comme le charançon du coton, Anthonomus grandis, sont résistants à cette stratégie. D'autre part, celle-ci ne règle pas le problème de la dissémination éventuelle des transgènes dans la nature, et pourrait s'avérer néfaste pour les insectes non ciblés et les organismes les consommant. (OP) ; Source : LeMonde.fr du 21.11.2007 [Lire l'article de Hervé Morin]
> Réf. : Mao YB., Cai WJ., Wang JW., Hong GJ., Tao XY, Wang LJ., Huang YP., Chen XY., 2007. Silencing a cotton bollworm P450 monooxygenase gene by plant-mediated RNAi impairs larval tolerance of gossypol. Nat. Biotechnol. 25(11):1307-13 [Lire le résumé en anglais]
> Réf. :
Baum JA., Bogaert T., Clinton W., Heck GR., Feldmann P., Ilagan O., Johnson S., Plaetinck G., Munyikwa T., Pleau M., Vaughn T., Roberts J., 2007. Control of coleopteran insect pests through RNA interference. Nat. Biotechnol 25(11):1322-6 [Lire le résumé en anglais]

16 novembre 2007 : Chikungunya : un virus mutant à la Réunion. Des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Institut de recherche en développement (Ird) ont récemment découvert qu'une mutation du virus responsable de la fièvre du chikungunya pourrait être à l'origine de l'explosion endémique de chikungunya qui a sévit en 2006 dans l'océan Indien, particulièrement sur l'île de la Réunion. La mutation identifiée concerne une protéine impliquée dans l'adhésion du virus au niveau de l'intestin du moustique tigre, Aedes albopictus, son principal vecteur. Par rapport à la souche virale d'origine, isolée en juin 2005 avant le déclenchement de l'épidémie, le virus muté infecte plus facilement les moustiques vecteurs et serait donc plus agressif. Selon les auteurs de l'étude, cette mutation plus performante pourrait expliquer le caractère explosif de l'épidémie de chikungunya. Quelque soit la souche virale étudiée, les chercheurs ont en outre constaté que le virus atteint très rapidement, en moins de 2 jours, les glandes salivaires des moustiques qui n'ont donc pas besoin de survivre très longtemps pour être infectieux. Ils ont aussi montré que les femelles A. albopictus étaient capables de transmettre à leur descendance le virus chikungunya. Cependant, leurs travaux ne permettent pas actuellement de conclure quant à la capacité infectieuse de la descendance. Une autre étude menée à l'Institut Pasteur en collaboration avec l’Entente Inter-départementale de Démoustication (EID) Méditerranée a montré que les populations de moustique tigre présentes dans le Sud de la France, notamment dans les département du Var, des Alpes maritimes et de Corse, pouvaient être des vecteurs potentiels du virus chikungunya. Le déclenchement d'une épidémie dépend néanmoins de nombreux facteurs dont la densité de moustiques. Afin de prévenir l'émergence du chikungunya dans le Sud de la France, l'EID Méditerranée maintient une surveillance accrue particulièrement dans les zones touristiques. (OP) ; Source : LeFigaro.fr [Lire l'article]
> Réf. : Vazeille M, Moutailler S, Coudrier D, Rousseaux C, Khun H, et al. (2007) Two Chikungunya Isolates from the Outbreak of La Reunion (Indian Ocean) Exhibit Different Patterns of Infection in the Mosquito, Aedes albopictus. PLoS ONE 2(11): e1168 [Lire le résumé en anglais]
> Lire le communiqué de presse de l'Institut Pasteur
> Le site de LEID Méditerranée

15 novembre 2007 : Après les abeilles, les bourdons sont aussi menacés. Alors que les indications d'un déclin généralisé des abeilles se multiplient à l'échelle de la planète, des entomologistes s'intéressent aussi au sort d'autres insectes pollinisateurs, les bourdons. Ainsi, Robbin Thorp, professeur d'entomologie à l'Université de Californie à Davis, s'alarme du rapide déclin du Bourdon de Franklin (Bombus franklini) sur la côte Ouest américaine. Cette espèce endémique du Nord-ouest de la Californie et du Sud-ouest de l'Oregon y était encore largement répandue il y a 5 ans. Aujourd'hui, elle pourrait être définitivement disparue, avant même d'avoir été inscrite sur la liste des espèces menacées. D'autres espèces plus communes aux États-Unis, Bombus occidendalis dans l'Ouest et Bombus impatiens dans l'Est, se font également plus rares. Contrairement aux abeilles qui ont été importées par les colons européens au 17e siècle, les bourdons sont des hyménoptères indigènes du continent nord-américain. Ils sont des pollinisateurs naturels pour de nombreuses plantes sauvages. Bien qu'ils ne produisent que très peu de miel, ils rendent aussi de grands services à l'agriculture, en pollinisant près de 15% des cultures américaines, particulièrement les cultures maraîchères sous abris (tomates, poivrons, pastèques, courges, concombres, fraises, etc.) et les petits fruits (bleuets ou myrtilles, canneberges ou airelles, framboises). Le déclin des bourdons inquiètent donc de plus en plus d'agriculteurs et d'entomologistes, d'autant plus qu'il se produit alors même que les populations d'abeilles sont au plus mauvais point. Certains scientifiques s'inquiètent même d'un possible déclin généralisé des insectes pollinisateurs. Comme pour les abeilles, les causes sont multiples et restent encore mal connues : pesticides, maladies parasitaires, pollution, malnutrition et destruction des habitats par le développement urbain et l'agriculture intensive. Mais l'utilisation accrue de ruches commerciales de bourdons dans les serres et les champs pourrait être en partie responsable du déclin en facilitant la diffusion de maladies parasitaires. Selon le professeur Thorp, l'importation de bourdons d'élevage en provenance d'Europe serait en effet responsable de la propagation d'une maladie due à une microsporidie du genre Nosema. Il a d'ailleurs constaté que les populations de bourdons sauvages ont commencé à s'amenuiser dans les années 1990, alors que des bourdons d'élevage étaient importés en grand nombre d'Europe pour polliniser les serres américaines. (OP) ; Source : Jeff Barnard, Associated Press, Grants Pass Oregon (sur Cyberpresse)
> Consulter la liste rouge des pollinisateurs en danger en Amérique du Nord : Xerces Society Red List (en anglais)
> Xerces Society for Invertebrate Conservation
> En savoir plus sur les bourdons : Insectarium de Montréal

