» Pesticides chimiques
Les pesticides chimiques, herbicides, insecticides et fongicides, sont utilisés depuis 60ans en agriculture pour combattre les mauvaises herbes, les ravageurs et maladies des végétaux et en santé pour lutter contre les insectes vecteurs de maladies humaines ou animales. Toxiques et persistants, ils sont aujourd'hui une des principales sources de pollution de notre environnement et leurs résidus menacent la santé humaine ...

9 janvier 2008 : Le Cruiser, un nouvel insecticide neurotoxique systémique inquiète les apiculteurs français. Le ministère français de l'agriculture vient d'annoncer l'homologation sur son territoire d'une semence de maïs traitée avec un nouvel insecticide neurotoxique systémique, le Cruiser, et destinée à l'alimentation animale. Le maïs destiné à l'alimentation animale (maïs ensilage) couvre l'essentiel des surfaces de maïs cultivées en France. Produit par le groupe agrochimique suisse Syngenta, cet insecticide dont la molécule active est le thiamethoxam, un neurotoxique qui agit sur les récepteurs nicotiniques des insectes, devrait servir à lutter contre les taupins (Agriotes spp), des coléoptères souterrains qui s'attaquent aux racines du maïs. L'insecticide enrobe la semence de maïs et diffuse dans la plante pendant sa croissance. Ce type d'enrobage inquiète particulièrement les apiculteurs d'autant plus que des études écotoxicologiques réalisées par Luc Belzunces (INRA, Avignon) ont montré que le comportement de vol des abeilles, en particulier leur retour à la ruche, pouvait être perturbé par l'absorption de très faibles doses de thiamethoxam. D'autre part l'an dernier, plusieurs apiculteurs italiens ont accusé le thiamethoxam d'être responsable de la disparition brutale d'un grand nombre de leurs abeilles. Selon eux, les abeilles auraient été contaminées par la dispersion de la molécule neurotoxique dans l'air lors des semis. Des analyses récentes ont d'ailleurs confirmé la présence de Thiamethoxam dans les abeilles italiennes retrouvées mortes. L'utilisation sur le maïs de deux autres insecticides neurotoxiques systémiques, le Gaucho et le Fipronil, suspectés d'être à l'origine de l'affaiblissement des colonies d'abeilles, est interdite en France depuis 2004. (OP) ; Source : LeMonde.fr ; [Lire l'article]

25 septembre 2007 : Du nouveau sur la génotoxicité des pesticides. Le fonctionnement génétoxique d'un organosphosphate largemment utilisé dans les pesticides a été établie par une jeune chercheuse slovène. "La jeune chercheuse Irena Hreljac travaille au sein du Département pour la toxicologie génétique et la biologie du cancer à l'Institut national de biologie à Ljubljana. Récemment, elle a obtenu le troisième prix à la 5ème conférence internationale sur les mutagènes environnementaux dans la population humaine (5th International Conference in Environmental Mutagens in Human Populations) pour sa présentation intitulée " Fonctionnement co-génotoxique du parathion méthyl et du benzopyrène". Irena Hreljac a montré au cours de cette conférence qui a eu lieu en Turquie comment l'organophosphate parathion méthyl provoque des mutations dans les bactéries et des endommagements de l'ADN dans les cellules humaines et augmente le fonctionnement génotoxique d'un des agents cancérogènes le plus répandus, le benzopyrène. En outre, l'analyse génétique de cellules qui ont été exposées au parathion méthyl lui a permis d'établir une hypothèse sur le mécanisme de fonctionnement génotoxique et co-génotoxique de parathion méthyl. Elle s'est concentrée plus particulièrement sur l'influence des pesticides organophosphates sur les cellules non nerveuses. Ces nouvelles recherches épidémiologiques ont donc montré une liaison entre l'exposition aux organophosphates et certaines formes de cancer. Durant ses recherches, Irena Hreljac a ajouté aux cultures de cellules différentes concentrations de combinaisons de pesticides organophosphates. Cette recherche ,qui n'est pas encore achevée, a permis de conclure que les organophosphates, qui eux-mêmes ne sont pas mutagènes, provoquent une génotoxicité et les endommagements de l'ADN lorsqu'ils sont liés avec le benzopyrène". Source : BE Slovénie numéro 55 (4/09/2007) - Ambassade de France en Slovénie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50760.htm

18 septembre 2007 : Des pesticides ont provoqué un «désastre sanitaire» aux Antilles françaises (AFP). Selon un rapport préparé par le cancérologue Dominique Belpomme, l'utilisation massive de certains pesticides a provoqué un "désastre sanitaire" aux Antilles françaises. Le rapport vise en particulier le chlordécone, un insecticide organochloré utilisé pour lutter contre le charançon du bananier et dont la rémanence dans l'environnement et la toxicité sont très grandes. Considéré comme cancérogène, l'insecticide a été interdit en France métropolitaine en 1990, et depuis 1993 aux Antilles françaises, où il a certes continué d'être utilisé clandestinement dans les bananeraies jusqu'en 2002. Le chlordécone est à l'origine d'une pollution considérable en Guadeloupe et en Martinique où certaines nappes d'eaux souterraines en contiennent des taux 100 fois supérieurs à la norme. Pour le Pr Belpomme, ce produit est "l'arbre qui cache la forêt", et il prévient que c'est probablement l'ensemble des eaux, du sol et de l'alimentation qui sont pollués par une centaines de pesticides, dont le paraquat un herbicide encore bien plus toxique. Il souligne en outre qu'en Guadeloupe, c'est l'ensemble des femmes enceintes et des nouveaux nés qui sont contaminés au chlordécone et que les Antilles françaises sont au 2ème rang mondial pour les cancers de la prostate et que les taux de cancers du sein et de malformations congénitales y sont en nette augmentation. Le cancérologue réclame des études épidémiologiques adaptées afin d'établir d'éventuels liens entre cette contamination et l'incidence des cancers dans la population antillaise, et préconise le développement rapide d'une agriculture sans pesticides, en particulier sur les terres qui ne sont pas encore polluées. Connu pour ses travaux sur les causes environnementales des cancers, le Pr Belpomme est le fondateur de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuses (ARTAC). (OP) ; [Lire l'article sur cyberpresse.ca]
> Lire aussi : "Sauver les Antilles françaises d'un désastre sanitaire" (Libération, 17.09.07)
>
VIDÉO : Le Pr Belpomme en entrevue dans "Des élus réclament 'toute la lumière" sur l'usage des pesticides aux Antilles" (LeMonde.fr, 18.09.07) [Voir la vidéo, 1.39min]
> Site de l'ARTAC

17 septembre 2007 : Certains pesticides provoquent de l'asthme chez les agriculteurs (AFP). Pour la première fois, une étude américaine à grande échelle, réalisée sur 20 180 agriculteurs en Iowa et en Caroline du Nord (États-Unis), indique que l'usage de certains insecticides, fongicides ou herbicides peut provoquer de l'asthme indépendamment des autres facteurs de risques. Selon Jane Hoppin, du service d'épidémiologie au National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) à Bethesda, une seule exposition importante à des pesticides au cours de la vie peut suffire à doubler le risque d'asthme chez les hommes agriculteurs adultes. Bien qu'aucun lien n'ait été mis en évidence avec une classe particulière de pesticides ou un mode d'utilisation, 16 pesticides sur les 48 auxquels ont été exposés les 452 agriculteurs asthmatiques sont suspectés d'augmenter la prévalence de l'asthme chez les agriculteurs. Cette dernière a en effet été augmentée de 30 à 40% par certains pesticides et a plus que doublé avec d'autres. Près de la moitié des pesticides incriminés sont encore commercialisés aujourd'hui à savoir le paraquat, le lindane, le parathion, le coumaphos, le diazinon et le captane. Une étude semblable est en cours chez les femmes agricultrices. L'impact sur les populations urbaines, moins exposées aux pesticides agricoles mais à plus forte prévalence asthmatique, reste aussi à déterminer. (OP) ; [Lire la dépêche AFP sur Cyberpresse.ca]
> Lire le communiqué de presse du 17e Congrès européen de pneumologie à Stockholm (en français) : [Fichier Word à télécharger] [European Respiratory Society]
> Consulter la liste des travaux de Jane Hoppin sur l'incidence de l'usage des pesticides chez les agriculteurs (en anglais) : [PubMed-Hoppin JA]

30 août 2007 : Pesticides au Québec : des fruits et légumes contaminés et une consommation en hausse. Des analyses en laboratoire menées par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) révèlent que les fruits et légumes cultivés au Québec ne sont pas moins contaminés par des pesticides que ceux importés des pays étrangers et du reste du Canada. En effet, 33% des 500 échantillons de fruits et légumes (comprenant des pommes, fraises, framboises, laitue romaine, poivrons verts, tomates et pommes de terre) testés par le MAPAQ en 2004-2005 contenaient des résidus de pesticides agricoles. Au total, 219 produits chimiques différents y ont été détectés, et dans 1.5% des cas, les concentrations étaient supérieures aux normes permises, soit un taux 6 fois plus élevé que dans le reste du Canada. Les analyses effectuées par l'ACIA, avec des "critères sensiblement plus élevés qu'au Québec", n'ont détecté des traces de résidus que dans moins de 10% des 11000 échantillons de fruits et légumes cultivés au Canada. Par ailleurs, les fruits et légumes importés de plusieurs pays dont le Brésil, le Chili, le Costa-Rica, les États-Unis, le Guatemala ou la Thaïlande, se sont révélés moins contaminés que ceux cultivés au Québec. Selon le quotidien Le Devoir, "le Québec se compare même, en la matière, à des pays comme le Vietnam et Taiwan". Selon Mohamed Khelifi, professeur au département des sols et de génie agroalimentaire de l'Université Laval, interrogé par Le Devoir, la résistance des parasites aux pesticides est en cause et conduirait les agriculteurs québécois à opter de préférence pour l'action des pesticides, jugée plus efficace et plus rapide qu'une gestion saine des cultures. Les plus récentes données dévoilées par le Ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) indiquent en effet que les agriculteurs québécois ont légèrement augmenté leur consommation de produits agrochimiques au cours des dernières années. Entre 2002 et 2003, les ventes de pesticides agricoles (3/4 des pesticides vendus au Québec) ont en effet atteint un peu plus de 2700 tonnes, soit une hausse de 2.4% par rapport à l'année précédente, et ce alors même que la surface agricole a diminué de 1.6%. Ainsi, l'indice global de pression environnementale exercée par les pesticides sur les terres agricoles du Québec s'élevaient donc à 1.51 kg d'ingrédients actifs par hectare en 2003 contre 1.45 en 2002. D'autre part, malgré les efforts déployés par le gouvernement du Québec pour en réduire l'utilisation, le volume des ventes de pesticides à usage domestique a augmenté de près de 21% entre 2002 et 2003. La hausse des ventes est particulièrement importante pour les insecticides domestiques et pour les herbicides destinés à l'entretien des pelouses et des espaces verts. Si la vente globale de pesticides a augmenté de 5.3% entre 2002 et 2003, il faut toutefois préciser qu'elle a diminué de 9.3% depuis 1992.  (OP) ; Source : LeDevoir.com
> Lire : "Pesticides : le portrait québécois est peu reluisant" (Le Devoir, 18.08.07) et "Les agriculteurs québécois ont légèrement augmenté leur consommation de pesticides" (LeDevoir 25&26.08.07)

