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9 janvier 2008 : Le Cruiser, un nouvel insecticide neurotoxique
systémique inquiète les apiculteurs français. Le ministère français
de l'agriculture vient d'annoncer l'homologation sur son territoire d'une semence
de maïs traitée avec un nouvel insecticide neurotoxique systémique, le
Cruiser, et destinée à l'alimentation animale. Le maïs destiné à
l'alimentation animale (maïs ensilage) couvre l'essentiel des surfaces
de maïs cultivées en France.
Produit par le groupe agrochimique suisse Syngenta, cet insecticide dont
la molécule active est le thiamethoxam, un neurotoxique qui agit sur les
récepteurs nicotiniques des insectes, devrait servir à lutter contre les
taupins (Agriotes spp), des coléoptères souterrains qui s'attaquent aux racines du maïs.
L'insecticide enrobe la semence de maïs et diffuse dans la plante
pendant sa croissance. Ce type d'enrobage inquiète les
apiculteurs d'autant plus que des études écotoxicologiques réalisées par Luc Belzunces (INRA, Avignon)
ont montré que le comportement de vol des abeilles, en particulier leur retour à la ruche, pouvait
être perturbé par l'absorption de très faibles doses de thiamethoxam. D'autre part l'an dernier, plusieurs
apiculteurs italiens ont accusé le thiamethoxam d'être responsable
de la disparition brutale d'un grand nombre de leurs abeilles. Selon
eux, les abeilles auraient été contaminées par la dispersion de la
molécule neurotoxique dans l'air lors des semis. Des analyses récentes ont
d'ailleurs confirmé la présence de Thiamethoxam dans les abeilles
italiennes retrouvées mortes. L'utilisation sur le maïs de deux autres
insecticides neurotoxiques systémiques, le Gaucho et le Fipronil,
suspectés d'être à l'origine de l'affaiblissement des colonies
d'abeilles, est interdite en France depuis 2004. (OP) ; Source :
LeMonde.fr ; [Lire
l'article]
9 janvier 2008 : Mise en garde contre les
risques de propagation de la dengue aux États-Unis. Dans un
éditorial publié dans le Journal of the
American Medical Association, (JAMA), daté du 9 janvier, des
responsables de l'Institut national américain des allergies et maladies
infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases,
NIAID) s'inquiètent d'une éventuelle "multiplication à grande échelle
des cas de dengue aux États-Unis". Ils
préviennent que les risques de propagation de la dengue, une maladie
virale transmise par les moustiques du genre Aedes, sont réels et
doivent être pris au sérieux. Plusieurs cas
sporadiques ont en effet déjà été signalés dans le Sud des États-Unis, particulièrement au Texas
près de la frontière mexicaine. Selon les experts, le
réchauffement climatique en cours pourrait favoriser et accélérer la propagation de la
maladie infectieuse vers le Nord du continent américain, d'autant plus
que les moyens pour combattre l'épidémie sont jugés nettement
insuffisants. La dengue connaît présentement une réémergence
à l'échelle de la planète et menace près du tiers de la population
mondiale. Chaque année, entre 50 à 100
millions de personnes la contractent, dont 22 000 en meurt. Or,
actuellement, il n'existe pas de vaccins ou de traitements spécifiques contre la dengue. La lutte contre les moustiques vecteurs
reste donc l'un des moyens privilégiés pour endiguer les épidémies de
dengue. Pour les
experts américains, il devient donc urgent d'accroître les traitements antivectoriels, principalement dans le Sud des États-Unis, et de
développer des traitements médicaux et des vaccins efficaces contre la dengue. (OP) ; Source : AFP / Cyberpresse.ca [Lire
la dépêche] ;
> Réf. : DM Morens and AS
Fauci. Dengue and hemorrhagic fever: A potential threat to public health
in the United States. Journal of the American Medical Association
(JAMA) 299(2):
214-6
>
http://www3.niaid.nih.gov/news/newsreleases/2008/dengue.htm
> En savoir plus sur la Dengue :
Institut Pasteur et
Organisation Mondiale de la Santé
28 décembre 2007 : La complexité des relations
entre les termites et leurs champignons symbiotiques. Les
termites sont des insectes sociaux organisés en castes relativement
complexes. Parmi
les 2 000 espèces de termites recensées à ce jour, les espèces champignonnistes,
appartenant à la sous famille des Macrotermitinae, présentent la
particularité d'établir une relation de symbiose (bénéfique aux deux
organismes) avec
un champignon supérieur appelé Termitomyce. Contrairement aux autres
espèces de termites, les espèces de termites champignonnistes sont incapables de digérer la
cellulose et la lignine des végétaux. Ainsi, elles cultivent dans leur
termitière des termitomyces sur un tapis végétal grossièrement mâchés. Les
champignons pré-digèrent alors les végétaux en substances plus facilement
assimilables par les termites. Des études récentes viennent de montrer que chaque espèce
de termite champignonniste est capable de cultiver diverses espèces de champignons.
Cette découverte est d'autant plus importante que les termites
champignonnistes sont responsables de nombreux dégâts dans les cultures
agricoles en Afrique, particulièrement dans les champs de canne à sucre
ou dans les cultures vivrières de mil et de sorgo qui sont à la base du
régime alimentaire des populations locales. Par exemple, les termites du
genre Odontotermes peuvent occasionner des chutes de près de 25 %
de rendement dans les champs de canne à sucre. Pour lutter contre ces
ravageurs agricoles, de nouvelles stratégies ciblent maintenant les
champignons symbiotiques car les fongicides utilisés sont généralement
moins toxiques pour les humaines et l'environnement que les
insecticides. La capacité des termites à cultiver plusieurs espèces de
champignons pourrait néanmoins leur permettre de déjouer cette nouvelle
stratégie. (OP) ; [En
savoir plus]
; Source : Institut de recherche en développement (IRD)
21 décembre 2007 : Le règne des Coléoptères.
Les Coléoptères sont un ordre d'insectes très diversifié qui regroupe le
plus grand nombre d'espèces animales. Avec 350 000 espèces recensées,
ils représentent en effet près du quart de tous les êtres vivants connus
de la planète. En comparant le patrimoine génétique de plusieurs espèces
de coléoptères, des entomologistes britanniques ont établit un nouvel
arbre généalogique de ce fascinant ordre. Leur étude révèle en outre que
l'incroyable diversité biologique des Coléoptères est principalement
liée à leur grande adaptabilité qui leur a permis d'occuper de
nombreuses niches écologiques. (OP) ; [En
savoir plus] ; Source :
Science et Avenir.com
22 décembre 2007 : Le mortel plongeon.