5 novembre 2007 : Les coccinelles asiatiques à la conquête de la France. Après l'Amérique du Nord, la Grande-Bretagne, et la Belgique, c'est au tour de la France, particulièrement son quart Nord-Est, de connaître les invasions de la coccinelle asiatique Harmonia axyridis. Introduite en raison de sa très grande voracité dans le cadre de programmes de lutte biologique contre les pucerons, cette espèce originaire du Sud-est asiatique est en effet rapidement devenue invasive. Son expansion s'accompagne malheureusement d'une disparition des espèces de coccinelles indigènes avec lesquelles elle entre en compétition et dont elle peut aussi dévorer les larves quand la nourriture vient à lui manquer. D'autre part, à l'approche de l'automne, les adultes ailés en quête d'un abris pour l'hiver se rassemblent en grand nombre (d'une centaine à plusieurs milliers) dans les habitations et les édifices, où, bien qu'ils ne posent pas de problèmes de santé publique, la cohabitation avec l'homme est difficile. Ainsi, ces dernières semaines, avant l'arrivée des premiers froids, les invasions de domicile se sont multipliés en Alsace, dans le Nord Pas de Calais, dans l'Est du Bassin parisien et en Champagne Ardennes. Enfin, elles peuvent aussi occasionner quelques problèmes en viticulture, lors des vendanges tardives si elles se retrouvent écrasées avec les raisins dans les pressoirs. Si la situation actuelle n'est pas inédite, les chercheurs tentent encore de mieux comprendre le caractère invasif de la coccinelle asiatique et l'origine de son succès envahissant. Introduite par lâchers successifs dans les années 1970 aux États-Unis, elle a commencé à coloniser le territoire américain à la fin des années 1980 avant de se répandre sur l'ensemble du continent (1994 au Canada, 2001 en Argentine, etc.). Après avoir été introduite en France par l'INRA en 1982 pour des expérimentations, elle a été largement commercialisée comme biopesticide en horticulture et jardinage par la société Biotop entre 1995 et 2000. Pour éviter sa dissémination, Biotop a récemment commercialisé une souche sélectionnée incapable de voler (Voir nouvelle du 11.05.06 : "Les coccinelles, des pesticides naturels"). Mais en raison du caractère récessif de cette mutation, les croisements éventuels avec la souche sauvage n'empêcheront pas une partie de leur descendance de voler et de proliférer. Le naturaliste Vincent Ternois, coordonnateur de l'Observatoire pour le suivi de la coccinelle asiatique en France, croît d'ailleurs qu'il est trop tard et que plus rien ne pourra arrêter l'expansion de la coccinelle asiatique. Toutefois en Amérique du Nord, où elle n'avait aucun ennemi naturel à son arrivée, certains insectes parasitoïdes comme la larve du Diptère Strongygaster triangulifera commencent à profiter de sa présence et pourrait donc contribuer à réguler sa population. (OP) ; Source AFP 05.10.07
> Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France
> Voir la carte des observations de coccinelle asiatique signalées en France (Ternois V et coll., 2007)
> Lire aussi : "Invasion par les coccinelles asiatiques" (INRA 30.10.07)
> En savoir plus sur la coccinelle asiatique : La Toile du Québec ; OPIE - Insectes No 136, 2005, p. 7-11 (Fichier PDF)


Crédit photo : Entomart (www.entomart.be) > cliquer sur la photo pour agrandir
La coccinelle asiatique Harmonia axyridis présente une très grande variabilité de couleur entre individus d'où son nom anglais "Multicolored asian lady beetle". Aux États-Unis, elle porte aussi le nom de "Halloween lady beetle" à cause de ses couleurs élytrales et parce qu'elle est abondante dans les habitations en cette période de l'année.