> Réf. : Gorse, I. et DION S., 2007, Bilan des ventes de pesticides au Québec pour l'année 2003, Québec, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,  80 p. [Consulter]
> Site de la Coalition pour les Alternatives aux Pesticides (CAP)

15 août 2007: Le suicide aux pesticides fait 300 000 morts par an dans les campagnes asiatiques (LeMonde.fr). Dans les pays en voie de développement, les pesticides de la famille des organophosphorés sont responsables de nombreuses victimes qui les ingèrent lors de tentatives de suicide. [Lire l'article]

12 juin 2007 : Les pesticides ralentiraient la croissance des plantes (Sciences et Avenir.com). Selon une étude américaine menée sur le long terme, plusieurs substances présentes dans les produits phytosanitaires, dont les composés organochlorés, perturberaient la fixation de l'azote par les bactéries symbiotiques (Rhizobium) des plantes légumineuses comme le soja et la luzerne. Cette perturbation pourrait être en partie responsable des baisses de rendement observées sur certaines cultures de soja. Des études en plein champs sont présentement en cours afin de déterminer les molécules chimiques qui affectent les relations plantes-bactéries (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Fox JE, Gulledge J, Engelhaupt E, Burow ME, McLachlan JA., 2007. Pesticides reduce symbiotic efficiency of nitrogen-fixing rhizobia and host plants. Proc Natl Acad Sci U S A., édition électronique avancée du 4 juin 2007 [Résumé en anglais]

11 juin 2007 : Les pesticides, un risque sanitaire avéré mais encore mal pris en compte (LeMonde.fr, M. Auzanneau) [Lire]

5 juin 2007 : L'exposition aux pesticides augmente le risque de tumeur cérébrale (AFP, Paris) [À lire sur Cyberpresse.ca]

30 mai 2007 : L'exposition aux pesticides, facteur aggravant pour la maladie de Parkinson. Selon une étude statistique réalisée sur 959 patients, par une équipe de la faculté de médecine de l'Université d'Aberdeen (Écosse), l'exposition à des niveaux faibles et élevés de pesticides accroît de 9 à 39 % le risque de contracter la maladie de Parkinson. La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative affectant les cellules nerveuses qui produisent un important neurotransmetteur, la dopamine et provoquant des troubles locomoteurs. Bien que la maladie de Parkinson ne soit pas causée directement par les pesticides, les chercheurs écossais ont établit un lien significatif entre les deux. Selon les spécialiste, la maladie de Parkinson serait causée par une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs liés à l'environnement, dont l'exposition aux pesticides (OP) ; [Lire la dépêche AFP, Londres sur Cyberpresse.ca]
> Réf. : Dick F., De Palma G., Ahmadi A. et al., 2007.
Environmental risk factors for Parkinson’s disease and parkinsonism: the Geoparkinson study. Occupational and  Environmental Medicine 2007;0:1–7 [Télécharger l'article en PDF]
> Communiqué de presse de l'université d'Aberdeen (en anglais)

20 février 2007 : Réduction drastique de l’emploi de pesticides au Pakistan (FAO). "Vehari, Pakistan – Au coeur de la vallée de l’Indus, grande zone cotonnière, les contribuables pakistanais financent ce que leurs homologues de l’Union européenne ont lancé: un mouvement visant à dispenser aux agriculteurs les compétences et la confiance nécessaires pour limiter l’utilisation inconsidérée et périlleuse des pesticides tout en réduisant la pauvreté". [En savoir plus]
> site de l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)

11 février 2007 : L'Argentine débordée par les OGM et les pesticides (une vidéo à voir absolument !). Depuis 1996, le soja transgénique résistant à l'herbicide glyphosate "Round up ready©" envahit l'Argentine : la moitié des terres cultivables accaparée (soit environ 14 millions d'hectares), 150 millions de litres de pesticides sont aujourd'hui répandus au lieu de 1 million avant l'introduction du soja transgénique ...  Face à ce véritable cauchemar sanitaire, un puissant mouvement paysans s'organise...
> Voir la vidéo sur dailymotion.com  (8 décembre 2006)
> En savoir plus sur les ite du MDRGF

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 2006 [23 nouvelles]

19 novembre 2006 : Les pesticides en milieu agricole au Québec. Source / Réf. : Tellier S., 2006. Les pesticides en milieu agricole : état de la situation environnementale et initiatives prometteuses. Direction des politiques en milieu terrestre, Service des pesticides, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 90 p. [Résumé]  [Télécharger le document PDF]

6 novembre 2006 : Résidus de pesticides en hausse dans les aliments en Europe. Le dernier rapport de la Direction Générale de la Santé et de la Consommation de la Commission Européenne révèle une hausse du pourcentage des aliments (fruits et légumes, céréales, aliments pour bébé) contaminés par des résidus de pesticides. Sur plus de 60 450 échantillons prélevés en 2004 dans l'ensemble des pays de la Communauté, y compris en Norvège, Islande et Liechtenstein, 44.4% décèlent des résidus de divers pesticides, dont 4.7% ne sont pas conformes à la réglementation européenne et dépassent les limites maximales permises . En ce qui concerne les produits frais, ce sont près de 47% des aliments consommés en Europe qui contiennent des résidus de pesticides, contre 42% en 2003. Le rapport note aussi une élévation de la fréquence (23.4% en 2004) des aliments contenant un cocktail de résidus provenant de 2 à 8 molécules différentes. Les fraises, les pommes et les laitues sont les aliments les plus souvent contaminés par des pesticides. Les molécules les plus fréquemment détectées sont toutes des fongicides (diphénylamine, Maneb, cyprodinil, tolylfluanide, Bénomyl, iprodione, procymidone et fenhexamide). Plusieurs insecticides et acaricides utilisés en arboriculture (endosulfan, bromopropylate, dicofol) figurent aussi sur la liste des produits dont les limites maximales en résidus sont le plus souvent dépassées. (OP)
> Réf. : Commission Européenne, Direction Générale de la Santé et de la Consommation, 2006. "Monitoring of Pesticide Residues in Products of Plant Origin in the European Union, Norway, Iceland and Liechtenstein, 2004 Report" (Octobre 2006). >Le rapport et un résumé en anglais sont disponibles en ligne
> Pour en savoir plus sur les statistiques française, consulter le site du MDRGF : "Résidus de pesticides dans les aliments: la dernière publication européenne montre des résultats en hausse en Europe!"
> (Re)-Lire la nouvelle précédente : Les pesticides, hôtes indésirables et dangereux des fruits et légumes (PESTInfos 22.02.06)

18 octobre 2006 : L'exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson. Alors que plusieurs études montrent un accroissement du risque chez les agriculteurs, la Mutuelle sociale agricole, en collaboration avec l'Inserm et l'institut de veille sanitaire, a décidé de lancer une vaste enquête épidémiologique sur le rôle de l'exposition professionnelle aux pesticides dans la maladie de Parkinson. Cette décision survient quelque temps après qu'un salarié agricole atteint de la maladie de Parkinson ait été reconnu par un tribunal administratif français comme souffrant d'une maladie professionnelle. Une précédente étude menée de 1999 à 2001 par la MSA et l'Inserm avait montré que le risque de développer la maladie de Parkinson était multiplié par 1.9 chez les personnes exposées aux pesticides agricoles pendant plus de 15 ans, un facteur de risque équivalent à celui de développer un cancer du poumon chez les fumeurs passifs. Depuis, le possible lien entre utilisation de pesticides et maladie de Parkinson s'est vu renforcer par plusieurs études. Ainsi, une étude épidémiologique américaine réalisée sur plus de 140 000 personnes, publiée cet été par des chercheurs de l'école de santé publique de Harvard à Boston, concluait que l'exposition aux pesticides augmentait le risque de Parkinson de 70%. La nouvelle étude tentera d'évaluer l'ampleur de l'exposition aux pesticides et de préciser, parmi le grand nombre de molécules utilisées, lesquelles sont spécifiquement en cause. Celle-ci s'annonce difficile d'autant plus que la maladie de Parkinson est une pathologie complexe liée à des facteurs génétiques modulés par l'environnement. Les résultats ne seront pas connus avant plusieurs années. (OP) ; Source : LeMonde.frRéf. : Ascherio A, Chen H, Weisskopf MG, O'Reilly E, McCullough ML, Calle EE, Schwarzschild MA, Thun MJ., 2006. Pesticide exposure and risk for Parkinson's disease. Ann Neurol. 60(2), 197-203 [Résumé en anglais]
> À lire : Parkinson : le rôle des pesticides reconnu (LeFigaro 27.09.06)

16 octobre 2006 : Les pesticides périmés menacent l'Afrique d'une catastrophe sanitaire. La récente catastrophe écologique ivoirienne vient rappeler les risques sanitaires posés en Afrique par le déficit d’infrastructures pour l’élimination des pesticides chimiques accumulés au cours des dernières décennies. Dans un article publié en septembre dernier par le quotidien Jeune Afrique (www.jeuneafrique.com), Mark Davis, le coordinateur du programme de nettoyage des pesticides périmés à la FAO, affirmait en effet que les pesticides périmés menacent l’Afrique d’une catastrophe sanitaire tout aussi importante que celle que vit Abidjan aujourd’hui. La situation est particulièrement inquiétante d'autant plus que le phénomène, peu médiatisé et mal géré par les gouvernements, est le plus souvent inconnu des populations directement menacées. Il n'existe en effet pratiquement aucune informations destinées aux populations concernées sur les précautions à prendre pour éviter des contaminations. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les stocks de vieux pesticides causeraient 20.000 morts par an dans l'ensemble des pays en développement et auraient des conséquences sérieuses sur la santé de 3 millions de personnes (cancers, malformations à la naissance, etc.). En Afrique, ce n'est pas moins de 50 000 tonnes de ces produits pesticides qui menaceraient actuellement la santé de plusieurs milliers de personnes. Mark Davis estime qu’il y en a probablement en réalité presque 100.000 tonnes en Afrique ! Des pesticides obsolètes et dangereux comme la dieldrine, le DDT et le chlordane se retrouvent le plus souvent stockés dans des conteneurs dont l'étanchéité a été endommagée par le temps ou les guerres civiles, et laissés à l'abandon dans des décharges publiques qui se retrouvent aujourd'hui à proximité des bidonvilles. Ces pesticides oubliés affectent non seulement la santé des personnes mais aussi celle du bétail et contaminent l'air, l'eau et le sol. Des infiltrations peuvent ainsi contaminer de vastes zones et les rendre impropre à l'agriculture. La situation est particulièrement alarmante en Afrique subsaharienne. Depuis plus d'une décennie, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE) tentent de sensibiliser le monde à cette situation critique de plus en plus grave et d'aider les gouvernements africains à éliminer ces pesticides périmés ou à en améliorer le stockage. Un programme 'Africa Stockpiles Programme' (ASP), dont le coût est évalué à près de 250 millions de dollars, a été récemment mis en place et vise à éliminer tous les pesticides périmés et déchets contaminés en Afrique au cours des 10-15 prochaines années et à promouvoir des mesures de prévention. Mais les procédés d'élimination des pesticides sont fort coûteux et dangereux, et en l'absence de financements adéquats particulièrement de la part des industriels, les efforts de nettoyage demeurent très lents et le risques d'une nouvelle catastrophe sanitaire et écologique plane sur l'Afrique. (OP) ; Source : Infos de la Planète - Un danger qui vient de l’intérieur - Jeune Afrique - 2006-09-17
> Lien à consulter : Africa Stockpiles Programme (en anglais)
> À lire : La Menace des pesticides en Afrique. Afrique Relance - ONU Vol.15 (1-2), page 42 (juin 2002)