En utilisant des caméras très rapides, deux chercheurs français du CNRS
ont filmé la capture de mouches et de fourmis dans les urnes d'une
plante carnivore poussant dans les forêts tropicales d'Asie,
Nepenthes rafflesiana. Les urnes de la plante carnivore contiennent
un liquide visqueux et gluant qui assure à la fois la digestion des
insectes et un rôle crucial dans leur capture. Le liquide secrété par N. rafflenasiae possède en effet des propriétés viscoélastiques qui lui
permettent de rapidement immobiliser la proie en produisant des filaments de
forte rétention. L'insecte est ainsi immédiatement recouvert du liquide
visqueux et ne peut plus se débattre du piège gluant. Même lorsqu'il est
dilué à 90 % par les eaux de pluies, ce qui arrive fréquemment dans les
forêts tropicales, le liquide viscoélastique des plantes carnivores
continue d'exercer sa mortelle emprise sur les insectes. Au contraire,
dans l'eau une mouche est capable de se dégager rapidement et de ainsi
de reprendre son envol. Ce liquide dont la consistance est semblable à
celle des mucus ou salives secrétés par certains batraciens et reptiles
pourrait servir au développement de nouveaux bioinsecticides. (OP) ;
Source :
Sciences et Avenir.com
> Réf. : Gaume L., Forterre Y., 2007. A Viscoelastic Deadly Fluid
in Carnivorous Pitcher Plants. PLoS ONE 2(11): e1185 [Lire
le résumé en anglais] [Télécharger
et voir les vidéos]
22 novembre 2007 : Les termites au service des biocarburants
(Sciences et Avenir.con). [Lire]
21 novembre 2007 : Les OGM du futur cibleront le génome des insectes
(LeMonde.fr). Au cours des prochaines années, de nouvelles plantes
transgéniques capables de cibler le génome d'insectes ravageurs, pourraient
voir le jour dans les laboratoires. Ces nouveaux OGM, décrits dans deux
études publiées par la revue Nature Biotechnology, le 4 novembre
dernier, utiliseraient l'ARN Interférence (acides ribonucléiques doubles
brins), un mécanisme
qui permet de réguler l'expression de certains gènes et de réduire
spécifiquement la production de protéines. Au laboratoire, ce phénomène
d'interférence est aujourd'hui couramment utilisé pour inactiver
certains gènes ciblés et il pourrait l'être à des
fins thérapeutiques mais aussi en agriculture. Une équipe de l'Institut
des sciences biologiques de Shanghaï (Chine), a réussi à rendre les
chenilles de la noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera, sensibles au gossypol. Ce lépidoptère
qui ravage aussi le coton a développé une résistance au gossypol, une
molécule produite naturellement par le coton et toxique pour les
insectes. Après avoir identifié le gène conférant cette résistance, les
chercheurs chinois ont
fait exprimer l'ARN correspondant dans des plantes transgéniques ce qui
a inactivé le gène de résistance des chenilles qui se se nourrissaient sur ces végétaux.
Dans une autre étude, des chercheurs de la multinationale agrochimique
Monsanto
ont produit des plants de maïs transgéniques capables d'exprimer
certains ARN correspondant à des gènes assurant des
fonctions physiologiques essentielles à la chrysomèle des racines du
maïs, Diabrotica virgifera, un de ses plus coriaces ravageurs. La
production de ces ARN par les plants transgéniques ont permis ainsi de
réduire les dégâts engendrés par les chenilles de chrysomèle sur les racines.
En utilisant cette nouvelle stratégie d'administration orale d'ARN
interférence, les chercheurs tentent ainsi d'anticiper sur
l'apparition inévitable de résistance des ravageurs au protéines
insecticides Bt (i.e. toxines de Bacillus thuringiensis)
produites par certaines plantes transgéniques. Cependant, certains
insectes comme le charançon du coton, Anthonomus grandis, sont
résistants à cette stratégie. D'autre part, celle-ci ne règle pas le
problème de la dissémination éventuelle des transgènes dans la nature,
et pourrait s'avérer néfaste pour les insectes non ciblés et les
organismes les consommant. (OP) ; Source : LeMonde.fr du
21.11.2007 [Lire
l'article de Hervé Morin]
> Réf. : Mao YB., Cai WJ., Wang JW., Hong GJ., Tao XY, Wang LJ., Huang
YP., Chen XY., 2007. Silencing a cotton bollworm P450
monooxygenase gene by plant-mediated RNAi impairs larval tolerance of
gossypol. Nat.
Biotechnol. 25(11):1307-13 [Lire
le résumé en anglais]
> Réf. : Baum JA., Bogaert T., Clinton W., Heck GR., Feldmann P.,
Ilagan O., Johnson S., Plaetinck G., Munyikwa T., Pleau M., Vaughn T.,
Roberts J., 2007. Control of coleopteran insect pests through RNA
interference. Nat. Biotechnol 25(11):1322-6
[Lire
le résumé en anglais]
16 novembre 2007 : Chikungunya : un virus
mutant à la Réunion. Des chercheurs de l'Institut Pasteur et
de l'Institut de recherche en développement (Ird) ont récemment découvert qu'une
mutation du virus responsable de la fièvre du chikungunya pourrait être
à l'origine de l'explosion endémique de chikungunya qui a sévit en 2006
dans l'océan Indien, particulièrement sur l'île de la Réunion. La
mutation identifiée concerne une protéine impliquée dans l'adhésion du
virus au niveau de l'intestin du moustique tigre, Aedes albopictus, son principal vecteur.
Par rapport à la souche virale d'origine, isolée en juin 2005 avant le
déclenchement de l'épidémie, le virus muté infecte plus facilement les
moustiques vecteurs et serait donc plus agressif. Selon les auteurs de
l'étude, cette mutation plus performante pourrait expliquer le caractère explosif
de l'épidémie de chikungunya.
Quelque soit la souche virale étudiée, les chercheurs ont en outre constaté que
le virus atteint très rapidement, en moins de 2 jours, les glandes
salivaires des moustiques qui n'ont donc pas besoin de survivre très
longtemps pour être infectieux. Ils ont aussi montré que les femelles
A. albopictus étaient capables de transmettre à leur descendance le
virus chikungunya. Cependant, leurs travaux ne permettent pas
actuellement de
conclure quant à la capacité infectieuse de la descendance.
Une autre étude menée à l'Institut Pasteur en collaboration avec
l’Entente Inter-départementale de Démoustication (EID) Méditerranée a montré que les populations de moustique tigre présentes dans le
Sud de la France, notamment dans les département du Var, des Alpes maritimes et de
Corse, pouvaient être des vecteurs potentiels du virus chikungunya. Le
déclenchement d'une épidémie dépend néanmoins de nombreux facteurs dont
la densité de moustiques. Afin de prévenir l'émergence du chikungunya
dans le Sud de la France, l'EID Méditerranée
maintient une surveillance accrue particulièrement dans les zones
touristiques. (OP) ; Source : LeFigaro.fr [Lire
l'article]
> Réf. : Vazeille M, Moutailler S, Coudrier D, Rousseaux C, Khun H, et
al. (2007) Two Chikungunya Isolates from the Outbreak of La Reunion (Indian
Ocean) Exhibit Different Patterns of Infection in the Mosquito, Aedes
albopictus. PLoS ONE 2(11): e1168 [Lire
le résumé en anglais]
>
Lire le communiqué de presse de l'Institut Pasteur
> Le site de LEID Méditerranée
15 novembre 2007 : Après les abeilles, les bourdons sont
aussi menacés. Alors que les indications d'un déclin généralisé des abeilles
se multiplient à l'échelle de la planète, des entomologistes s'intéressent
aussi au sort d'autres insectes pollinisateurs, les bourdons.