1er novembre 2007 : Premier bioinsecticide viral au Canada. Il y a une dizaine d'années, l'entomologiste Charles Vincent et son équipe du Centre de recherche en horticulture de Saint-Jean sur Richelieu (Agriculture et Agroalimentaire Canada) identifiait dans les vergers du Québec un virus entomopathogène spécifique du Carpocapse des pommes, Cydia pomonella, un redoutable ravageur des cultures fruitières dont les chenilles frugivores s'attaquent aux pommes, poires, pêches, prunes, noisettes et noix de Grenoble. Ce virus à granulose dénomé CpGV (pour Cydia pomonella Granulovirus) est un baculovirus, une famille de virus entomopathogènes hautement spécifiques, qui infecte uniquement les chenilles du Carpocapse tout en étant totalement inoffensif pour les insectes bénéfiques et les humains. Il possède en outre une durée de vie très courte ce qui limite considérablement sa prolifération dans l'environnement. Grâce à un nouveau procédé de production plus performant permettant de sélectionner les souches de CpGV les plus efficaces et sans modifications génétiques, la société gaspésienne BioTepp a développé quelques années plus tard un insecticide biologique à base de ce granulovirus indigène, le Virosoft Cp4. Premier insecticide viral à être homologué contre un insecte ravageur agricole au Canada, le Virosoft Cp4 connaît un certains succès aux États-unis où il est utilisé à grande échelle dans les plantations fruitières des états de Washington et du Michigan. Au Canada, dans la vallée de l'Okanagan, une région de Colombie-Britannique réputée pour ses vergers et ses cultures fruitières, les producteurs ont plutôt choisi, avec l'aide du gouvernement fédéral, la stérilisation des mâles comme procédé pour combattre le carpocapse. Néanmoins, parfaitement adapté aux conditions nord-américaines, ce bioinsecticide viral devrait s'avérer très utile dans les vergers biologiques du Québec et de l'Ontario où les pesticides chimiques sont bannis. D'autres bioinsectides à base de baculovirus naturels sont en cours de développement pour contrôler divers ravageurs comme la tordeuse à bande oblique ou la fausse arpenteuse du chou. En foresterie, des insecticides viraux sont aussi utilisés contre la spongieuse mais ceux-ci sont généralement préparés à partir de virus modifiés génétiquement. (OP) ; Source : Québec Science 46 (2) p. 8-9, octobre 2007, "Haro sur les parasites de la pomme" (Gervais T.)
> Pour en savoir plus sur BioTepp et les bioinsecticides viraux : http://www.biotepp.com/

28 octobre 2007 : Rapport GEO4 de l'ONU : les problèmes les plus graves de la planète persistent. Le denier bilan chiffré publié par l'ONU sur l'état de santé de la planète confirme le déclin généralisé des principaux écosystèmes de la biosphère et en attribue la cause aux activités humaines. Selon le rapport onusien, le rythme de disparition des espèces s'est considérablement accentué et la planète serait entré dans la "6ème extinction". Outre les grand animaux charismatiques menacés, des milliers d'espèces d'oiseaux, d'amphibiens, de poissons, de plantes, d'insectes, mais aussi de bactéries et de microorganismes divers, dont la plupart sont encore inconnus et sont souvent à la base des chaînes alimentaires, pourraient disparaître au cours des prochaines années. Les introductions d'espèces exotiques constituent un problème croissant et contribuent à la disparition de nombreuses espèces indigènes. Les grands biomes de la planète, en particulier les forêts tropicales sèches, les savanes, les récifs coralliens et les milieux humides à l'intérieur des terres, ont vu aussi leur surface se réduire radicalement depuis les années 1950.  Le changement climatique, bientôt irréversible si la communauté internationale ne réagit pas avec plus de force, devrait accélérer la perte de la biodiversité et la désertification des écosystèmes. À cause de l'uniformisation des pratiques agricoles et de la destruction des milieux naturels, le stock de gènes des plantes alimentaires et médicinales s'est aussi considérablement réduit au point de menacer l'existence même de l'espèce humaine. Avec les besoins croissants en énergie, l'agriculture intensive est en effet considérée comme une des principales causes de la dégradation de l'état de la planète. Ainsi, de 1990 à aujourd'hui près de 6 milliards de forêts tropicales ont été converties chaque année en pâturages et en cultures agricoles. En Europe, 90% des terres agricoles souffrent d'excès de phosphates et de nitrates entraînant l'eutrophisation généralisée des cours d'eau et des lacs. En Asie et en Afrique, l'irrigation des cultures est responsable de 60 à 70% des prélèvements d'eau entraînant de graves crises d'approvisionnement des populations en eau douce. L'appauvrissement des sols en carbone du à leur utilisation intensive est responsable d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre  Enfin, la demande croissante en biocarburants devrait convertir une partie importante des terres agricoles en monocultures au détriment des plantes alimentaires et de la diversité biologique. Curieusement le rapport demeure relativement silencieux sur les plantes transgéniques dont l'utilisation est très controversée. En conclusion, les experts onusiens établissent un lien entre la perte des écosystèmes et de la biodiversité et la disparition des cultures et des langues. Ils invitent la communauté internationale à agir rapidement avant qu'il ne soit trop tard et les pays riches à s'engager dans la voie de la décroissance avant que la surconsommation ne détruise tous les services biologiques de la planète. [Lire le communiqué du PNUE - ONU]
> Télécharger le rapport GEO4 en PDF : http://www.unep.org/geo/geo4/report/GEO-4_Report_Full_en.pdf
> Lire aussi la série d'articles de Louis-Gilles Francoeur publiée dans le Devoir du 26.10.07 : "Gaïa va mal" (accès réservé aux abonnés)"La planète depuis Brundtland" (accès libre)"L'espèce humaine est menacée" (accès libre)

27 octobre 2007 : Mise à jour de la liste des antiparasitaires de type microbe et phéromones homologués au Canada
> Liste disponible sur le site du Réseau Biocontrôle (format HTML, en anglais)
> Site de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (Santé Canada)

27 octobre 2007 : Sa majesté des mouches (Le Devoir). L'entomologiste Jade Savage de l'Université Bishop à Sherbrooke (Québec) étudie l'impact des changements climatiques sur les Muscidés (la mouche domestique Musca domestica et ses cousines). [Lire l'article] ; Source : LeDevoir.com