3 octobre 2006 : L'OMS recommande l'utilisation du DDT pour lutter contre le paludisme. Alors que le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) fait toujours parti des 12 substances chimiques devant être graduellement supprimées dans le monde conformément à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signée en mai 2002, l'organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande aujourd'hui son utilisation à l'intérieur des maisons pour lutter contre le paludisme. Selon l'OMS, la pulvérisation résiduelle de DDT à l'intérieur des habitations et des abris pour animaux, si elle est bien gérée, est un des outils les plus efficaces pour lutter contre les moustiques vecteurs, et est sans danger pour la santé humaine et animale et pour l'environnement. Ce radical et surprenant changement de politique de l'OMS a suscité une controverse au sein de la communauté scientifique, et a soulevé les protestations de nombreuses organisations écologistes, sociales et humanitaires. Pour ces derniers, le DDT reste un produit dangereux, interdit aux États-Unis depuis 1972, qui est toujours classé par plusieurs agences gouvernementales comme un agent persistant pouvant perturber le système endocrinien et provoquer des cancers ou des lésions nerveuses chez les hommes et les animaux. Après avoir connu un certain succès dans la lutte contre la malaria dans les années 50, les populations de moustiques vecteurs sont devenues résistantes, réduisant de ce fait son efficacité, et le DDT s'est rapidement avéré dangereux pour la faune et l'environnement, principalement en s'accumulant et en persistant dans les chaînes alimentaires. Les adversaires de ce vieux pesticide chimique accusent aussi l'OMS de céder aux pressions économiques et politiques de l'industrie chimique, et de certains gouvernements étrangers, dont ceux des États-Unis, du Canada et du Japon, qui souhaiteraient saper la législation internationale sur les produits chimiques. Pour les adversaires du DDT, le paludisme dont près de 90% des victimes sont africaines, est lié à la pauvreté et au sous développement, et la solution chimique ne doit pas être la composante majeure des stratégies de lutte contre cette maladie. Pour réduire l'incidence du paludisme, ils préconisent plutôt une approche basée sur la communauté comprenant diverses mesures comme le nettoyage des gîtes de reproduction des moustiques, la distribution de médicaments et de moustiquaires, la mise en place de mesures d'hygiène publique et de projets locaux d'éducation à la santé, un traitement rapide et un recours modéré au contrôle chimique. Actuellement 14 pays pratiquent la pulvérisation résiduelle intérieure, c'est à dire le traitement des habitations par des insecticides à effet lent et action longue, et dix d'entre eux, dont l'Afrique du Sud, utilisent le très controversé DDT. Financée en partie par les États-unis, l'utilisation du DDT devrait maintenant s'étendre à une quarantaine de nouveaux pays au risque de créer de nouveaux dommages collatéraux aux générations futures. (OP)
> Lutte antipaludique: l’OMS estime que l’utilisation de DDT à l’interieur des habitations est sans danger pour la santé (OMS 15.09.06)
> Des experts s'opposent à la guerre chimique contre le paludisme
(IPS 03.10.06)
> L'OMS recommande le DDT pour des stratégies de lutte contre le paludisme (IPS 19.09.06)

25 septembre 2006 : Effets des pesticides sur la santé : des recherches controversées. L'établissement d'un lien clair entre les pesticides et certaines maladies n'est pas toujours facile. [Lire l'article de Jean-Philippe Angers] ;  Source  : La Presse du  24 septembre 2006 disponible en ligne sur Cyberpresse.ca

21 septembre 2006 : "Les pesticides, une bombe à retardement pour la santé humaine" (Franc-Vert). Un article de Marie-Claude Laurin, étudiante en sciences de l'environnment à l'UQÀM (CINBIOSE), publié par le magazine environnemental FrancVert Vol. 3 No 2 Septembre 2006 [Lire l'article]
> Site du CINBIOSE, le Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé, la société et l'environnement
> Site de FrancVert
> Site de Nature Québec / UQCN (Union québécoise pour la conservation de la nature)

21 septembre 2006 : "Utilisation des pesticides, les risques pour la santé des enfants" (FrancVert). Un article de Mathieu Valcke et Onil Samuel de l'Institut national de santé publique du Québec (Inspq) publié dans le magazine environnemental FrancVert Vol. 3 No 2 Septembre 2006 [Lire l'article]
> Consulter les publications de l'INSPQ sur les Pesticides et pollution agricole
> Site de FrancVert
> Site de Nature Québec / UQCN (Union québécoise pour la conservation de la nature)

21 septembre 2006
La biodégradation de pesticides révèle que les canicules récentes ruinent les sols en décimant les microorganismes
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/39053.htm
Les pointes de chaleur de l'été 2006 rappellent l'été record de 2003 qui est considéré comme le plus chaud depuis 500 ans. Ces périodes de chaleur excessive ont des conséquences sur les plantes qui souffrent aussi de la canicule comme en témoignent les pertes des récoltes.
Moins visibles sont les dommages que subit le sol. La sécheresse cause en effet des ravages parmi les microorganismes qui font du sol un milieu vivant et une ressource incontournable pour les êtres humains.
L'équipe du Dr. Schroll du Centre de recherche sur l'environnement et la santé (GSF) près de Munich étudie quatre sols différents à l'air libre depuis 1997. Pour mesurer la santé du sol et son activité régénératrice, Schroll observe au fil des saisons et des années la capacité du sol à dégrader de l'isoproturon; cet herbicide sert de modèle pour les pesticides les plus employés en agriculture.
Les pesticides sont dégradés par les microorganismes du sol. La teneur en eau, ou plus exactement la disponibilité de l'eau dans le sol, est déterminante pour l'activité des microorganismes: l'eau influence en effet d'une part la répartition de l'air et donc de l'oxygène dans le sol, et apporte d'autre part des substances nutritives ainsi que les produits à dégrader.
Le taux de dégradation d'isoproturon dans les sols observés par Schroll est passé de 60% à 15% après la sécheresse de l'été 2003. Des tests génétiques sur des communautés microbiennes révèlent que non seulement le nombre de microorganismes dans les sols-tests a fortement diminué, mais qu'en plus leur diversité s'est appauvrie: certaines espèces de bactéries ont même totalement disparu de la surface du sol.
L'équipe du GSF a en outre constaté que le sol ne s'est toujours pas remis de l'été 2003; même un arrosage idéal, réalisé artificiellement, n'a pas suffit pour restaurer les populations microbiennes. Le labourage en profondeur peut en revanche aider les communautés de microorganismes à se reconstituer car les couches inférieures de la terre ont moins été touchées par la sécheresse; mais les pratiques agricoles actuelles sont insuffisantes et les prédictions de réchauffement climatique renforcent la menace de détérioration des sols.
Une question préoccupante, car les pesticides non dégradés risquent à terme de polluer les nappes phréatiques et de menacer les réserves d'eau potable.
Source : Cette information est un extrait du BE Allemagne numéro 302 du 13/09/2006 rédigé par l'Ambassade de France en Allemagne. Les Bulletins Electroniques (BE) sont un service ADIT et sont accessibles gratuitement sur www.bulletins-electroniques.com

24 août : Toujours plus de pesticides dans les eaux françaises ! Publié la semaine dernière par l'Institut français de l'environnement (Ifen), le bilan de la contamination des eaux souterraines et de surface par les pesticides pour les années 2003 et 2004 ne présente aucune amélioration par rapport à 2002 et souligne l'inéfficacité des politiques actuelles de réduction de l'utilisation des pesticides. Les analyses réalisées dans 10000 stations de surveillance, réparties sur l'ensemble du territoire français (métropole et DOM), révèlent en effet une augmentation alarmante de la contamination des rivières et des nappes d'eau souterraines par les herbicides, les fongicides et les insecticides. Des résidus de pesticides sont en effet maintenant présents dans 96% des rivières françaises et dans 61% des nappes souterraines (contre respectivement 75% et 57% en 2002). Parmi les 229 substances décelées dans les eaux de surface, les plus fréquentes sont des herbicides comme le glyphosate (le principe actif du Round-up) et son produit de dégradation l'acide amino-méthyle-phosphonique (AMPA), le diuron et l'isoproturon. Un autre herbicide particulièrement persistant, l'atrazine, interdit d'utilisation depuis 2001 est toujours présent dans les eaux souterraines. Dans de nombreux cas les concentrations des résidus de pesticides sont telles qu'elles peuvent nuire aux organismes aquatiques et qu'elles rendent l'eau impropre à la consommation sans un traitement préalable. Ainsi les eaux de près de la moitié des rivières françaises sont de qualité moyenne à mauvaise et près d'un tiers des eaux des nappes phréatiques, dont le renouvellement peut prendre plusieurs décennies, sont de qualité médiocre ou mauvaise. Ces chiffres sont d'autant plus inquiétants que les nouvelle substances phytosanitaires sont plus toxiques à de plus faibles doses et que les effets à long terme des résidus sur la santé et l'environnement sont encore mal connus. Pour protéger ses ressources en eau et son environnement, la France, troisième consommateur mondial de pesticides (70 000 tonnes par an) derrière les États-Unis et le Japon, devrait rapidement prendre de nouvelles mesures pour réduire l'utilisation de pesticides en agriculture. Plusieurs solutions existent (promotion de l'agriculture biologique, développement des outils de biocontrôle et des productions intégrées, etc. ) mais elles impliquent généralement une remise en cause du modèle agricole actuel, l'agriculture intensive, et nécessitent donc... un certain courage politique ! (OP)
> Communiqué de presse de l'Ifen (17.08.06)
> Les pesticides dans l'eau - données 2003 et 2004, les dossiers de l'Ifen No 5 (août 2006) [Télécharger au format PDF]
> Voir la carte de la qualité des eaux en 2004 (Futura-Sciences.com)
> Lire l'article "Les pesticides sont largement présents dans les rivières et les nappes d'eau" (LeMonde.fr, 19.08.06)
> La réaction du Mouvement des droits pour les générations futures