Ainsi, Robbin Thorp, professeur d'entomologie à l'Université de
Californie à Davis, s'alarme du rapide déclin du Bourdon de Franklin (Bombus
franklini) sur la côte Ouest américaine. Cette espèce endémique du
Nord-ouest de la Californie et du Sud-ouest de l'Oregon y était encore
largement répandue il y a 5 ans. Aujourd'hui, elle pourrait être définitivement disparue, avant même d'avoir été inscrite sur
la liste des espèces menacées.
D'autres espèces plus communes aux États-Unis, Bombus occidendalis
dans l'Ouest et Bombus impatiens dans l'Est, se font également plus
rares. Contrairement aux abeilles qui ont été importées par les colons européens au 17e siècle, les bourdons
sont des hyménoptères indigènes du continent nord-américain. Ils sont des pollinisateurs naturels
pour de nombreuses plantes sauvages. Bien qu'ils ne produisent que très
peu de miel, ils rendent aussi de grands
services à l'agriculture, en pollinisant près de 15% des cultures
américaines, particulièrement les cultures maraîchères sous abris
(tomates, poivrons, pastèques, courges, concombres, fraises, etc.) et
les petits fruits (bleuets ou myrtilles, canneberges ou airelles, framboises). Le déclin des bourdons inquiètent
donc de plus en plus d'agriculteurs et d'entomologistes, d'autant plus qu'il
se produit alors même que les populations d'abeilles sont au plus
mauvais point. Certains scientifiques s'inquiètent même d'un
possible déclin généralisé des insectes pollinisateurs. Comme pour les
abeilles, les causes sont multiples et restent encore mal connues :
pesticides, maladies parasitaires, pollution, malnutrition et destruction des habitats par le
développement urbain et l'agriculture intensive. Mais l'utilisation
accrue de ruches commerciales de
bourdons dans les serres et les champs pourrait être en partie
responsable du déclin en facilitant la diffusion de maladies
parasitaires. Selon le professeur Thorp,
l'importation de bourdons d'élevage en provenance d'Europe serait en
effet responsable de la propagation d'une maladie due à une
microsporidie du genre Nosema. Il a d'ailleurs constaté que les
populations de bourdons
sauvages ont commencé à s'amenuiser dans les années 1990, alors que
des bourdons d'élevage étaient importés en grand nombre d'Europe pour
polliniser les serres américaines. (OP) ;
Source :
Jeff Barnard, Associated Press,
Grants Pass Oregon (sur Cyberpresse)
> Consulter la liste rouge des pollinisateurs en danger en Amérique du
Nord :
Xerces Society Red List (en anglais)
> Xerces Society for Invertebrate Conservation
> En savoir plus sur les bourdons :
Insectarium de Montréal
5 novembre 2007 : Les coccinelles asiatiques à
la conquête de la France. Après l'Amérique du Nord, la
Grande-Bretagne, et la Belgique, c'est au tour de la France,
particulièrement son quart Nord-Est, de connaître les invasions de la
coccinelle asiatique Harmonia axyridis. Introduite en raison de
sa très grande voracité dans le cadre de programmes de lutte biologique
contre les pucerons, cette espèce originaire du Sud-est
asiatique est en
effet rapidement devenue invasive. Son expansion s'accompagne
malheureusement d'une disparition des espèces de coccinelles indigènes
avec lesquelles elle entre en compétition et dont elle peut aussi
dévorer les larves quand la nourriture vient à lui manquer. D'autre
part, à l'approche
de l'automne, les adultes ailés en quête d'un abris pour l'hiver se
rassemblent en grand nombre (d'une centaine à plusieurs milliers) dans les habitations et les édifices, où,
bien qu'ils ne posent pas de problèmes de santé publique, la
cohabitation avec l'homme est difficile. Ainsi, ces dernières semaines,
avant l'arrivée des premiers froids, les invasions de domicile se sont
multipliés en Alsace, dans le Nord Pas de Calais, dans l'Est du Bassin
parisien et en Champagne
Ardennes. Enfin, elles peuvent aussi occasionner quelques problèmes en
viticulture, lors des vendanges tardives si elles se retrouvent écrasées
avec les raisins dans les pressoirs. Si la situation actuelle n'est pas
inédite, les chercheurs tentent encore de mieux comprendre le caractère invasif de la coccinelle asiatique
et l'origine de son succès envahissant. Introduite par lâchers successifs
dans les années
1970 aux États-Unis, elle a commencé à coloniser le territoire américain
à la fin des années 1980 avant de se répandre sur l'ensemble du continent (1994 au Canada, 2001 en Argentine,
etc.). Après avoir été introduite en France par l'INRA en 1982 pour des
expérimentations, elle a été largement commercialisée comme biopesticide
en horticulture et jardinage
par la société Biotop entre 1995 et 2000. Pour éviter sa dissémination, Biotop a récemment commercialisé une souche sélectionnée incapable de voler (Voir
nouvelle du 11.05.06 :
"Les
coccinelles, des pesticides naturels"). Mais en raison du caractère
récessif de cette mutation, les croisements éventuels avec la souche
sauvage n'empêcheront pas une partie de leur descendance de voler et de
proliférer. Le naturaliste Vincent Ternois, coordonnateur de
l'Observatoire pour le suivi de la coccinelle asiatique en France, croît
d'ailleurs qu'il est trop tard et que plus rien ne pourra arrêter l'expansion
de la coccinelle asiatique. Toutefois en Amérique du Nord, où elle n'avait
aucun ennemi naturel à son arrivée, certains insectes parasitoïdes comme la larve du
Diptère Strongygaster triangulifera commencent à profiter de sa
présence et pourrait donc contribuer à réguler sa population. (OP) ;
Source :
AFP 05.10.07
>
Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en
France
>
Voir la carte des observations de coccinelle asiatique signalées en
France (Ternois V et coll., 2007).
> Lire aussi :
"Invasion par les coccinelles asiatiques" (INRA 30.10.07)
> En savoir plus sur la coccinelle asiatique :
La Toile du Québec ;
OPIE - Insectes No 136, 2005, p. 7-11 (Fichier PDF)

Crédit photo :
Entomart
(www.entomart.be)
> cliquer sur la photo pour agrandir |
| La coccinelle asiatique Harmonia axyridis
présente une très grande variabilité de couleur entre individus
d'où son nom anglais "Multicolored asian lady beetle".