26 octobre 2007 : Les bienfaits de l'agriculture biologique sur la qualité des sols. Interface et zone d'échange entre la lithosphère, l'atmosphère et la biosphère, le sol est un milieu vivant complexe composé de matières organiques et minérales et dont le rôle en agriculture est fondamental. La multitude de microorganismes et d'invertébrés détritivores qui le compose (bactéries, champignons, vers de terre, insectes, etc.) transforment en effet la matière organique en matière minérale et fournissent aux plantes les nutriments nécessaires à leur croissance. Une étude comparative suisse réalisée sur plus de 20 ans sur des parcelles biologiques et traditionnelles alternant différentes cultures (pommes de terre, orge, blé d’hiver, betteraves et trèfle), vient de montrer que les pratiques agricoles comme l'usage intensif de pesticides et d'engrais diminuaient considérablement la qualité des sols et leur richesse en microorganismes et matières organiques. Alors que dans les parcelles traditionnelles, l'appauvrissement des sols conduit à multiplier les apports en phosphates et en nitrates, le développement de la microfaune dans les parcelles biologiques permet d'enrichir le sol en nutriments dont les plantes ont besoin. D'autre part, les chercheurs ont constaté que les insectes auxiliaires, parasitoïdes et prédateurs de parasites, étaient beaucoup plus nombreux dans les parcelles bio permettant ainsi une meilleure protection naturelle des cultures contre les ravageurs et diminuant l'intérêt d'utiliser des pesticides. Malgré des baisses de rendement de l'ordre de 20% observées dans les cultures biologiques, celles ci demeurent économiquement rentables à long terme car elles permettent d'éviter les dépenses coûteuses associées à l'utilisation des produits chimiques (engrais, pesticides, etc.). (OP) ; Source : e-meddiat (article de M. Jahnich, 05.09.07)
>
Réf. : Fliessbach A., et al. ,2006. Soil organic matter and biological soil quality indicators after 21 years of organic and conventional farming. Agriculture, Ecosystems and Environment 118: 273-28 [Résumé en anglais]

> e-meddiat, le webzine du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable

16 octobre 2007 : "Les OGM sont des éponges à pesticides". Invité au Québec par l'UQÀM, Greenpeace et les Amis de la Terre de Québec, Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à Caen et président Conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN) croit, à regret, que l'étiquetage obligatoire des OGM en épicerie ne s'imposera au Canada qu'à la suite d'une inévitable crise sanitaire majeure. Selon lui, il existe dans l'opinion québécoise une impression vague que les plantes transgéniques sont plutôt une solution écologique pour réduire l'utilisation de pesticides en agriculture, une impression trompeuse entretenue par l'industrie des biotechnologies. Or le professeur soutient qu'il n'en n'est rien et que les plantes transgéniques résistantes aux herbicides nécessitent des arrosages de pesticides plus abondants que les variétés traditionnelles. Pour expliquer la réticence des multinationales productrices d'OGM à étiqueter leurs produits, il ajoute que «lorsqu'on oblige l'étiquetage et les études à moyen et long terme, les OGM ne sont plus rentables». Au contraire, en Europe, la récente crise de la "vache folle" et la forte tradition de la culture du terroir ont probablement contribué à sensibiliser d'avantage les consommateurs à l'importance de connaître l'origine des produits agricoles. (OP) ; Source : Stéphane Bérubé, La Presse, 11.10.07
> Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN)

14 octobre 2007 : Un monde sans fruits et légumes ? Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA, n'exclut pas que les abeilles disparaissent de la planète. Il décrit les bouleversements alimentaires qui en résulteraient  [Lire l'article sur le Monde.fr]
> (Re)Lire "Les abeilles en voie de disparition" (PESTInfos 13.09.07)

 04 octobre 2007 : La chaleur guide les insectes pour piquer. Les insectes hématophages, buveurs de sang, sont capables de repérer les vaisseaux sanguins sous la peau de leur victimes et de les piquer au bon endroit. Une étude menée par des chercheurs français et brésiliens sur des punaises hématophages a permis de montrer que les insectes utilisent les différences de températures qui existent sur la peau pour localiser les vaisseaux sanguins. Simulant une peau et ses vaisseaux sanguins à l'aide d'une plaque métallique munie de fils métalliques dont les températures peuvent être contrôlées, ils ont en effet constaté que les punaises dirigeaient toujours leur trompe vers le fil le plus chaud, sans contact préalable avec la peau artificielle. Selon les chercheurs, les antennes des punaises ont un rôle essentiel dans cette sensibilité à la chaleur. (OP) ; Source : cyberpresse.ca
> Réf. : Ferreira RA, Lazzari CR, Lorenzo MG, Pereira MH (2007). Do Haematophagous Bugs Assess Skin Surface Temperature to Detect Blood Vessels? PLoS ONE 2(9): e932 [Article en anglais en accès libre]

1er octobre 2007 : Sélection de ressources électroniques en agronomie (en anglais) : http://www.istl.org/07-spring/internet.html