> Lire la nouvelle précédente : "Pesticides, agriculture et environnement : vers une production intégrée (INRA_Cémagref)" (PESTINfos, 19.12.05)

16 juin : Contamination en hausse des fruits et légumes par les pesticides en Europe (MDRGF). Selon des données inédites de la Commission européenne et recueillies en exclusivité par le Mouvement des Droits pour les Générations Futures (MDGRF), la contamination par les pesticides des fruits et légumes consommés en Europe serait en augmentation, et atteindrait même un niveau record ! L'analyse de 60 000 échantillons, prélevés dans toute l'Union en 2004, révèle que 47% des fruits et légumes sont contaminés par des résidus de pesticides, soit une augmentation de 3% par rapport à l'année précédente.  23.4% des échantillons testés présenteraient en outre plusieurs résidus de pesticides différents. Au total, 197 pesticides différents auraient été détectés contre 185 en 2003. Les chiffres concernant la France, qui sont généralement au dessus de la moyenne des contaminations européennes ne sont pas encore connus. Selon François Veillerette, Président du Mouvement pour les Droits des Générations Futures (MDRGF), "Cette situation est très inquiétante quand on connaît les propriétés cancérigènes, neurotoxiques, perturbatrice hormonales de nombres de ces pesticides (...). Le MDRGF demande de toute urgence au gouvernement français de se doter rapidement d’une politique de réduction de l’utilisation des pesticides, afin de limiter au maximum cette contamination alimentaire, qui constitue à juste titre la première crainte alimentaire des français et des européens". [Lire le communiqué du MDRG en format PDF] ; Source : www.pesticides-non-merci.com
> Le site du MDRGF
> Toutes les études scientifiques sur les pesticides par François Veillerette (blog)
> Lire la nouvelle précédente : Moins de pesticides dans les fruits et légumes (au Canada) ? (PESTInfos 30.01.06)

15 juin 2006 : Les poux font de la résistance. Une étude scientifique menée au Pays de Galles en Grande-Bretagne révèle que 80% des poux de tête (Pediculus humanus) qui infectent les écoliers gallois sont résistants aux pyréthrines et aux pyréthrinoïdes de synthèse. Ces derniers seraient ainsi devenus moins efficaces contre les poux que les organophosphorés, comme le malathion, d'autres insecticides neurotoxiques mais reconnus généralement plus dangereux pour la santé des enfants que les pyréthrinoïdes. Les poux deviennent donc de plus en plus difficile à éliminer. L'étude est basée sur un échantillon de 3000 écoliers du Pays de Galles, dont 8% se sont révélés infectés par des poux. À l'aide de techniques de biologie moléculaire, les chercheurs ont détectés dans 82% des parasites récoltés, des gènes de résistance aux pyréthrinoïdes. Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Thomas DR, McCarroll L, Roberts R, Karunaratne P, Roberts C, Casey D, Morgan S, Touhig K, Morgan J, Collins F, Hemingway J., 2006. Surveillance of insecticide resistance in head lice using biochemical and molecular methods. Arch Dis Child., édition électronique avancée du 14 juin 2006 [Résumé en anglais]
> Lire la nouvelle : Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse (PESTInfos 17.01.06)

11 juin 2006 : Le code de gestion des pesticides au Québec (Reportage de la Semaine verte à voir sur Radio-Canada). "Le gouvernement québécois a adopté un nouveau code de gestion des pesticides. Ce code interdit la vente et l’utilisation de certains produits chimiques sur nos pelouses, sur les terrains publics, parapublics et municipaux. La troisième phase de ce code de gestion vient d'entrer en vigueur. Dorénavant, il sera interdit d'utiliser un certain nombre de pesticides sur nos pelouses. Mais la réglementation ne s’applique pas en agriculture ni sur les terrains de golf". [Voir le reportage jusqu'au 11 août !] *Les reportages de la Semaine verte sont conservés pendant une période de 2 mois suivant leur télédiffusion.
> Pour en savoir plus sur le nouveau code de gestion des pesticides au Québec, visiter le site du Ministère du Développement durable, de l'environnement et des parcs >>>

8 juin 2006 : Le pesticide « Merit » est risqué pour la santé et l'environnement (CAP-Québec). Dans un communiqué émis le 15 mai 2006, la Coalition pour une alternative aux pesticides (CAP) met en garde la population québécoise contre les risques pour la santé et l'environnement du pesticide "Merit". Cet insecticide, dont l'ingrédient actif est l'imidaclopride soupçonné d'être responsable d'effets néfastes sur les abeilles dans diverses régions d'Europe, est commercialisé au Québec pour contrôler les vers blancs, à savoir les larves du hanneton commun (Phyllophaga anxia), du hanneton européen (Amphimallon majalis) ou du scarabée japonais (Popillia japonica), qui affectent les pelouses. Malgré le nouveau code de gestion des pesticides, qui 'en fait pas mention, le Merit est souvent utilisé abusivement comme "solution miracle et sécuritaire" par les entreprises professionnelles d'entretien des pelouses. Alors qu' il est vivement recommandé sur l'étiquette commerciale de ne pas cultiver de plantes comestibles dans l'année suivant l'application du Merit, la CAP dénonce l'absence d'avertissements pour les enfants qui jouent sur les pelouses traitées et les risques auxquels ils sont exposés. L'imidachlopride est un composé chloré neurotoxique, agoniste de la nicotine, et systémique qui pénètre dans les plantes et est véhiculé dans la sève. Le Merit et ses résidus toxiques peuvent persister jusqu'à 3 mois dans les gazons, plus d'une année dans les sols, mais aussi dans certaines circonstances contaminer les nappes phréatiques. D'autre part, ses propriétés toxiques peu spécifiques s'appliquent aussi bien aux vers blancs qu'aux abeilles pollinisatrices ou aux insectes qui les contrôlent naturellement (nématodes, guêpes parasitoïdes, etc.) et aux oiseaux qui les consomment en grand nombre. L'utilisation de ce pesticide est d'autant plus inutile qu' il est presque impossible d'éradiquer complètement les vers blancs, et il est donc préférable d'adopter des méthodes culturales préventives pour en limiter le nombre. Sur son site, la CAP propose aux adeptes inconditionnels des pelouses vertes d'autres solutions moins toxiques pour entretenir des "pelouses écologiques", et pour prévenir ou contrôler les insectes et maladies qui les ravagent. Enfin, il est important de souligner que l'abondance des surfaces gazonnées dans les banlieues du Québec n'est pas favorable à la biodiversité, et que leur fertilisation abusive contribue à l'eutrophisation de nombreux lacs ! (OP) [Lire le communiqué de la CAP en format PDF

24 mai 2006 : La Lucilie cuivrée australienne prédisposée à résister aux organophosphorés. La Lucilie cuivrée australienne, Lucilia cuprina (Diptère : Calliphoridé), provoque une myase très grave chez les moutons, et affecte particulièrement les élevages en Australie et en Afrique du Sud. Attirée par les replis laineux malodorants et humides des moutons, cette mouche verte y pond des oeufs, puis ses larves creusent des tunnels dans la chair de l'animal provoquant d'importantes lésions et des infections bactériennes mortelles si elles ne sont pas traitées. Dans les années 50, les éleveurs australiens ont utilisé des insecticides organophosphorés comme le diazinon pour combattre ces diptères. Mais la mouche est devenue très résistante en quelques années seulement. Récemment, des chercheurs australiens (CSIRO) et néozélandais ont découvert sur des mouches préservées, collectées avant l'utilisation des pesticides chimiques, la présence d'allèles mutants du gène de l'estérase E3, identiques à ceux qui confèrent la résistance au malathion, un autre insecticide organophosphoré (la protéine enzymatique E3 modifiée dégrade spécifiquement le malathion). L'allèle résistant au diazinon est la forme de résistance aux organophosphorés la plus répandue en Australie mais est rare dans les régions où la pression insecticide est plus faible. La présence d'allèles résistants au malathion chez les mouches préservées expliquerait donc la rapidité de la flambée de résistance aux organophosphorés en Australasie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : C. J. Hartley, R. D. Newcomb, R. J. Russell, C. G. Yong, J. R. Stevens, D. K. Yeates, J. La Salle, and J. G. Oakeshott, 2006. Amplification of DNA from preserved specimens shows blowflies were preadapted for the rapid evolution of insecticide resistance. PNAS Édition électronique avancée du 24 mai 2006 [Résumé en anglais]
> Voir des photos de la Lucilie cuivrée
> En savoir plus sur la lutte contre la Lucilie cuivrée en Australie : "La laine fétide" par Alain Fraval (Insectes No 137, 2005) [Document PDF]

17 mai 2006 : Une innovation majeure pour le traitement à cœur du bois (INRA). "Après six années de recherche, les chercheurs de l’unité INRA-INPT-ENSIACET de Toulouse et les équipes R&D de l’entreprise Lapeyre ont mis au point un traitement révolutionnaire pour le bois de construction. Le procédé Wood Protect®, breveté par Lapeyre et l’INPT, protège le bois à cœur contre les agressions extérieures tout en lui conférant une stabilité et une durée de vie inégalées. Ce traitement innovant repose sur un procédé chimique utilisant des réactifs naturels et non toxiques. Il s’inscrit donc parfaitement dans le nouvel axe prioritaire de la recherche, la « chimie verte », qui consiste à créer des produits chimiques plus respectueux de l’environnement, notamment à partir des ressources agricoles". [Pour en savoir plus] ; Source : INRA Presse Info
> "Le traitement du bois qui va couper l'appétit des termites. Découverte d'un produit 100 % végétal et 100 % non toxique" (PESTInfos 27.05.2005)