Aux États-Unis, elle porte aussi le nom de "Halloween lady beetle"
à cause de ses couleurs élytrales et parce qu'elle est abondante
dans les habitations en cette période de l'année. |
1er novembre 2007 : Premier bioinsecticide viral au Canada. Il y a une dizaine d'années,
l'entomologiste Charles Vincent et son équipe du Centre de recherche en
horticulture de Saint-Jean sur Richelieu (Agriculture et Agroalimentaire
Canada) identifiait dans les vergers du Québec un virus entomopathogène spécifique du Carpocapse
des pommes, Cydia pomonella, un redoutable ravageur des cultures
fruitières dont les chenilles frugivores s'attaquent aux pommes, poires, pêches,
prunes, noisettes et noix de Grenoble. Ce virus à granulose dénomé CpGV (pour Cydia pomonella Granulovirus)
est un baculovirus, une famille de virus
entomopathogènes hautement spécifiques, qui infecte uniquement les chenilles du Carpocapse tout en étant
totalement inoffensif pour les insectes bénéfiques et les humains. Il possède
en outre une durée
de vie très courte ce qui limite considérablement sa prolifération dans
l'environnement.
Grâce à un nouveau procédé de production plus performant
permettant de sélectionner les souches de CpGV les plus efficaces et
sans modifications génétiques, la société gaspésienne BioTepp a
développé quelques années plus tard un insecticide biologique à base de
ce granulovirus indigène, le Virosoft Cp4. Premier insecticide viral à être
homologué contre un insecte ravageur agricole au Canada, le Virosoft Cp4
connaît un certains succès aux États-unis où il est utilisé à
grande échelle dans les plantations fruitières des états de
Washington et du Michigan. Au Canada,
dans la vallée de l'Okanagan, une région de Colombie-Britannique réputée
pour ses vergers et ses cultures fruitières, les producteurs ont plutôt choisi, avec l'aide du gouvernement fédéral,
la stérilisation des mâles comme procédé pour combattre le carpocapse.
Néanmoins, parfaitement adapté aux conditions nord-américaines, ce
bioinsecticide viral devrait s'avérer très utile dans les vergers biologiques du
Québec et de l'Ontario où les pesticides chimiques sont bannis. D'autres
bioinsectides à base de baculovirus naturels sont en cours de
développement pour contrôler divers ravageurs comme la tordeuse à bande
oblique ou la fausse arpenteuse du chou. En foresterie, des insecticides
viraux sont aussi utilisés contre la spongieuse mais ceux-ci sont
généralement préparés à partir de virus modifiés génétiquement. (OP) ; Source : Québec Science 46 (2) p. 8-9, octobre
2007, "Haro sur les parasites de la pomme" (Gervais T.)
> Pour en savoir plus sur BioTepp et les bioinsecticides viraux :
http://www.biotepp.com/
28 octobre 2007 : Rapport GEO4 de l'ONU : les
problèmes les plus graves de la planète persistent. Le denier bilan chiffré publié par l'ONU sur l'état de
santé de la planète confirme le déclin généralisé des principaux
écosystèmes de la biosphère et en attribue la cause aux activités
humaines. Selon le rapport onusien, le rythme de
disparition des espèces s'est considérablement accentué et la planète
serait entré dans la "6ème extinction". Outre les
grand animaux charismatiques menacés, des milliers d'espèces d'oiseaux,
d'amphibiens, de poissons, de plantes, d'insectes, mais aussi de
bactéries et de microorganismes divers, dont la plupart sont encore
inconnus et sont souvent à la base des chaînes alimentaires, pourraient
disparaître au cours des prochaines années. Les introductions d'espèces
exotiques constituent un problème croissant et contribuent à la
disparition de nombreuses espèces indigènes. Les grands biomes de la
planète, en particulier les forêts tropicales sèches, les savanes, les
récifs coralliens et les milieux humides à l'intérieur des terres, ont
vu aussi leur surface se réduire radicalement depuis les années 1950.
Le changement climatique, bientôt irréversible si la communauté
internationale ne réagit pas avec plus de force, devrait accélérer la
perte de la biodiversité et la désertification des écosystèmes. À cause de l'uniformisation des pratiques agricoles
et de la destruction des milieux naturels, le
stock de gènes des plantes alimentaires et médicinales s'est aussi
considérablement réduit au point de menacer l'existence même de l'espèce
humaine. Avec les besoins croissants en énergie, l'agriculture intensive est
en effet considérée comme une des principales causes de la dégradation
de l'état de la planète.
Ainsi, de 1990 à aujourd'hui près de 6 milliards de forêts tropicales
ont été converties chaque année en pâturages et en cultures agricoles.
En Europe, 90% des terres agricoles souffrent d'excès de phosphates et
de nitrates entraînant l'eutrophisation généralisée des cours d'eau et
des lacs. En Asie et en Afrique, l'irrigation des cultures est
responsable de 60 à 70% des prélèvements d'eau entraînant de graves
crises d'approvisionnement des populations en eau douce.
L'appauvrissement des sols en carbone du à leur utilisation intensive
est responsable d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre
Enfin, la demande croissante en biocarburants devrait convertir une
partie importante des terres agricoles en monocultures au détriment des
plantes alimentaires et de la diversité biologique. Curieusement le
rapport demeure relativement silencieux sur les plantes transgéniques
dont l'utilisation est très controversée. En conclusion, les experts
onusiens établissent un lien entre la perte des écosystèmes et de la
biodiversité et la disparition des cultures et des langues. Ils invitent
la communauté internationale à agir rapidement avant qu'il ne soit trop
tard et les pays riches à s'engager dans la voie de la décroissance
avant que la surconsommation ne détruise tous les services biologiques
de la planète. [Lire
le communiqué du PNUE - ONU]
> Télécharger le rapport GEO4 en PDF :
http://www.unep.org/geo/geo4/report/GEO-4_Report_Full_en.pdf
> Lire aussi la série d'articles de Louis-Gilles Francoeur
publiée dans le Devoir du 26.10.07 :
"Gaïa va mal"
(accès réservé aux abonnés) ;
"La planète
depuis Brundtland" (accès libre) ;
"L'espèce
humaine est menacée" (accès libre)
27 octobre 2007 : Mise à jour de la liste des
antiparasitaires de type microbe et phéromones homologués au Canada
>
Liste disponible sur le site du Réseau Biocontrôle (format HTML, en
anglais)
> Site de
l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (Santé Canada)
27 octobre 2007 : Sa majesté des mouches (Le
Devoir). L'entomologiste Jade Savage de l'Université Bishop à
Sherbrooke (Québec) étudie l'impact des changements climatiques sur les
Muscidés (la mouche domestique Musca domestica et ses cousines). [Lire
l'article] ; Source : LeDevoir.com
26 octobre 2007 : Les bienfaits de l'agriculture
biologique sur la qualité des sols.
Interface et zone d'échange entre la lithosphère, l'atmosphère et la
biosphère, le sol est un milieu vivant complexe composé de matières
organiques et minérales et dont le rôle en agriculture est fondamental.
La multitude de microorganismes et d'invertébrés détritivores qui le
compose (bactéries, champignons, vers de terre, insectes, etc.)
transforment en effet la matière organique en matière minérale et
fournissent aux plantes les nutriments nécessaires à leur croissance.