26 septembre 2007 : Les grenouilles victimes indirectes des engrais agricoles. En Amérique du Nord, le nombre de malformations observées chez les amphibiens (membres supplémentaires, manquants ou déformés) est en constante augmentation depuis les années 90. Une récente étude réalisée à l'Université du Colorado à Boulder révèle que l'eutrophisation des lacs et étangs est à l'origine du développement de ces malformations chez les grenouilles. Les chercheurs ont mis en évidence une cascade d'évènements en réponse aux modifications environnementales conduisant à l'émergence d'un parasite responsable des malformations. En effet, l'apport de grandes quantités d'engrais azotés et phosphatés par les agriculteurs et les jardiniers nord-américains entraîne une eutrophisation accrue des écosystèmes aquatiques qui stimule la prolifération de cyanobactéries favorisant à leur tour la présence d'escargots porteurs du parasite. L'augmentation de la densité des escargots infectés et du nombre de parasites par escargots conduit finalement à une élévation du taux d'infection chez les amphibiens. Le parasite est un vers trématode, Ribeiroia ondatrae, dont les larves forment des kystes dans les membres des têtards, provoquant de sévères malformations pouvant être létales. D'une façon plus générale, cette étude permet de mieux comprendre la réponse des parasites aux perturbations des écosystèmes et pourrait expliquer le déclin des batraciens dans le monde mais aussi la prolifération de parasites impliqués dans des maladies humaines comme le choléra, le paludisme, le virus du Nil occidendal ou dans la disparition des récifs coralliens. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Johnson PT, Chase JM, Dosch KL, Hartson RB, Gross JA, Larson DJ, Sutherland DR, Carpenter SR., 2007. Aquatic eutrophication promotes pathogenic infection in amphibians. Proc Natl Acad Sci U S A. 104(40):15781-6 [Résumé en anglais sur PubMed]

25 septembre 2007 : Du nouveau sur la génotoxicité des pesticides. Le fonctionnement génétoxique d'un organosphosphate largemment utilisé dans les pesticides a été établie par une jeune chercheuse slovène. "La jeune chercheuse Irena Hreljac travaille au sein du Département pour la toxicologie génétique et la biologie du cancer à l'Institut national de biologie à Ljubljana. Récemment, elle a obtenu le troisième prix à la 5ème conférence internationale sur les mutagènes environnementaux dans la population humaine (5th International Conference in Environmental Mutagens in Human Populations) pour sa présentation intitulée " Fonctionnement co-génotoxique du parathion méthyl et du benzopyrène". Irena Hreljac a montré au cours de cette conférence qui a eu lieu en Turquie comment l'organophosphate parathion méthyl provoque des mutations dans les bactéries et des endommagements de l'ADN dans les cellules humaines et augmente le fonctionnement génotoxique d'un des agents cancérogènes le plus répandus, le benzopyrène. En outre, l'analyse génétique de cellules qui ont été exposées au parathion méthyl lui a permis d'établir une hypothèse sur le mécanisme de fonctionnement génotoxique et co-génotoxique de parathion méthyl. Elle s'est concentrée plus particulièrement sur l'influence des pesticides organophosphates sur les cellules non nerveuses. Ces nouvelles recherches épidémiologiques ont donc montré une liaison entre l'exposition aux organophosphates et certaines formes de cancer. Durant ses recherches, Irena Hreljac a ajouté aux cultures de cellules différentes concentrations de combinaisons de pesticides organophosphates. Cette recherche ,qui n'est pas encore achevée, a permis de conclure que les organophosphates, qui eux-mêmes ne sont pas mutagènes, provoquent une génotoxicité et les endommagements de l'ADN lorsqu'ils sont liés avec le benzopyrène". Source : BE Slovénie numéro 55 (4/09/2007) - Ambassade de France en Slovénie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50760.htm

21 septembre 2007 : Jachère fleurie. Récemment, une étude scientifique établissait un lien entre le déclin des abeilles sauvages et celui des plantes à fleurs. L'urbanisation croissante et des pratiques agricoles intensives sont en effet responsables de la disparition de nombreuses espèces de fleurs sauvages, sources de nectar et de pollen pour les abeilles. Pour favoriser la biodiversité, des jachères de fleurs multicolores colonisent maintenant les campagnes françaises, mais aussi les bords de routes et les plates-bandes urbaines. Bleuets, centaurées, coquelicots, cosmos, eschscholzia, lupins, pois de senteur, soucis sont de retour au grand bonheur des abeilles, des bourdons et  des papillons ...

Photo : Jachère fleurie dans le bocage limousin, Haute-Vienne, France (olivier Peyronnet, juillet 2007) >

 