26 avril 2006 : Les herbicides pourraient favoriser la résistance des moustiques aux insecticides. Des chercheurs du laboratoire d'écologie alpine de Grenoble (Université Joseph Fournier) ont étudié les interactions possibles entre l'Atrazine, un puissant désherbant systémique, principal polluant des eaux et interdit d'utilisation en France depuis 2003, et la sensibilité des larves de moustiques aux insecticides. Leurs récents travaux, publiés dans la revue Chemosphere, montre qu'un contact (de 2 jours) des larves de moustiques Aedes aegypti avec l'Atrazine conduit à une diminution significative de leur mortalité lorsqu'elles sont traitées avec le larvicide biologique Bti ( Bacillus thuringiensis var. israelensis). L'Atrazine pourrait donc favoriser indirectement la résistance des moustiques vecteurs à certains insecticides comme le Bti et ainsi diminuer l'efficacité des traitements. Ces résultats sont d'autant plus intéressantes que les terres humides où s'accumulent les résidus d'herbicides chimiques sont aussi les écosystèmes privilégiés par les moustiques vecteurs pour se reproduire. Les campagnes de démoustication et de lutte antivectorielle devront donc prendre en compte ces nouvelles données écotoxicologiques pour assurer un contrôle efficace des invasions de moustiques. (OP) ; Réf. : Boyer S, Serandour J, Lemperiere G, Raveton M, Ravanel P., 2006. Do herbicide treatments reduce the sensitivity of mosquito larvae to insecticides? Chemosphere, édition électronique avancée du 27 mars 2006 (courte communication sous presse) [Résumé en anglais sur PubMed]

30 mars 2006 : L'exposition professionnelle aux pesticides agricoles augmenterait le risque de tumeur cérébrale. Dans le cadre d'un important programme sur les cancers professionnels, l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC) et la FNATH, une association des accidentés de la vie ont publié le 22 mars dernier,  les premiers résultats d'une  étude sur l'impact des pesticides et des produits phytosanitaires sur les tumeurs cérébrales. L’étude "Cerephy" a en effet permis de mettre en évidence que les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par 2,6 pour les populations agricoles les plus exposées professionnellement à ces produits et par plus de 3,2 pour certains types de tumeurs du cerveau (gliome). L'étude a été menée en Gironde, une région viticole du sud-ouest de la France particulièrement consommatrice de pesticides, sur un échantillon limité de 221 patients atteints de tumeurs cérébrales et de 442 personnes témoins indemnes. Ces résultats concernent également les personnes qui entretiennent leurs plantes d’intérieur avec ces produits. Compte tenu de l'échantillon limité, les résultats apparaissent peu significatifs mais rendent nécessaires des études à plus large échelle. Dans l'attente, les auteurs du rapport préconisent de prendre des précautions pour diminuer le niveau d’exposition des agriculteurs et des jardiniers amateurs aux pesticides, par exemple par le port d'équipements de protection (masque, gants,...) ou la modification du mode d'épandage. (OP)
> Consulter le dossier de presse publié sur le site de l'ARC (Colloque cancers professionnels ARC / FNATH - 03/2006
, fichier PDF à télécharger) >>>
> Lire la dépêche de l'AFP : Les pesticides font augmenter le risque de tumeur cérébrale (Cyberpresse Sciences, 22.03.06)

22 février 2006 : Les pesticides, hôtes indésirables et dangereux des fruits et légumes (LeMonde.fr). La presque totalité des fruits et légumes consommés en Europe contiennent des traces de résidus pesticides. Plusieurs produits chimiques, y compris certains qui ne sont pas autorisés, sont détectés dans les salades, les carottes, les agrumes, les poires, les raisins, ... mais aussi dans la nourriture pour bébé. Selon la direction générale de la protection des consommateurs de la Commission européenne, 95% des échantillons testés ne dépassent pas la limite maximale autorisée. Mais pour le professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l'Hôpital européen Georges-Pompidou et fondateur de l'Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse (Artac), ces limites réglementaires ne sont pas suffisantes pour protéger les gens contre les maladies car les résidus de pesticides s'accumulent dans les graisses humaines. De nombreuses études scientifiques les soupçonnent de perturber le système endocrinien et d'être à l'origine de certains cancers. En encadré, Le Monde rapelle à ses lecteurs de nettoyer soigneusement les fruits et légumes afin de réduire leur contamination (OP) ; Source : Le Monde
> Moins de résidus de pesticides sur les fruits et légumes ? (PESTInfos 30.01.06)
> Les produits "bio" réduiraient l'exposition des enfants aux pesticides (PESTInfos 02.11.05)

15 février 2006 : Concilier exigences écologiques, toxicologiques et économiques : la production intégrée (INRA). "Produire de façon économiquement viable et respectueuse de l'environnement, c'est l'objectif de la production intégrée, une approche de l'agriculture encore mal connue. Un projet de recherche transversale et pluridisciplinaire intitulé "production fruitière intégrée" a été mené pendant 4 années par l'INRA et le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes). L'objectif principal a été de mettre au point des méthodes de lutte alternatives aux pesticides chimiques. Le succès de ce programme Production Fruitière Intégrée permet d'envisager la mise en place d'un programme similaire pour la production de légumes." [Lire] ; Source : Service de presse de l'INRA

15 février 2006 : Pesticides et milieux aquatiques : quels impacts ? quels risques ? (INRA). "Les pesticides, produits visant à la destruction d'organismes vivants jugés indésirables, sont utilisés depuis de nombreuses années dans différents domaines, comme l'agriculture, mais aussi l'entretien des infrastructures routières et ferroviaires, le traitement du bois ou bien encore divers usages privés (jardinage, traitement des locaux…). Les pesticides retrouvés dans les milieux aquatiques proviennent à la fois d'usages agricoles et non-agricoles. L'agriculture évolue vers une amélioration de leur usage visant à réduire leur dispersion en dehors des zones traitées et leurs impacts sur l'environnement. L'agriculture évolue vers une amélioration de leur usage visant à réduire leur dispersion en dehors des zones traitées et leurs impacts sur l'environnement." [Lire] ; Source : Service de presse de l'INRA
> D'autres liens :Dossier Salon International de l'Agriculture - Pesticides et milieux aquatiques Évaluation des effets écologiques à long terme de la démoustication dans le Morbihan (INRA 14.02.06) ;
Des écosystèmes miniatures pour évaluer le risque écotoxicologique des pesticides (INRA 14.02.06)

30 janvier 2006 : Moins de résidus de pesticides sur les fruits et légumes ? Selon une étude menée par la Commission de coopération environnementale de l'Amérique du Nord (CEE), la proportion de fruits et légumes contenant des traces de résidus de pesticides aurait nettement diminuée au Canada au cours des dernières années. L'étude, basée sur des données fournies par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) montre en effet une diminution de 12 % à 4 % entre 1995 et 2002 de la proportion des fruits et légumes frais, locaux et importés, contenant des traces d'insecticides organophosphorés. Ces résultats suggèrent une réduction significative de l'exposition attribuable aux pesticides. Cependant, la même étude révèle que l'utilisation des insecticides organophosphorés aux États-Unis a diminué de 44%, alors que la proportion de fruits, légumes et céréales présentant des traces de résidus d'organophosphorés y a varié de 14 à 29%  de 1994 à 2003. Une étude indépendante américaine, présentée en novembre dernier au congrès de la Society of Toxicology and Chemistry, révèle en outre que des légumes certifiés biologiques contiendraient aussi des traces de résidus de pesticides. Des carottes certifiées biologiques présentaient en effet des traces de résidus d'insecticides organochlorés (produits de dégradation du DDT, Chlordane et Heptachlore), pourtant interdits depuis plusieurs années. Ces résultats soulignent que le délai de 3 ans sans traitements phytosanitaires nécessaire pour la certification biologique est probablement insuffisant pour "nettoyer" le sol de ces résidus particulièrement persistants. (OP) ;  Sources : Cyberpresse.ca ; Réf. : > CEE - La santé des enfants en Amérique du Nord. Premier rapport sur les bioindicateurs et les mesures disponibles (volume 1), Chapitre sur les pesticides p. 68-73 :  document PDF à télécharger sur le site CCE.org ; > Lire aussi : Organic vegetables not pesticide free (Environmental Science & Technology, 11.01.2006)

17 janvier 2006 : Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse. Selon des chercheurs français de l'INSERM, les femmes qui ont été exposées au cours de leur grossesse à des insecticides domestiques incluant les shampooings anti-poux (généralement composés de pyréthrinoïdes, lindane et malathion) ont deux fois plus de risques de mettre au monde des enfants souffrant de leucémie aiguë. De 1995 à 1999, une vaste étude de cas témoin a été menée auprès de 280 mères d'enfants malades et de 288 mères d'enfants non leucémiques. Selon Florence Ménégaux, l'auteure de la récente publication, les résultats de cette étude "confirment l'hypothèse selon laquelle divers types d'exposition aux insecticides peuvent constituer des facteurs de risque pour la leucémie aiguë chez l'enfant".  (OP) ; Source : Radio-Canada ; Réf. : F. Menegaux, A. Baruchel, Y. Bertrand, B. Lescoeur, G. Leverger, B. Nelken, D. Sommelet, D. Hémon, J. Clavel, 2006. Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia. Occupational and Environmental Medicine 2006;63:131-13 [Abstract] [Full text]
>Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) : espace presse

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2005 [27 nouvelles]
 

19 décembre 2005 : Pesticides, agriculture et environnement : vers une "production intégrée" (INRA-Cemagref).
 En assurant depuis plus de 60 ans de hauts rendements agricoles, les pesticides chimiques ont permis le développement d'une agriculture intensive et productiviste. Le système agro-industriel français, tourné vers la productivité, est le 3ème consommateur mondial de pesticides (75120 tonnes vendues en 2004 dont 57300 tonnes de pesticides chimiques, selon les données de l'UIPP publiées en 2004, soit environ 5kg/hectare cultivé/an). Cependant l'utilisation intensive de pesticides n'est pas sans conséquences néfastes sur l'environnement. Toxiques et persistants, ils sont devenus aujourd'hui une source importante de perturbation des écosystèmes et leurs résidus dans l'eau et les aliments menacent aussi la santé humaine. Leur emploi répété sur de grandes surfaces conduit aussi rapidement au développement de populations de bio-agresseurs (adventices, insectes ravageurs, champignons phytopathogènes) résistantes qu'il devient de plus en plus difficile de contrôler d'autant plus que l'agriculture intensive accroît les risques phytosanitaires. La réduction des pesticides et de leurs impacts environnementaux devient donc une nécessité d'autant plus que le contexe réglementaire européen devient de plus en plus exigeant.