Une étude comparative suisse réalisée sur plus de 20 ans sur des
parcelles biologiques et traditionnelles alternant différentes cultures
(pommes de terre, orge, blé d’hiver, betteraves et trèfle),
vient de montrer que les pratiques agricoles comme l'usage intensif de
pesticides et d'engrais diminuaient considérablement la qualité des sols
et leur richesse en microorganismes et matières organiques. Alors que
dans les parcelles traditionnelles, l'appauvrissement des sols conduit à
multiplier les apports en phosphates et en nitrates, le développement de
la microfaune dans les parcelles biologiques permet d'enrichir le sol en
nutriments dont les plantes ont besoin. D'autre part, les chercheurs ont
constaté que les insectes auxiliaires, parasitoïdes et prédateurs de
parasites, étaient beaucoup plus nombreux dans les parcelles bio
permettant ainsi une meilleure protection naturelle des cultures contre
les ravageurs et diminuant l'intérêt d'utiliser des pesticides. Malgré
des baisses de rendement de l'ordre de 20% observées dans les cultures
biologiques, celles ci demeurent économiquement rentables à long terme
car elles permettent d'éviter les dépenses coûteuses associées à
l'utilisation des produits chimiques (engrais, pesticides, etc.). (OP) ;
Source :
e-meddiat (article de M. Jahnich, 05.09.07)
>
Réf. :
Fliessbach A., et al. ,2006. Soil organic matter
and biological soil quality indicators after 21 years of organic and
conventional farming. Agriculture, Ecosystems and Environment 118:
273-28 [Résumé
en anglais]
>
e-meddiat, le webzine du Ministère de l'Ecologie et du Développement
Durable
16 octobre 2007 : "Les OGM sont des éponges à pesticides".
Invité au Québec par l'UQÀM, Greenpeace et les Amis de la Terre de
Québec, Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à Caen et
président
Conseil scientifique du Comité de recherche et d'information
indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN) croit, à regret, que l'étiquetage
obligatoire des OGM en épicerie ne s'imposera au Canada qu'à la suite d'une
inévitable crise sanitaire majeure. Selon lui, il existe dans l'opinion
québécoise une impression vague que les plantes transgéniques sont
plutôt une solution écologique pour réduire l'utilisation de pesticides
en agriculture, une impression trompeuse entretenue par l'industrie des
biotechnologies. Or le professeur soutient qu'il n'en n'est rien et que
les plantes transgéniques résistantes aux herbicides nécessitent des
arrosages de pesticides plus abondants que les variétés traditionnelles.
Pour expliquer la réticence des multinationales productrices d'OGM à
étiqueter leurs produits, il ajoute que
«lorsqu'on oblige l'étiquetage et les études à moyen et long terme, les OGM ne sont plus rentables».
Au contraire, en Europe, la récente crise de la "vache folle" et la
forte tradition de la culture du terroir ont probablement contribué à
sensibiliser d'avantage les consommateurs à l'importance de connaître
l'origine des produits agricoles. (OP) ; Source : Stéphane Bérubé,
La Presse, 11.10.07
> Comité de recherche et d'information
indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN)
14 octobre 2007 : Un monde sans fruits et
légumes ? Bernard Vaissière, spécialiste
de la pollinisation à l'INRA, n'exclut pas que les abeilles
disparaissent de la planète. Il décrit les bouleversements alimentaires
qui en résulteraient [Lire
l'article sur le Monde.fr]
> (Re)Lire
"Les abeilles en voie de disparition" (PESTInfos 13.09.07)
04 octobre 2007 : La chaleur guide les insectes pour
piquer. Les insectes hématophages, buveurs de sang, sont
capables de repérer les vaisseaux sanguins sous la peau de leur victimes
et de les piquer au bon endroit. Une étude menée par des chercheurs
français et brésiliens sur des punaises hématophages a permis de montrer
que les insectes utilisent les différences de températures qui existent
sur la peau pour localiser les vaisseaux sanguins. Simulant une peau et
ses vaisseaux sanguins à l'aide d'une plaque métallique munie de fils
métalliques dont les températures peuvent être contrôlées, ils ont en
effet constaté que les punaises dirigeaient toujours leur trompe vers le
fil le plus chaud, sans contact préalable avec la peau artificielle.
Selon les chercheurs, les antennes des punaises ont un rôle essentiel
dans cette sensibilité à la chaleur. (OP) ; Source :
cyberpresse.ca
> Réf. : Ferreira RA, Lazzari CR, Lorenzo MG, Pereira MH (2007).
Do Haematophagous Bugs Assess Skin Surface Temperature to Detect Blood
Vessels? PLoS ONE 2(9): e932 [Article
en anglais en accès libre]
1er octobre 2007 : Sélection de
ressources électroniques en agronomie (en anglais) :
http://www.istl.org/07-spring/internet.html
26 septembre 2007 : Les grenouilles
victimes indirectes des engrais agricoles. En Amérique du
Nord, le nombre de malformations observées chez les amphibiens (membres
supplémentaires, manquants ou déformés) est en constante augmentation
depuis les années 90. Une récente étude réalisée à l'Université du
Colorado à Boulder révèle que l'eutrophisation des lacs et étangs est à
l'origine du développement de ces malformations chez les grenouilles.
Les chercheurs ont mis en évidence une cascade d'évènements en réponse
aux modifications environnementales conduisant à l'émergence d'un
parasite responsable des malformations. En effet, l'apport de grandes
quantités d'engrais azotés et phosphatés par les agriculteurs et les
jardiniers nord-américains entraîne une eutrophisation accrue des
écosystèmes aquatiques qui stimule la prolifération de cyanobactéries
favorisant à leur tour la présence d'escargots porteurs du parasite.
L'augmentation de la densité des escargots infectés et du nombre de
parasites par escargots conduit finalement à une élévation du taux
d'infection chez les amphibiens. Le parasite est un vers trématode,
Ribeiroia ondatrae, dont les larves forment des kystes dans les
membres des têtards, provoquant de sévères malformations pouvant être
létales. D'une façon plus générale, cette étude permet de mieux
comprendre la réponse des parasites aux perturbations des écosystèmes et
pourrait expliquer le déclin des batraciens dans le monde mais aussi la
prolifération de parasites impliqués dans des maladies humaines comme le
choléra, le paludisme, le virus du Nil occidendal ou dans la disparition
des récifs coralliens. (OP) ; Source :
Sciences et Avenir.com
> Réf. : Johnson PT, Chase JM, Dosch KL, Hartson
RB, Gross JA, Larson DJ, Sutherland DR, Carpenter SR., 2007.
Aquatic eutrophication promotes pathogenic infection in amphibians.