20 septembre 2007 : Le mal mystérieux qui déciment les abeilles s'étend au Québec. Le syndrome d'effondrement des ruches qui déciment les abeilles aux États-Unis depuis plus d'un an s'étend désormais des berges du Saint-Laurent aux rivages du Lac Saint-Jean. Depuis le printemps dernier, les apiculteurs québécois constatent en effet une importante diminution des effectifs de butineuses dans leurs ruches. Ainsi, on estime que 40% des butineuses québécoises ont disparu, et dans certaines régions, comme celle de Montréal, les pertes peuvent peut atteindre 60% des effectifs. Les pomiculteurs québécois pourraient être les premiers à en subir les conséquences. La culture de la pomme et la qualité des récoltes dépendent à 90% de la pollinisation des abeilles. Au Saguenay, les producteurs de bleuets et de canneberges, dont la mise en fruit dépend de la pollinisation, sont aussi de plus en plus inquiets face à l'ampleur du phénomène, d'autant plus que comme partout sur la planète, les causes de cette hécatombe sont inconnues et mystérieuses. Outre les pesticides, les maladies parasitaires comme la varroase ou la loque bactérienne, le maïs et le soja transgéniques, les ondes de téléphones cellulaires, les chercheurs québécois dénoncent aussi les "mauvaises conditions de travail" des butineuses qui sont soumises à des stress croissants. En effet, les ruches sont aujourd'hui de plus en plus fréquemment transportées sur de longues distances et installées dans des vastes champs de monoculture, où les abeilles sont forcées à butiner une seule espèce de fleurs, ce qui augmente leur stress et la vitesse de propagation des maladies parasitaires. Des entomologistes proposent donc de soulager la pression exercée par l'homme sur les abeilles domestiques en ayant recours à d'autres insectes pollinisateurs comme les bourdons, les abeilles solitaires indigènes (les mégachiles ou découpeuses de la luzerne, les andrènes ou abeilles fouisseuses, les halictes, etc.), les papillons et les mouches. Cependant, pour attirer ces pollinisateurs indigènes, il faudrait amorcer un retour vers la biodiversité des campagnes québécoises en favorisant la prolifération des herbes et des fleurs sauvages en bordure des champs. Souvent plus spécialistes que les abeilles domestiques, ces pollinisateurs sauvages sont aussi généralement plus sensibles aux pesticides et moins bien adaptés à la monoculture. (OP) ;  Source : Fanny Rollin, Québec Science, septembre 2005 [Lire l'article]
> (Re)-Lire "Une mystérieuse maladie décime les abeilles du Québec" (Bérubé S., La Presse, 04.05.07)
> Pour en savoir plus : "Les abeilles indigènes qui pollinisent les bleuets sauvages" (Ministère de L'agriculture,du Nouveau Brunswick, printemps 1998)

19 septembre 2007 : L'Amazonie asphyxiée par le Soja. [Lire l'article sur LeMonde.fr]
> VIDÉO : Cauchemar sanitaire en Argentine, la moitié des terres cultivables argentines accaparées par le soja transgénique de Monsanto, 150 millions de litres de pesticides épandus désormais au lieu de 1 million de litres avant la culture du soja transgénique, cultures vivrières abandonnées et détruites, animaux et hommes malades... un puissant mouvement populaire s'organise [Voir la vidéo "OGM, l'horreur" sur DailyMotion]

18 septembre 2007 : Des pesticides ont provoqué un «désastre sanitaire» aux Antilles françaises (AFP). Selon un rapport préparé par le cancérologue Dominique Belpomme, l'utilisation massive de certains pesticides a provoqué un "désastre sanitaire" aux Antilles françaises. Le rapport vise en particulier le chlordécone, un insecticide organochloré utilisé pour lutter contre le charançon du bananier et dont la rémanence dans l'environnement et la toxicité sont très grandes. Considéré comme cancérogène, l'insecticide a été interdit en France métropolitaine en 1990, et depuis 1993 aux Antilles françaises, où il a certes continué d'être utilisé clandestinement dans les bananeraies jusqu'en 2002. Le chlordécone est à l'origine d'une pollution considérable en Guadeloupe et en Martinique où certaines nappes d'eaux souterraines en contiennent des taux 100 fois supérieurs à la norme. Pour le Pr Belpomme, ce produit est "l'arbre qui cache la forêt", et il prévient que c'est probablement l'ensemble des eaux, du sol et de l'alimentation qui sont pollués par une centaines de pesticides, dont le paraquat un herbicide encore bien plus toxique. Il souligne en outre qu'en Guadeloupe, c'est l'ensemble des femmes enceintes et des nouveaux nés qui sont contaminés au chlordécone et que les Antilles françaises sont au 2ème rang mondial pour les cancers de la prostate et que les taux de cancers du sein et de malformations congénitales y sont en nette augmentation. Le cancérologue réclame des études épidémiologiques adaptées afin d'établir d'éventuels liens entre cette contamination et l'incidence des cancers dans la population antillaise, et préconise le développement rapide d'une agriculture sans pesticides, en particulier sur les terres qui ne sont pas encore polluées. Connu pour ses travaux sur les causes environnementales des cancers, le Pr Belpomme est le fondateur de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuses (ARTAC). (OP) ; [Lire l'article sur cyberpresse.ca]
> Lire aussi : "Sauver les Antilles françaises d'un désastre sanitaire" (Libération, 17.09.07)
>
VIDÉO : Le Pr Belpomme en entrevue dans "Des élus réclament 'toute la lumière" sur l'usage des pesticides aux Antilles" (LeMonde.fr, 18.09.07) [Voir la vidéo, 1.39min]
> Site de l'ARTAC

18 septembre 2007 : L'étouffement, nouvelle arme de défense de masse des abeilles contre les frelons. En tuant les butineuses solitaires ou en s'attaquant directement aux ruches, les frelons sont une menace permanente pour les colonies d'abeilles domestiques. Pour s'en défendre, les abeilles ont élaboré différentes stratégies. Ainsi chez certaines espèces d'abeilles asiatiques, des masses d'ouvrières forment une boule compacte autour du frelon agresseur et produisent de la chaleur afin de provoquer un échauffement létal de sa température corporelle en quelques minutes. Sur l'île méditerranéenne de Chypre, une équipe de recherche franco-grecque vient de découvrir que les abeilles locales, Apis mellifera cypria, combattent le frelon oriental, Vespa orientalis, en l'étouffant, une stratégie probablement mieux adaptée à leur environnement très chaud. La masse de 150 à 300 abeilles chypriotes entourent en effet le frelon de manière à bloquer ses mouvements abdominaux et à obstruer toutes ses voies respiratoires. (OP) ; [Lire la dépêche AFP sur Cyberpresse.ca] ; Réf. :  Papachristoforou A., Rortais A., Zafeiridou G., Theophilidis G., Garnery L., Thrasyvoulou A., Arnold G., 2007. Smothered to death: Hornets asphyxiated by honeybees. Current Biology Vol. 17 No 18, pp. R795-R796 [Current Biology]
> Communiqué de presse du CNRS