Photo
: Olivier Peyronnet, avril 2003, mosaiques de cultures dans les pyrénées orientales

La gestion des questions phytosanitaires est à ré-envisager plutôt sous l'angle de la "santé des systèmes de culture" que du point de vue de la "lutte contre les ennemis des cultures"

Dans ce cadre, une expertise scientifique a été menée conjointement par l'INRA et l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref). Ses résultats ont été rendus public jeudi dernier, le 15 décembre, lors d'un colloque qui s'est tenu à Paris. Selon les auteurs de cette étude, une utilisation "raisonnée" des pesticides avec le maintien du système productif actuel est difficilement tenable à long terme. D'autre part, les méthodes alternatives de contrôle biologique ont aussi montré leurs limites quant à leur efficacité ou leur facilité d'emploi. Enfin, la réduction de pesticides promise par les OGM n'a toujours pas été démontrée. Face à cette situation, les experts préconisent de changer le modèle agricole actuel en mettant en place un système de "production intégrée" visant à prévenir les risques phytosanitaires. Leur étude montre par exemple que l'utilisation de variétés de blé "rustiques", au rendement plus faible, permet de réduire les risques phytosanitaires et les consommations de pesticides tout en étant aussi rentables que les variétés plus productives. La mise à profit de cette biodiversité variétale, la revalorisation de la rotation des cultures, une plus grande adaptation aux terroirs locaux combinées à une politique volontariste et incitative de réduction des pesticides à l'instar de celle menée au Danemark, sont des pistes à suivre ... (OP) ; Source : INRA Presse Info (communiqué de presse)

Réf. : Aubertot J.N., Barbier J.M., Carpentier A., Gril J.J., Guichard L., Lucas P., Savary S., Savini M., Voltz M. (eds), 2005, Pesticides, agriculture et environnement : réduire l'utilisation des pesticides et limiter leurs impacts environnementaux, synthèse du rapport d'expertise, 68 p. [PDF] ; Résumé de l'expertise, 8 p. [PDF]
>À lire aussi les 2 articles parus dans Le Monde (17.12.05) : Changer l'agriculture pour réduire les pesticides ; La politique volontariste du Danemark porte ses fruits

7 décembre 2005 : Le miel et les produits chimiques. Alors que le combat contre les insecticides systémiques Gaucho® et Régent® semble avoir porté fruit dans certaines régions françaises, où les récoltes de miel s'améliorent enfin, la controverse ressurgie en Belgique. Selon une récente étude menée par des chercheurs de la Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux, il n'est pas possible de confirmer l’impact des pesticides sur la mortalité des abeilles. Les scientifiques belges mettent plutôt en cause l'épidémie de varroase, une maladie acarienne s'attaquant aux abeilles, et son traitement par des acaricides comme la roténone ou le fluvalinate (Apistan®). Source : Revue de presse de la mission des Agrobiosciences du 11 octobre 2005 (Le Monde, Le Soir et La Libre belgique) 

5 décembre 2005 : La difficile élimination du bromure de méthyle. Le bromure de méthyle est un puissant fumigant non sélectif utilisé pour lutter contre les micro-organismes pathogènes (bactéries, champignons et nématodes parasites) et les mauvaises herbes. Il est principalement utilisé pour "protéger" les cultures de fraises et de tomates et pour désinfecter les stocks de marchandises (céréales, bois). Onéreux et très toxique pour les animaux et les personnes, le bromure de méthyle est aussi très néfaste pour l'ozone atmosphérique. Dans la stratosphère, le bromure serait en effet 60 fois plus destructeur pour l'ozone que le chlore des CFC. Selon le Protocole de Montréal adopté en 1987, ce dangereux pesticide devait être totalement éliminé des pays industrialisés en 2005. L'an dernier, les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d'Europe dont la France avaient demandé d'être exonérés de leur engagement. Cette année, les États-Unis renouvellent leur demande d'exonération pour les prochaines années. Ces demandes devraient être examinées au cours d'une réunion qui débute aujourd'hui à Dakar au Sénégal. (OP) [En savoir plus] ; Source : Sciences et Avenir
>Lire la nouvelle : demande de dérogation pour le bromure de méthyle (PESTInfos 24.03.04)

14 novembre 2005 : Des substances chimiques toxiques polluent l'organisme des Canadien(ne)s. Une étude pancanadienne réalisée par le groupe Défense environnementale révèle la présence de nombreux polluants dans l'organisme de citoyens canadiens. L'étude a permis de détecter dans le sang de chacun des 11 volontaires un cocktail de substances chimiques néfastes dont 10 insecticides organochlorés et des métabolites de dialkyl phosphate qui sont des produits de dégradation des insecticides organophosphorés comme le parathion, le diazinon, le malathion et le chloropyrifos [Lire le communiqué de presse] ; Source : Défense Environnementale
>Consulter le rapport : Une Nation Toxique, Rapport sur la Pollution chez les Canadiens (versionPDF) 

2 novembre 2005 : Les produits "bio" réduiraient l'exposition des enfants aux pesticides. Des résidus de pesticides et d'herbicides se retrouveraient dans l'urine des enfants qui consomment des aliments issus de l'agriculture industrielle. Mais on n'en décèlerait pas chez ceux qui mangent des aliments "bio". C'est ce que révèlent les résultats d'une récente étude menée par des chercheurs américains du National Institute of Environmental Health Sciences [Lire] ; Source : Passeportsanté.net ; Réf. : Lu C, Toepel K, Irish R, Fenske RA, Barr DB, Bravo R., Organic Diets Significantly Lower Children's Dietary Exposure to Organophosphorus Pesticides, Environ Health Perspect. 2005 (sous presse) [Abstract]

28 octobre 2005 : Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées. Les insectes des denrées stockées posent de nombreux problèmes dans les silos à grains, les moulins à farine et les usines de transformation alimentaire. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), 5 à 10% des céréales sont perdus au cours de leur entreposage. La protection des grains et des denrées stockées se fait par des moyens physiques comme l'aération de silos, et par l'utilisation de nombreux insecticides de synthèse dont certains sont dangereux pour la santé humaine. La résistance de des insectes des denrée stockées aux insecticides et la contamination des aliments par des résidus d'insecticides ont poussé les chercheurs à s'intéresser à d'autres types d'insecticides moins toxiques. Au cours du congrès de la Société d'entomologie du Québec (SEQ), qui s'est tenu cette année à Orford (Cantons de l'Est), Paul Fields du Centre de recherche sur les céréales à Saskatoon (Agriculture et Agroalimentaire Canada) a présenté deux alternatives prometteuses aux insecticides de synthèse : (i) Constituée des coques de silice d'algues unicellulaires, la terre de diatomées est une poudre très fine qui absorbe la cire de la cuticule des insectes provoquant leur déshydratation ; (ii) Les extraits de farine de pois contiennent de petits peptides, des saponines et des lysolecithines qui ont des effets toxiques et antiappétents pour les insectes de denrée stockées sans affecter leurs parasites. Source : Société d'entomologie du Québec, Paul Fields, Wes Taylor et Xingwei Hou, Travail dans la noirceur : Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées, 132ème réunion annuelle de la Société d'entomologie du Québec, Orford, 28 octobre 2005 [Résumé]
>Pour en savoir plus (en anglais) : Enhancement of protein-rich pea flour against stored-product insects and its affect on the insect midgut (ARDI, Agri-Food Research and Development Initiative, Manitoba)

28 octobre 2005 : OGM : Une plante sauvage devenue résistante aux herbicides. Pendant qu'une étude mexicaine (voir la nouvelle "Les OGM: bonne nouvelle" de l'Agence Science-Presse du 12/09/05) réfute la crainte qu'ils aient pris la place d'une plante "normale", une étude britannique conclut qu'ils seraient au contraire en train de donner naissance à une plante hybride. D'après le quotidien britannique The Guardian qui cite des chercheurs du Centre d'écologie et d'hydrologie de Dorset, des gènes d'une version génétiquement modifiée du colza se seraient en effet mêlés à une plante sauvage voisine pour créer une nouvelle plante résistante aux herbicides. Source : Agence Science-Presse
>Lire l'article du Guardian (en anglais) : GM crops created superweed, say scientists (Paul Brown)

25 octobre 2005 : L’enzyme nettoyeuse. Sans la présence de cette enzyme, elle-même logée dans une bactérie, la pollution des sols arrosés par un pesticide aurait été considérable. Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord (USA) ont en effet découvert que les résidus tenaces d’un pesticide étaient dégradés en un clin d’œil par une enzyme de la bactérie Pseudomonas pavonaceae. Cette dernière prolifère dans les champs de pommes de terre, par ailleurs arrosés d’un produit destiné à tuer des vers parasites, le 1,3-dichloropropène [suite] ; Source : Sciences et Avenir

17 octobre 2005 : Le Lindane pourrait être bannit d'Amérique du Nord d'ici 10 ans ? La Commission de coopération environnementale (CCE) a rendu public le 5 octobre dernier l'ébauche d'un plan d'action relatif au lindane. Ce plan d'action vise la réduction ou l'élimination de l'utilisation du lindane en Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique) d'ici les dix prochaines années. Le lindane est une substance chimique toxique de la famille des organochlorés utilisée comme insecticide agricole et vétérinaire, et également comme médicament pour le traitement des poux et de la gale. Ce polluant organique persistant à grande dispersion, qui s'accumule dans les organismes vivants, a été largement répandu pendant des décennies. Cette substance cause des irritations cutanées et des nausées, et elle peut entraîner des convulsions et même la mort en cas d'exposition aiguë à des niveaux élevés. Au Canada, l'utilisation du lindane comme médicament est actuellement la seule utilisation autorisée [Lire et télécharger le rapport] ; Source : Commission de coopération environnementale de l'Amérique du Nord (CCE)
>Dossier sur le lindane (CEE, 2002) : télécharger le fichier PDF
>>>Le lindane a été interdit en 1998 par la Communauté économique européenne sous l'action des ONG. Il continue néanmoins à être très utilisé dans les pays en voie de développement, en particulier dans les plantations de cacao, où il est responsable de cancers chez les agriculteurs non formés ni protégés qui le manipulent. Très persistant, il s'accumule dans l'environnement et dans la chaine alimentaire. En 1997, une étude scientifique avait démonté que 15 à 20% des femmes Inuit présentait des taux de lindane susceptibles d'être dangereux pour leur santé. Le réseau américain Pesticide Action Network milite depuis plusieurs années pour son interdication au niveau international [En savoir plus sur la campagne "Ban Lindane Now!"] (en anglais). Selon, le PAN, les États-Unis ralentiraient les tentatives d'interdire de lindane au niveau nord-américain (Voir "U.S. Blocks Progress on North America Phase Out of Lindane"). 