Proc Natl Acad Sci U S A. 104(40):15781-6 [Résumé
en anglais sur PubMed]
25 septembre 2007 : Du
nouveau sur la génotoxicité des pesticides. Le fonctionnement
génétoxique d'un organosphosphate largemment utilisé dans les pesticides
a été établie par une jeune chercheuse slovène. "La
jeune chercheuse Irena Hreljac travaille au sein du Département pour la
toxicologie génétique et la biologie du cancer à l'Institut national de
biologie à Ljubljana. Récemment, elle a obtenu le troisième prix à la
5ème conférence internationale sur les mutagènes environnementaux dans
la population humaine (5th International Conference in Environmental
Mutagens in Human Populations) pour sa présentation intitulée "
Fonctionnement co-génotoxique du parathion méthyl et du benzopyrène".
Irena Hreljac a montré au cours de cette conférence qui a eu lieu en
Turquie comment l'organophosphate parathion méthyl provoque des
mutations dans les bactéries et des endommagements de l'ADN dans les
cellules humaines et augmente le fonctionnement génotoxique d'un des
agents cancérogènes le plus répandus, le benzopyrène. En outre,
l'analyse génétique de cellules qui ont été exposées au parathion méthyl
lui a permis d'établir une hypothèse sur le mécanisme de fonctionnement
génotoxique et co-génotoxique de parathion méthyl. Elle s'est concentrée
plus particulièrement sur l'influence des pesticides organophosphates
sur les cellules non nerveuses. Ces nouvelles recherches
épidémiologiques ont donc montré une liaison entre l'exposition aux
organophosphates et certaines formes de cancer. Durant ses recherches,
Irena Hreljac a ajouté aux cultures de cellules différentes
concentrations de combinaisons de pesticides organophosphates. Cette
recherche ,qui n'est pas encore achevée, a permis de conclure que les
organophosphates, qui eux-mêmes ne sont pas mutagènes, provoquent une
génotoxicité et les endommagements de l'ADN lorsqu'ils sont liés avec le
benzopyrène". Source : BE Slovénie
numéro 55 (4/09/2007) - Ambassade de France en Slovénie / ADIT -
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50760.htm
21 septembre 2007 : Jachère fleurie.
Récemment, une
étude scientifique établissait un lien entre le déclin des abeilles
sauvages et celui des plantes à fleurs. L'urbanisation croissante et des pratiques agricoles intensives
sont en effet responsables de la disparition de nombreuses espèces de
fleurs sauvages, sources de nectar et de pollen pour les abeilles. Pour favoriser la biodiversité, des
jachères de fleurs multicolores colonisent maintenant les campagnes
françaises,
mais aussi les bords de routes et les plates-bandes urbaines. Bleuets,
centaurées, coquelicots, cosmos, eschscholzia, lupins, pois de senteur,
soucis sont de retour au grand bonheur des abeilles, des bourdons et
des papillons ...
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Photo : Jachère
fleurie dans le bocage limousin, Haute-Vienne, France (olivier
Peyronnet, juillet 2007) > |
20 septembre 2007 : Le mal mystérieux qui déciment les
abeilles s'étend au Québec. Le syndrome d'effondrement des ruches qui
déciment les abeilles aux États-Unis depuis plus d'un an s'étend
désormais des berges du Saint-Laurent aux rivages du Lac Saint-Jean.
Depuis le printemps dernier, les apiculteurs québécois constatent en
effet une
importante diminution des effectifs de butineuses dans leurs ruches.
Ainsi, on estime que 40% des butineuses québécoises ont disparu, et dans certaines
régions, comme celle de Montréal, les pertes peuvent peut atteindre 60%
des effectifs. Les pomiculteurs québécois pourraient être les premiers à
en subir les conséquences. La culture de la pomme et la qualité des
récoltes dépendent à 90% de la pollinisation des abeilles. Au Saguenay,
les producteurs de bleuets et de canneberges, dont la mise en fruit dépend de la
pollinisation, sont aussi de plus en plus inquiets face à l'ampleur du
phénomène, d'autant plus que comme partout sur la planète, les causes de
cette hécatombe sont inconnues et mystérieuses. Outre les pesticides, les
maladies parasitaires comme la varroase ou la loque bactérienne, le maïs
et le soja transgéniques, les
ondes de téléphones cellulaires, les
chercheurs québécois dénoncent aussi les "mauvaises conditions de
travail" des butineuses qui sont soumises à des stress croissants. En
effet, les ruches sont aujourd'hui de plus en plus fréquemment
transportées sur de longues distances et installées dans des vastes
champs de monoculture, où les abeilles sont forcées à butiner une seule
espèce de fleurs, ce qui augmente leur stress et la vitesse de
propagation des maladies parasitaires. Des entomologistes proposent donc
de soulager la pression exercée par l'homme sur les abeilles domestiques
en ayant recours à d'autres insectes pollinisateurs comme les bourdons,
les abeilles solitaires indigènes (les mégachiles ou découpeuses de la
luzerne, les andrènes ou abeilles fouisseuses, les halictes, etc.), les
papillons et les mouches. Cependant, pour attirer ces pollinisateurs
indigènes, il faudrait amorcer un retour vers la biodiversité des
campagnes québécoises en favorisant la prolifération des herbes et des fleurs
sauvages en bordure des champs. Souvent plus spécialistes que les abeilles domestiques, ces pollinisateurs sauvages sont aussi généralement plus sensibles aux
pesticides et moins bien adaptés à la monoculture. (OP) ;
Source : Fanny Rollin, Québec Science, septembre 2005 [Lire
l'article]
> (Re)-Lire
"Une mystérieuse maladie
décime les abeilles du Québec" (Bérubé S., La Presse, 04.05.07)
> Pour en savoir plus :
"Les abeilles indigènes qui pollinisent les
bleuets sauvages" (Ministère de L'agriculture,du Nouveau Brunswick, printemps 1998)
19 septembre 2007 :
L'Amazonie asphyxiée par le Soja. [Lire l'article sur LeMonde.fr]
> : Cauchemar sanitaire en Argentine, la
moitié des terres cultivables argentines accaparées par le soja transgénique de
Monsanto, 150 millions de litres de pesticides épandus
désormais au lieu de 1 million de litres avant la culture du soja
transgénique, cultures vivrières abandonnées et détruites, animaux et
hommes malades... un puissant mouvement populaire s'organise [Voir
la vidéo "OGM, l'horreur" sur DailyMotion]
18 septembre 2007 : Des pesticides ont provoqué
un «désastre sanitaire» aux Antilles françaises (AFP). Selon
un rapport préparé par le cancérologue Dominique Belpomme, l'utilisation
massive de certains pesticides a provoqué un "désastre sanitaire" aux
Antilles françaises. Le rapport vise en particulier le chlordécone, un
insecticide organochloré utilisé pour lutter contre le charançon du
bananier et dont la rémanence dans l'environnement et la toxicité sont
très grandes. Considéré comme cancérogène, l'insecticide a été interdit
en France métropolitaine en 1990, et depuis 1993 aux Antilles
françaises, où il a certes continué d'être utilisé clandestinement dans
les bananeraies jusqu'en 2002. Le chlordécone est à l'origine d'une
pollution considérable en Guadeloupe et en Martinique où certaines
nappes d'eaux souterraines en contiennent des taux 100 fois supérieurs à
la norme. Pour le Pr Belpomme, ce produit est "l'arbre qui cache la
forêt", et il prévient que c'est probablement l'ensemble des eaux, du