17 septembre 2007 : Certains pesticides provoquent de l'asthme chez les agriculteurs (AFP). Pour la première fois, une étude américaine à grande échelle, réalisée sur 20 180 agriculteurs en Iowa et en Caroline du Nord (États-Unis), indique que l'usage de certains insecticides, fongicides ou herbicides peut provoquer de l'asthme indépendamment des autres facteurs de risques. Selon Jane Hoppin, du service d'épidémiologie au National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) à Bethesda, une seule exposition importante à des pesticides au cours de la vie peut suffire à doubler le risque d'asthme chez les hommes agriculteurs adultes. Bien qu'aucun lien n'ait été mis en évidence avec une classe particulière de pesticides ou un mode d'utilisation, 16 pesticides sur les 48 auxquels ont été exposés les 452 agriculteurs asthmatiques sont suspectés d'augmenter la prévalence de l'asthme chez les agriculteurs. Cette dernière a en effet été augmentée de 30 à 40% par certains pesticides et a plus que doublé avec d'autres. Près de la moitié des pesticides incriminés sont encore commercialisés aujourd'hui à savoir le paraquat, le lindane, le parathion, le coumaphos, le diazinon et le captane. Une étude semblable est en cours chez les femmes agricultrices. L'impact sur les populations urbaines, moins exposées aux pesticides agricoles mais à plus forte prévalence asthmatique, reste aussi à déterminer. (OP) ; [Lire la dépêche AFP sur Cyberpresse.ca]
> Lire le communiqué de presse du 17e Congrès européen de pneumologie à Stockholm (en français) : [Fichier Word à télécharger] [European Respiratory Society]
> Consulter la liste des travaux de Jane Hoppin sur l'incidence de l'usage des pesticides chez les agriculteurs (en anglais) : [PubMed-Hoppin JA]

14 septembre 2007 : Enrayer l'encre des chênes rouges pour sauver ce peuplement (BE.com). "Le chêne rouge est reconnu pour sa force et sa longévité. De nos jours, il est souvent planté dans les zones urbaines parce qu'il résiste bien à la pollution. Son bois lourd, dur et très résistant, sert autant à la menuiserie, à l'ébénisterie qu'au chauffage. Malheureusement, le chêne rouge peut être victime d'une maladie appelée l'encre du chêne rouge, causée par le microorganisme Phytophthora ramorum (P. ramorum). Depuis le milieu des années 1990, ce pathogène tue des dizaines de milliers de chênes sur la côte ouest de la Californie. Le P. ramorum fut découvert en 1993, infectant les rhododendrons et les viornes en Europe. Depuis, il semble pouvoir infecter plus d'une centaine d'espèces de plantes. Suite à la découverte du pathogène en Californie, des mesures de quarantaine avaient été mises en place par les autorités américaines, surtout dans les pépinières, l'endroit le plus propice à sa prolifération. Au Canada, il a été retrouvé dans une pépinière en Colombie-Britannique pour la première fois en 2003, et à quelques autres reprises dans cette même province depuis, mais le pathogène ne s'est jamais propagé. Une collaboration entre les chercheurs de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments (ACIA), d'Agriculture et Agro-alimentaire Canada (AAC) et l'équipe de M. Richard Hamelin au Centre de Foresterie des Laurentides de Ressources Naturelles Canada (RNCan) est établie pour mettre au point un test de diagnostic moléculaire basé sur les séquences uniques d'ADN du pathogène. Ce test permet de le détecter en seulement quelques heures, à l'aide de sondes fluorescentes spécifiques à l'organisme. De plus, ce test peut être fait en série dans un laboratoire et traiter des milliers d'échantillons de façon précise et efficace". Source : BE Canada numéro 321 (13/09/2007) - Ambassade de France au Canada / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50923.htm
> Lire aussi la page de Ressources naturelles Canada : http://www.rncan-nrcan.gc.ca/elements/issues/16/red_oak_f.html
> En savoir plus sur la biotechnologie au Service canadien des forêts : méthodes de diagnostic moléculaire pour le dépistage et la surveillance des ravageurs forestiers

Phytophthora ramorum est un champignon microscopique responsable de la maladie de "l'encre des chênes rouges" appelée aussi "mort subite du chêne". Cette maladie mortelle a déjà dévasté les forêts de chênes de la Californie. Des tests de laboratoire ont révélé que les chênes rouges de l’Est et les érables à sucres sont également sensibles à cette moisissure. Les forêts de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent pourraient être menacées si elle se propageait.