6 octobre 2005 : Détoxifier les effluents phytosanitaires des exploitations agricoles. Des chercheurs français de l'INRA de Dijon étudient un procédé utilisant les propriétés naturelles de détoxification du sol pour traiter les effluents phytosanitaires. Ce procédé limite considérablement les risques de transfert des résidus phytosanitaires vers les eaux de surfaces ou les nappes phréatiques. Le procédé, appelé "biobac", peut être installé à coût réduit dans les exploitations. [Fiche de Presse] ; Source : INRA Presse Info

  21 septembre 2005 : Matières plastiques et pesticides pourraient altérer la fertilité masculine. Quels sont les effets d'une exposition prolongée aux faibles doses de polluants présents dans l'environnement ou l'alimentation ? La question est, de longue date, débattue dans la communauté scientifique. Une étude américano-danoise, publiée dans l'édition d'août de la revue Environmental Health Perspectives , apporte un nouvel élément à ces discussions. Elle indique que des substances rangées dans la catégorie des perturbateurs endocriniens, administrées aux doses présentes dans l'alimentation courante, ont un effet mesurable sur le développement du foetus. [Lire l'article du Monde]
>Réf. : S.H. Swan, K.M. Main, F. Liu, S.L. Stewart, R.L. Kruse, A.M. Calafat, C.S. Mao, J.B. Redmon, C.L. Ternand, S. Sullivan, J.L. Teague, and the Study for Future Families Research Team, Decrease in Anogenital Distance among Male Infants with Prenatal Phthalate Exposure, Environmental Health Perspectives Volume 113, Number 8, August 2005 [Abstract]

16 septembre 2005 : Némagon : la loi des compagnies bananières au Nicaragua. A Ciudad Nemagon vivent des centaines de personnes malades à cause d’un puissant pesticide du même nom, qui tue non seulement les nématodes de la banane mais aussi les personnes. Ce produit a été utilisé abondamment par des entreprises bananières états-uniennes au Nicaragua et dans d’autres pays, même après avoir été interdit aux Etats-Unis quand ses effets cancérigènes ont été prouvés. Les puissantes transnationales qui l’ont fabriqué et utilisé font pression pour que, dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Amérique Centrale (TLCCA, sigles en espagnol), les plaintes de plus de vingt mille paysans malades soient oubliées [...] ; un article de Jesus Ramirez Cuevas (la Jordana) traduit en français par le Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine (Risal)
>À lire, sur les vitimes du Némagon (Risal)

13 septembre 2005 : 9% de la population en France boit une eau contaminée par des pesticides. Une étude réalisée en 2002 et 2003 par le Ministère de la santé révèle que plus de 5 millions de français ont été alimentés par une eau du robinet plus chargée en résidus de pesticides que les limites de qualité réglementaires. Bien que l'eau du robinet soit globalement de bonne qualité, ces nouvelles données confirment la présence permanente de de pesticides et nitrates dans les rivières et eaux souterraines françaises. Les pesticides et les nitrates, principalement émis par l'agriculture, sont soupçonnés d'être à l'origine de cancers, de troubles neurologiques et de la reproduction. [Dépêche AFP / Yahoo actualités]
>>>Lire le dossier de presse sur le site du ministère (document .pdf)

12 août 2005 : Surveillance de l’exposition aux insecticides dans la population de l’île de Montréal. L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et la Chaire en analyse des risques toxicologiques de l'Université de Montréal entreprennent une recherche sur l'exposition aux pyréthrinoïdes dans la population de l'île de Montréal. Les pyréthrinoïdes sont une gamme de pesticides utilisés en agriculture, en horticulture, dans la maison, en médecine vétérinaire et humaine et en santé publique contre les maladies transmises par des insectes. Le programme vise à déterminer la distribution de l'exposition réelle à ces produits dans la population montréalaise.[communiqué de l'INSPQ]

4 août 2005 : Le Roundup serait-il responsable de la disparition des batraciens ? Depuis le début des années 60, les amphibiens disparaissent petit à petit de la surface de la Terre. 32 % d’entre eux sont menacés d’extinction à court terme. Bien que les les raisons de cette hécatombe demeurent encore inconnues, de nouvelles études scientifiques, publiées cette semaine dans le journal Ecological Applications, révèle que le Roundup, l'herbicide le plus utilisé dans le monde, causerait la mort des tétards et des grenouille à de faibles concentrations. Le produit en cause n’est pas le glyphosate lui-même mais un additif utilisé pour faciliter la pénétration de l'herbicide dans les feuilles. [Lire] ; Source : Sciences et Avenir ; Réf. : Rick A. Relyea, 2005, The lethal impact of Roundup on aquatic and terrestrial amphibians, Ecological Applications Vol. 15, No. 4, pp. 1118–1124 [Abstract]

3 juin 2005 : Pesticides : une toxicité héréditaire. Des composants chimiques toxiques, présents dans certains pesticides, peuvent perturber la fertilité des rats mâles sur quatre générations, selon une étude publiée aujourd’hui dans la revue Science. Les chercheurs ont injecté ces produits chez des femelles enceintes, à un stade crucial pour le développement des organes sexuels des foetus. La fertilité des rejetons mâles était affectée, ont constaté Michael Skinner et ses collègues, et les descendants de ces rats souffraient des mêmes problèmes jusqu’à quatre générations. Bien que ces résultats ne peuvent être directement extrapolés à l'Homme, les pesticides sont connus pour perturber le système hormonal des mammifères. Source : Science et Avenir ; >Pour en savoir plus :perturbateurs endocriniens (Environnement Canada)

30 mai 2005 : Plus de 30 000 tonnes de pesticides toxiques en Amérique latine. Les quantités de pesticides toxiques inutilisés ou obsolètes en Amérique latine (principalement en Colombie, Bolivie et Paraguay) sont estimées par la FAO entre 30 000 et 50 000 tonnes. Ces pesticides aujourd'hui interdits ont été stockés au cours des 30 dernières années. Les stocks périmés sont une source importante de contamination de l'environnement et posent de graves problèmes de santé publique. La FAO lance un appel à ses bailleurs de fond afin de financer les opérations de nettoyage et de destruction de ces agrotoxiques. [Lire le communiqué de la FAO]

27 mai 2005 : Le traitement du bois qui va couper l'appétit des termites. Découverte d'un produit 100 % végétal et 100 % non toxique. Termites, capricornes et champignons sont de dangereux ennemis du bois de construction. Mais les produits utilisés pour le défendre sont toxiques pour l'homme et polluants pour l'environnement. La plupart seront d'ailleurs interdits à partir de 2008 par une directive européenne de 1998 sur les biocides. D'où l'intérêt de cette découverte d'un laboratoire toulousain qui pourrait apporter aux industriels du bois une solution 100 % végétale et 100 % non toxique. L'Asam (anhydride succinique d'alkénoate de méthyle) est une molécule produite à partir d'huile de colza ou de tournesol. Selon Carlos Vaca-Garcia, chercheur qui pilote le projet dans le laboratoire de chimie agro-industrielle de l'Ensiacet*, l'Asam n'est pas un biocide. " Grâce à une réaction chimique produite dans un autoclave, la molécule va s'accrocher dans le bois en profondeur et empêche l'eau d'y pénétrer, ce qui évite les champignons. Elle trompe aussi les insectes en leur faisant croire que le bois n'est plus de la cellulose. Pour les termites et les capricornes, le bois devient comme de l'acier : plus du tout appétissant ! ". En fait, l'Asam transforme la cellulose en ester de cellulose, que les insectes xylophages ne peuvent plus digérer faute d'enzyme adéquate. [article de Libération] ; * Ensiacet : Ecole nationale supérieure des arts chimiques et technologiques, membre de l'Institut national polytechnique de Toulouse (Laboratoire de chimie agro-industrielle)

15 mai 2005 : Guerre du soja au Paraguay : le napalm de Monsanto. Le petit pays sud-américain est devenu en quelques années le troisième exportateur et le quatrième producteur mondial de soja, en déplaçant des centaines de milliers de paysans de leurs terres et en traquant ceux qui résistent entre la répression et l’intoxication par les fumigations massives d'herbicides (glyphosate et du paraquat) [Lire l'article de Raúl Zibechi] ; Source : RISAL
>L'argentine malade du soja transgénique (24 avril 2005)

9 mai 2005 : Le vol du bourdon affecté par l'insecticide naturel Spinosad. Dans une étude récente publiée dans dans la revue Pest Management Science, l’équipe de Lora Morandin, de l’Université Simon Fraser (Colombie-Britanique) a observé que les bourdons sauvages, exposé à l'insecticide naturel Spinosad, dès l'état larvaire sont beaucoup moins habiles à l'âge adulte pour butiner. Selon les chercheurs canadiens, ces effets pourraient à terme affaiblir la santé des colonies de bourdons qui sont, comme les abeilles, très utiles pour la pollinisation des plantes agricoles. [Lire] ; Source : Sciences et Avenir ; Réf. : Lora A Morandin, Mark L Winston, Michelle T Franklin, Virginia A Abbott, 2005, Lethal and sub-lethal effects of spinosad on bumble bees (Bombus impatiens Cresson), Pest Management Science (in press) [Abstract]
>Le spinosad (mélange de spinosyne A et spinosyne D) appartient à une nouvelle classe de molécules insecticides naturelles produites par fermentation par la bactérie actinomycète Saccharopolyspora spinosa. L'insecticide, qui agit au niveau du système nerveux de l'insecte (activation des récepteurs nicotiniques), est commercialisé dans plusieurs pays par Dow AgroSciences depuis 1998 pour le contrôle de nombreux insectes ravageurs agricoles [En savoir plus]. Peu nocif pour l'environnement en comparaison avec les insecticides synthétiques, le Spinosad est, jusqu'à présent, généralement considéré comme une alternative compatible avec l'agriculture biologique.

4 mai 2005 : La marche sans retour des victimes du Nemagon.  Au Nicaragua, cinq mille personnes affectées par le pesticide Nemagon campent depuis presque deux mois à Managua devant le bâtiment de l’Assemblée nationale, où ils sont arrivés après une marche à pied (...) Le Nemagon, dont l’ingrédient actif est le dibromochloropropane (DBCP), est un puissant nématicide qui a été largement utilisé pendant des décennies dans les cultures fruitières particulièrement dans les plantations de bananes d'Amérique centrale (Costa-Rica, Nicaragua, etc.). Pourtant, dès 1958, Dow Chemical, pionnière dans la fabrication du Nemagon, avait détecté que le produit causait atrophies testiculaires, stérilité et maux sévères aux poumons et aux reins d’animaux de laboratoire. [Lire l'article de Carlos Amorin] ; Source : Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine (RISAL)
>Voir la galerie de photos réalisées par Jérôme SessiniI sur les victimes du Nemagon "Les oubliés de Chinandega"
>À Lire aussi l'article "La plaie des agrotoxiques" de Hernan Hermosilla (La Insignia, 2003)

31 mars 2005 : Enquête sur les effets des pesticides chez les agriculteurs. La première enquête épidémiologique de grande ampleur sur les liens entre pesticides et cancers est lancée cette année par la Mutualité Sociale Agricole (MAS) en France, et pour cause : les agriculteurs sont les plus exposés aux fongicides, herbicides et insecticides. Les expérimentations animales ont montré que ces produits sont cancérigènes mais leurs effets sur l’homme sont encore mal connus. En France, l’un des plus gros consommateurs de pesticides au monde, aucune enquête au long cours n’a été menée. [En savoir plus]

23 mars 2005 : La culture d'OGM à grande échelle défavorable à la biodiversité. Les derniers résultats des Farm-Scale Evaluations (FSEs), financées par la Grande-Bretagne, pour évaluer les effets des cultures transgéniques sur la biodiversité montrent que les abeilles et les papillons sont moins nombreux dans les champs de colza d’hiver génétiquement modifié pour tolérer un herbicide (le glufosinate) que dans les champs semés avec du colza conventionnel. Les chercheurs notent que l'appauvrissement de la faune et de la flore observé est cependant liée aux conditions d'épandage des herbicides. Ainsi, le glufosinate, qui a un spectre d'action plus étendu et qui est appliqué plus précocement que les herbicides utilisés dans les cultures conventionnelles, tue d'avantage les plantes sauvages qui favorisent la présence des insectes. Source : Sciences et Avenir ; Réf. : Bohan D.A. et al., Effects on weed and invertebrate abundance and diversity of herbicide management in genetically modified herbicide-tolerant winter-sown oilseed rape, Proceeding of the Royal Society B (2005) 272, 463–474 [PDF].