sol et de l'alimentation qui sont pollués par une centaines de
pesticides, dont le paraquat un herbicide encore bien plus toxique. Il
souligne en outre qu'en Guadeloupe, c'est l'ensemble des femmes
enceintes et des nouveaux nés qui sont contaminés au chlordécone et que
les Antilles françaises sont au 2ème rang mondial pour les cancers de la
prostate et que les taux de cancers du sein et de malformations
congénitales y sont en nette augmentation. Le cancérologue réclame des
études épidémiologiques adaptées afin d'établir d'éventuels liens entre
cette contamination et l'incidence des cancers dans la population
antillaise, et préconise le développement rapide d'une agriculture sans
pesticides, en particulier sur les terres qui ne sont pas encore
polluées. Connu pour ses travaux sur les causes environnementales des
cancers, le Pr Belpomme est le fondateur de l'Association pour la
Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuses (ARTAC). (OP) ; [Lire
l'article sur cyberpresse.ca]
> Lire aussi :
"Sauver les Antilles françaises d'un désastre sanitaire" (Libération,
17.09.07)
>
: Le Pr Belpomme en entrevue dans "Des élus réclament 'toute la lumière"
sur l'usage des pesticides aux Antilles" (LeMonde.fr, 18.09.07) [Voir
la vidéo, 1.39min]
> Site
de l'ARTAC
18 septembre 2007 : L'étouffement, nouvelle
arme de défense de masse des abeilles contre les frelons. En
tuant les butineuses solitaires ou en s'attaquant directement aux
ruches, les frelons sont une menace permanente pour les colonies
d'abeilles domestiques. Pour s'en défendre, les abeilles ont élaboré
différentes stratégies. Ainsi chez certaines espèces d'abeilles
asiatiques, des masses d'ouvrières forment une boule compacte autour du
frelon agresseur et produisent de la chaleur afin de provoquer un
échauffement létal de sa température corporelle en quelques minutes. Sur
l'île méditerranéenne de Chypre, une équipe de recherche franco-grecque
vient de découvrir que les abeilles locales, Apis mellifera cypria,
combattent le frelon oriental, Vespa orientalis, en l'étouffant,
une stratégie probablement mieux adaptée à leur environnement très
chaud. La masse de 150 à 300 abeilles chypriotes entourent en effet le
frelon de manière à bloquer ses mouvements abdominaux et à obstruer toutes ses
voies respiratoires. (OP) ; [Lire
la dépêche AFP sur Cyberpresse.ca] ; Réf. :
Papachristoforou A., Rortais A.,
Zafeiridou G., Theophilidis G., Garnery L., Thrasyvoulou A., Arnold G.,
2007. Smothered to death: Hornets
asphyxiated by honeybees. Current Biology Vol. 17 No 18, pp.
R795-R796 [Current
Biology]
> Communiqué de
presse du CNRS
17 septembre 2007 : Certains pesticides
provoquent de l'asthme chez les agriculteurs (AFP). Pour la
première fois, une étude américaine à grande échelle, réalisée sur 20
180 agriculteurs en Iowa et en Caroline du Nord (États-Unis), indique
que l'usage de certains insecticides, fongicides ou herbicides peut
provoquer de l'asthme indépendamment des autres facteurs de
risques. Selon Jane Hoppin, du service d'épidémiologie au National
Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) à Bethesda, une
seule exposition importante à des pesticides au cours de la vie peut
suffire à doubler le risque d'asthme chez les hommes agriculteurs
adultes. Bien qu'aucun lien n'ait été mis en évidence avec une classe
particulière de pesticides ou un mode d'utilisation, 16 pesticides sur
les 48 auxquels ont été exposés les 452 agriculteurs asthmatiques sont
suspectés d'augmenter la prévalence de l'asthme chez les agriculteurs.
Cette dernière a en effet été augmentée de 30 à 40% par certains
pesticides et a plus que doublé avec d'autres. Près de la moitié des
pesticides incriminés sont encore commercialisés aujourd'hui à savoir le
paraquat, le lindane, le parathion, le coumaphos, le diazinon et le
captane. Une étude semblable est en cours chez les femmes agricultrices.
L'impact sur les populations urbaines, moins exposées aux pesticides
agricoles mais à plus forte prévalence asthmatique, reste aussi à
déterminer. (OP) ; [Lire
la dépêche AFP sur Cyberpresse.ca]
> Lire le communiqué de presse du 17e Congrès européen de pneumologie à
Stockholm (en français) : [Fichier
Word à télécharger] [European
Respiratory Society]
> Consulter la liste des travaux de Jane Hoppin sur l'incidence de
l'usage des pesticides chez les agriculteurs (en anglais) : [PubMed-Hoppin
JA]
14 septembre 2007 :
Enrayer l'encre des
chênes rouges pour sauver ce peuplement (BE.com).
"Le chêne rouge est reconnu pour sa force et sa
longévité. De nos jours, il est souvent planté dans les zones urbaines
parce qu'il résiste bien à la pollution. Son bois lourd, dur et très
résistant, sert autant à la menuiserie, à l'ébénisterie qu'au chauffage.
Malheureusement, le chêne rouge peut être victime d'une maladie appelée
l'encre du chêne rouge, causée par le microorganisme Phytophthora
ramorum (P. ramorum). Depuis le milieu des années 1990, ce
pathogène tue des dizaines de milliers de chênes sur la côte ouest de la
Californie. Le P. ramorum fut découvert en 1993, infectant les
rhododendrons et les viornes en Europe. Depuis, il semble pouvoir
infecter plus d'une centaine d'espèces de plantes. Suite à la découverte
du pathogène en Californie, des mesures de quarantaine avaient été mises
en place par les autorités américaines, surtout dans les pépinières,
l'endroit le plus propice à sa prolifération. Au Canada, il a été
retrouvé dans une pépinière en Colombie-Britannique pour la première
fois en 2003, et à quelques autres reprises dans cette même province
depuis, mais le pathogène ne s'est jamais propagé. Une collaboration
entre les chercheurs de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments (ACIA),
d'Agriculture et Agro-alimentaire Canada (AAC) et l'équipe de M. Richard
Hamelin au Centre de Foresterie des Laurentides de Ressources Naturelles
Canada (RNCan) est établie pour mettre au point un test de diagnostic
moléculaire basé sur les séquences uniques d'ADN du pathogène. Ce test
permet de le détecter en seulement quelques heures, à l'aide de sondes
fluorescentes spécifiques à l'organisme. De plus, ce test peut être fait
en série dans un laboratoire et traiter des milliers d'échantillons de
façon précise et efficace". Source :
BE Canada numéro 321 (13/09/2007) - Ambassade de France au Canada / ADIT
-
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50923.htm
> Lire aussi la page de Ressources naturelles
Canada :
http://www.rncan-nrcan.gc.ca/elements/issues/16/red_oak_f.html
> En savoir plus sur la biotechnologie au Service canadien des forêts :
méthodes de diagnostic moléculaire pour le dépistage et la surveillance
des ravageurs forestiers
 |
Phytophthora ramorum est un champignon microscopique
responsable de la maladie de "l'encre des chênes rouges" appelée aussi
"mort subite du chêne". Cette maladie mortelle a déjà dévasté les forêts
de chênes de la Californie. Des tests de laboratoire ont révélé que les
chênes rouges de l’Est et les érables à sucres sont également sensibles
à cette moisissure. Les forêts de la région des Grands Lacs et du
Saint-Laurent pourraient être menacées si elle se propageait.