< Symptôme de "l'Encre rouge" sur l'écorce d'un chêne infecté
Crédit photo : Forest Service USDA (domaine publique)
http://www.na.fs.fed.us/spfo/pubs/pest_al/sodeast/sodeast.htm

13 septembre 2007 : Les abeilles en voie de disparition. Alors que les populations d'abeilles déclinent un peu partout sur la planète, et que les médias généralistes s'en alarment de plus en plus, Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA à Avignon en France, prévient que certaines espèces d'abeilles pourraient disparaître complètement. Fruits d'une lente co-évolution avec les plantes à fleurs, les abeilles se nourrissent presque exclusivement de nectar et de pollen et ne possèdent par conséquent que très peu d'enzymes de détoxification ce qui les rend particulièrement fragiles à l'ingestion de poisons et aux diverses infestations de parasites. Alors qu'un virus a été très récemment suspecté d'être responsable de leur mystérieuse disparition aux États-Unis (Voir ci-dessous la nouvelle du 06.09.07), des apiculteurs américains accusent plutôt les conditions météorologiques particulièrement extrêmes cette année (sécheresses et chaleurs intenses, gels tardifs) d'avoir limité la floraison des plantes à fleurs. Les conditions météorologiques possiblement liées au réchauffement climatique en cours pourraient expliquer la diminution du nombre d'espèces de plantes à fleurs pollinisées par les abeilles. En Europe, si de nombreux apiculteurs mettent en cause certains pesticides systémiques, les scientifiques restent prudents, et une récente étude montrait un déclin parallèle entre des abeilles sauvages et les plantes à fleurs pollinisées (Voir brève du 27.12.06). Quoi qu'il en soit, les abeilles sont en voie de disparition et certaines activités humaines ne semblent pas y être complètement étrangères. Une combinaison de facteurs biotiques (virus, varroa, etc.) et abiotiques (pesticides, OGM, conditions météorologiques, etc.) est probablement à l'origine de cet inquiétant déclin. Les abeilles sont pourtant l'un des plus importants pollinisateurs de la planète. En assurant, avec d'autres insectes, la pollinisation de 80% des plantes à fleurs, elles seraient indirectement responsables de près de 35% de la production mondiale de nourriture (fruits, légumes, oléagineux, protéagineux, café, cacao, épices, etc.). Bien qu'elles restent difficiles à évaluer, les conséquences économiques et sociales d'une disparition complète des abeilles serait donc très certainement désastreuse pour l'humanité. (OP) ; [Lire l'entrevue de Bernard Vaissière] ; Source : Futura-Sciences.com
> Lire aussi :  "Pourrions-nous passer des abeilles" (Agence Science-Presse 13.09.07) et Les abeilles nous abandonnent (Futura-Sciences 30.08.07)
> Consulter le projet ALARM : http://www.alarmproject.net/alarm/
> Pour en savoir plus : Abeilles et pollinisateurs (PESTInfos)

09 septembre 2007 : À lire dans Dossiers Biocontrôle. Ce trimestre la publication canadienne Dossiers Biocontrôle présente divers exemples pratiques de contrôle biologique, en particulier dans les serres de plantes ornementales de l'Ontario et dans les vignobles de la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique. D'autres articles présentent 2 insecticides biologiques prometteurs, à savoir le Spinosad qui est hautement compatible dans les systèmes de lutte intégrée et le protozoaire Nosema locustae qui pourrait jouer un rôle important pour contrôler les populations de sauteriaux et de criquets. Réf. : Dossiers Biocontrôle No 11, septembre 2007
> Télécharger Dossiers Biocontrôle en format PDF
> site du Réseau Biocontrôle / Biocontrol Network : http://www.biocontrol.ca/

06 septembre 2007 : Un virus soupçonné d'être responsable de la mystérieuse disparition des abeilles.


Photo : Le rucher des framboisiers en Gaspésie (Olivier Peyronnet, juillet 2005)

 Depuis 2006, de nombreux entomologistes et apiculteurs américains s'interrogent sur l'origine du Colony Collapse Disorder (CCD) ou "syndrome d'effondrement des colonies" qui est responsable de la disparition de 50 à 90% des colonies d'abeilles mellifères aux États-Unis. Le CDD se manifeste par la disparition des ouvrières sans que les réserves de la ruche ne soient touchées par un quelconque parasite, laissant une reine quasiment seule en l'absence de cadavres. En particulier, l'acarien varroa, le principal parasite des abeilles domestiques, n'est pas détecté dans les ruches atteintes. Des chercheurs viennent en effet de découvrir qu'un virus encore méconnu aux États-Unis, le virus de la paralysie aigu ou Israeli Acute Paralysis Virus (IAPV) était présent dans 96% des ruches présentant le symptôme d'effondrement. C'est en étudiant le génome de l'abeille nouvellement séquencé en 2006 et, plus précisément, en comparant des séquences d'ADN d'abeilles saines et d'abeilles provenant de ruches malades que les chercheurs ont réussi à repérer ce virus de la famille des Dicistroviridae et identifié pour la première fois en Israël en 2004. L'IAPV a également été détecté dans des abeilles provenant de ruches australiennes, sans que celles-ci ne soient pourtant atteintes du CCD, et dans la gelée royale importée de Chine pour la consommation humaine. Selon les chercheurs, l'IAPV est au moins l'un des facteurs responsables du CDD, mais il agirait très probablement en combinaison avec d'autres facteurs comme par exemple le varroa ou l'exposition aux pesticides qui affaiblissent grandement les colonies. L'importation d'abeilles australiennes porteuses du virus en 2004, date à laquelle les premiers symptômes sont apparus aux États-Unis, pourrait être à l'origine de cette dramatique épidémie. À suivre... (OP) ; Source : Sciences&Avenir.com
> Réf. : Cox-Foster DL, Conlan S et al., 2007. A Metagenomic Survey of Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. Science (publication électronique avancée du 6 septembre 2007) [Résumé en anglais sur PubMed]
> Pour en savoir plus : Abeilles et pollinisateurs (PESTInfos)

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Olivier Peyronnet - PESTInfos 2007.2008