< Symptôme de "l'Encre rouge" sur l'écorce
d'un chêne infecté
Crédit photo : Forest Service USDA (domaine publique)
http://www.na.fs.fed.us/spfo/pubs/pest_al/sodeast/sodeast.htm |
13 septembre 2007 : Les abeilles en voie de
disparition. Alors que les populations d'abeilles déclinent
un peu partout sur la planète, et que les médias généralistes s'en
alarment de plus en plus, Bernard Vaissière, spécialiste de la
pollinisation à l'INRA à Avignon en France, prévient que certaines
espèces d'abeilles pourraient disparaître complètement. Fruits d'une
lente co-évolution avec les plantes à fleurs, les abeilles se
nourrissent presque exclusivement de nectar et de pollen et ne possèdent
par conséquent que très peu d'enzymes de détoxification ce qui les rend
particulièrement fragiles à l'ingestion de poisons et aux diverses
infestations de parasites. Alors qu'un virus a été très récemment
suspecté d'être responsable de leur mystérieuse disparition aux
États-Unis (Voir
ci-dessous la nouvelle du 06.09.07), des apiculteurs américains
accusent plutôt les conditions météorologiques particulièrement extrêmes
cette année (sécheresses et chaleurs intenses, gels tardifs) d'avoir
limité la floraison des plantes à fleurs. Les conditions météorologiques
possiblement liées au réchauffement climatique en cours pourraient
expliquer la diminution du nombre d'espèces de plantes à fleurs
pollinisées par les abeilles. En Europe, si de nombreux apiculteurs
mettent en cause certains pesticides systémiques, les scientifiques
restent prudents, et une récente étude montrait un déclin parallèle
entre des abeilles sauvages et les plantes à fleurs pollinisées (Voir
brève du 27.12.06). Quoi qu'il en soit, les abeilles sont en voie de
disparition et certaines activités humaines ne semblent pas y être
complètement étrangères. Une combinaison de facteurs biotiques (virus,
varroa, etc.) et abiotiques (pesticides, OGM, conditions
météorologiques, etc.) est probablement à l'origine de cet inquiétant
déclin. Les abeilles sont pourtant l'un des plus importants
pollinisateurs de la planète. En assurant, avec d'autres insectes, la
pollinisation de 80% des plantes à fleurs, elles seraient indirectement
responsables de près de 35% de la production mondiale de nourriture
(fruits, légumes, oléagineux, protéagineux, café, cacao, épices, etc.).
Bien qu'elles restent difficiles à évaluer, les conséquences économiques
et sociales d'une disparition complète des abeilles serait donc très
certainement désastreuse pour l'humanité. (OP) ; [Lire
l'entrevue de Bernard Vaissière] ; Source :
Futura-Sciences.com
> Lire aussi :
"Pourrions-nous passer des abeilles" (Agence Science-Presse 13.09.07)
et
Les abeilles nous abandonnent (Futura-Sciences 30.08.07)
> Consulter le projet ALARM :
http://www.alarmproject.net/alarm/
> Pour en savoir plus : Abeilles
et pollinisateurs (PESTInfos)
09 septembre 2007 : À lire dans Dossiers
Biocontrôle. Ce trimestre la publication canadienne
Dossiers Biocontrôle présente divers exemples pratiques de contrôle
biologique, en particulier dans les serres de plantes ornementales de
l'Ontario et dans les vignobles de la vallée de l'Okanagan en
Colombie-Britannique. D'autres articles présentent 2 insecticides
biologiques prometteurs, à savoir le Spinosad qui est hautement
compatible dans les systèmes de lutte intégrée et le protozoaire
Nosema locustae qui pourrait jouer un rôle important pour contrôler
les populations de sauteriaux et de criquets. Réf. : Dossiers
Biocontrôle No 11, septembre 2007
> Télécharger
Dossiers Biocontrôle en format PDF
> site du Réseau Biocontrôle / Biocontrol Network :
http://www.biocontrol.ca/
06 septembre 2007 :
Un virus soupçonné d'être responsable de la mystérieuse disparition des
abeilles.
|

Photo : Le
rucher des framboisiers en Gaspésie (Olivier Peyronnet, juillet
2005) |
Depuis 2006, de
nombreux entomologistes et apiculteurs américains s'interrogent sur
l'origine du Colony Collapse Disorder (CCD) ou "syndrome
d'effondrement des colonies" qui est responsable de la disparition de 50
à 90% des colonies d'abeilles mellifères aux États-Unis. Le CDD se
manifeste par la disparition des ouvrières sans que les réserves de la
ruche ne soient touchées par un quelconque parasite, laissant une reine
quasiment seule en l'absence de cadavres. En particulier, l'acarien
varroa, le principal parasite des abeilles domestiques, n'est pas
détecté dans les ruches atteintes. Des chercheurs viennent en effet de
découvrir qu'un virus encore méconnu aux États-Unis, le virus de la
paralysie aigu ou Israeli Acute Paralysis Virus (IAPV) était
présent dans 96% des ruches présentant le symptôme d'effondrement. C'est
en étudiant le génome de l'abeille nouvellement séquencé en 2006 et,
plus précisément, en comparant des séquences d'ADN d'abeilles saines et
d'abeilles provenant de ruches malades que les chercheurs ont réussi à
repérer ce virus de la famille des Dicistroviridae et identifié pour la
première fois en Israël en 2004. L'IAPV a également été détecté dans des
abeilles provenant de ruches australiennes, sans que celles-ci ne soient
pourtant atteintes du CCD, et dans la gelée royale importée de Chine
pour la consommation humaine. Selon les chercheurs, l'IAPV est au moins
l'un des facteurs responsables du CDD, mais il agirait très probablement
en combinaison avec d'autres facteurs comme par exemple le varroa ou
l'exposition aux pesticides qui affaiblissent grandement les colonies.
L'importation d'abeilles australiennes porteuses du virus en 2004, date
à laquelle les premiers symptômes sont apparus aux États-Unis, pourrait
être à l'origine de cette dramatique épidémie. À suivre... (OP) ;
Source :
Sciences&Avenir.com
> Réf. : Cox-Foster DL, Conlan S et al., 2007. A Metagenomic Survey of
Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. Science (publication
électronique avancée du 6 septembre 2007) [Résumé
en anglais sur PubMed]
> Pour en savoir plus : Abeilles
et pollinisateurs (PESTInfos)
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Olivier Peyronnet - PESTInfos 2007.2008 |