14 mars 2005 : Le Round-up n'intoxique pas que les mauvaises herbes. Des études françaises montrent in vitro des effets indésirables du glyphosate, substance active de l'herbicide de Monsanto le plus utilisé dans le monde. Le possible mécanisme d'une cancérogenèse évoqué par ces travaux reste à prouver chez l'homme. L'enjeu est de taille, puisque l'utilisation du glyphosate croît avec celle des organismes génétiquement modifiés, dont la grande majorité a été spécifiquement conçue pour "tolérer" ce produit actif, fatal aux végétaux. [Lire]. Source : Le Monde. >>> Réf. : Richard S., Moslemi S., Sipahutar H., Benachour N., Seralini G.E. Differential effects of glyphosate and Roundup on human placental cells and aromatase, Environmental Health Perspectives in-press

8 mars 2005 : Le Brevet du Neem annulé par le Bureau Européen des Brevets.
L'Office Européen des Brevets (EPO) a définitivement et irrévocablement annulé un brevet accordé à un fongicide dérivé d'un arbre indien aux vertus médicinales, le neem (appelé aussi le margousier). Le brevet avait été déposé en 1990 par le ministère de l'agriculture des États-Unis et une firme multinationale américaine. Les antagonistes ont demandé l'invalidation du brevet car les vertus fongicides du neem étaient connues et son utilisation répandue en Inde depuis plus de 200 ans pour la fabrication d'insecticide, de savons, de cosmétiques et de contraceptifs. En annulant ce brevet, l'EPO a reconnu que le brevet revenait à du biopiratage et que le processus pour lequel ce brevet avait été accordé était utilisé en Inde depuis des temps immémoriaux. Cette victoire est le résultat d'un recours déposé, il y a cinq ans, par Vandana Shiva scientifique indienne de réputation internationale, Magda Alvoet, consultante belge pour le programme des Nations unies pour l'environnement, et la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM). Leur action a été massivement soutenue par les paysans indiens qui ont fait parvenir 500 000 signatures exigeant cette révocation.Cette bataille gagnée a des implications sur d'autres cas de biopiratage ainsi que sur des amendements au droit des brevets indien (pour se conformer aux règles de l'OMC). Source : Radio-Canada
>>> Les extraits de neem (Azadirachta indiqua - Meliaceae), qui sont composés de plus de 50 matières actives différentes (de la famille des limoïdes) présentent aussi une grande potentialité insecticide sur plus de 300 espèces d'insectes ravageurs. 

5 mars 2005 : Les pesticides liés aux grenouilles hermaphrodites. Selon une récente étude américaine de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, la proportion de grenouilles hermaphrodites (possédant à la fois des organes mâles et femelles) a fortement augmenté dans l'État de l'Illinois avec l'apparition et la généralisation de produits chimiques organochlorés, les biphényles polychlorés (BPC) et le DDT, un insecticide aujourd'hui interdit. L'étude a été réalisée sur des grenouilles de l'espèce rainette grillon (Acris crepitans) conservées dans les muséums d'histoire naturelle depuis 1852 et qui ont aujourd'hui quasiment disparu.  Cette nouvelle étude confirme la corrélation entre les malformations sexuelles chez les batraciens et les fortes concentrations des pesticides accumulés et transportés dans l'environnement. Les pesticides pourraient être ainsi à l'origine de l'important déclin des populations de grenouilles observé ces dernieres années à l'échelle de la planète, y compris au sein des parcs naturels et réserves protégées. [Plus]
Réf. : Amy L. Reeder et al., Intersexuality and the Cricket Frog Decline: Historic and Geographic Trends, Environmental Health Perspectives Volume 113, Number 3, March 2005 [Abstract]

1er mars 2005 : Le lobby des pesticides accusé de publicité mensongère. Alors que l'agriculture française consomme en moyenne 107 000 tonnes de pesticides chaque année (2ème rang mondial derrière les États-Unis), que 75 % des 1 500 cours d'eau analysés sont contaminés par des pesticides, ainsi que 57 % des 3 600 nappes souterraines (données d'après l'Institut français de l'environnement), que de nombreuses études scientifiques démontrent leur toxicité pour la santé et l'environnement, que le Régent et le Gaucho sont accusés d'être responsables de la disparition de 300 000 ruches françaises depuis 1994, le lobby agrochimique, l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) s'est lancée dans une vaste action de communication publicitaire pour tenter de redorer le blason des produits phytosanitaires auprès du public français. Pour François Veillerette, du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), «l'objectif de l'UIPP est de rendre les pesticides socialement acceptables, en faisant croire à un public non averti qu'ils ne sont pas dangereux pour la santé et l'environnement, que leur emploi est totalement indispensable et que de toute façon, les aliments biologiques ne sont pas meilleurs pour la santé !». Des associations de défense de l'environnement ont porté plainte contre les publicités mensongères de l'UIPP dans l'espoir de relancer le débat public sur les effets néfastes des pesticides et sur leur utilité. [En savoir plus]

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2004 [8 nouvelles]

18 octobre 2004 : Des résidus de pesticides chez les enfants. Selon une étude de l'Institut national de santé publique du Québec, des résidus de pesticides sont présents dans l'organisme des jeunes enfants Québécois. D'après les chercheurs, leur concentration est pour l'instant trop faible pour être dangereuse. Mais le type de pesticide trouvé, principalement des insecticides organophosphorés, peut avoir à long terme des effets sur les systèmes immunitaire et endocrinien, et pourrait être cancérigène. "L’exposition des enfants aux pesticides utilisés en milieu résidentiel est une problématique qui préoccupe de plus en plus la population et les autorités de santé publique. Au Québec, il en résulte la mise en place d’un nombre croissant de projets réglementaires sur l’usage résidentiel de ces produits. Cependant, peu de données existent sur les niveaux réels d’exposition des enfants québécois aux pesticides, entre autres aux insecticides organophosphorés (OP) et aux herbicides chlorophénoxys (CPH) utilisés pour l’entretien de pelouses. Les objectifs de cette étude étaient d’améliorer le niveau de connaissances quant à l’exposition résidentielle des enfants québécois à ces substances et d’explorer l’effet de la réglementation municipale sur les niveaux d’exposition". Réf.: M. Valcke, O. Samuel, D. Belleville, P. Dumas, É. Savoie, M. Bouchard et C. Tremblay, 2004. Caractérisation de l'exposition aux pesticides utilisés en milieu résidentiel chez des enfants québécois âgés de 3 à 7 ans, INSPQ [lien sur le site de l'INSPQ]

10 mai 2004 : Monsanto abandonne son blé génétiquement modifié. La compagnie multinationale agropharmaceutique Monsanto a annoncé la suspension de tout autre développement ou essai à champs ouverts de son blé génétiquement modifié, le Roundup Ready (résistant à l'herbicide du même nom). Monsanto a annoncé ce matin qu'elle allait différer toute autre tentative de dissémination du blé Roundup Ready, et cesser la sélection de la céréale et ses recherches au niveau local. Cette décision fait suite à une annonce de la société en 2003 disant qu'elle cessait le développement des céréales pharmaceutiques. Depuis 2001, une coalition formée de divers groupes, notamment la Commission canadienne du blé, le Syndicat national des agriculteurs du Canada, le Conseil des Canadiens et les agriculteurs biologiques de la Saskatchewan, s'oppose à la dissémination du blé Roundup Ready. Selon, Éric Darier, de la campagne anti-OGM de Greenpeace Canada, « C'est une victoire pour l'environnement, les agriculteurs et les consommateurs » qui « prouve une fois de plus la méfiance dont font l'objet les aliments génétiquement modifiés. »
D'autre part, selon la Commission canadienne du blé, 97 % des acheteurs de blé canadien exigent désormais une certification indiquant que la céréale n'a pas été génétiquement modifiée. Sources : Presse canadienne, Communiqués de Greenpeace Canada et de la Commission Canadienne du Blé ; l'annonce de Monsanto se trouve à cette adresse : www.monsanto.com.

31 mars 2004 : Gaucho : la décision d'autorisation de mise sur le marché annulée. En France, le Conseil d'Etat a annulé la décision prise en janvier 2003 par le ministère de l'agriculture de maintenir l'autorisation de mise sur le marché de l'insecticide Gaucho (accusé de décimer les abeilles) pour le maïs. En revanche, le Conseil a estimé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la demande d'abrogation de l'autorisation d'utiliser le Gaucho pour le tournesol, qui d'ailleurs est déjà suspendue depuis 1999. Toutefois, selon le groupe allemand Bayer, qui produit le Gaucho, la décision du Conseil d'Etat n'entraîne pas une interdiction du produit mais oblige seulement le ministère à se prononcer à nouveau !?! Sources : AFP et Le Monde

30 mars 2004 : Quand les OGM augmentent l’utilisation de pesticides. Aux Etats-Unis, l’utilisation de pesticides sur les cultures OGM serait supérieure de plus de 30 milliers de tonnes à celle utilisée sur les cultures dites conventionnelles. C’est en tout cas ce qu’a constaté Charles Benbrook, ancien secrétaire de l’Académie des sciences aux Etats Unis pour les questions agricoles dans un rapport utilisant les données du Ministère de l’agriculture américain (USDA). [suite] ; Source : SciencesetAvenir.com

29 mars 2004 : Des insectes retrouvent du goût pour la bonne bouse. L'écotoxicologie aide à la gestion du milieu naturel. Les bousiers, insectes coprophages, assurent un recyclage naturel des déjections animales. Leur réintroduction en Australie a permis de sauver les prairies australiennes embourbées dans les bouses bovines sous lesquelles grouillaient des milliards de mouches, vecteurs de parasites et de stress pour le bétail. Mais ces auxiliaires discrets sont menacés par l'Ivermectine, un produit antiparasitaire très efficace et apprécié des éleveurs. Il tue les vers dans l'appareil digestif ou pulmonaire des bovins et les protège des parasites suceurs de sang par voie externe (gales, tiques). Son relargage dans les bouses a un effet insecticide sur les coprophages dont la disparition progressive ralentit la dégradation des déjections. [Lire] ;  Source : Libération

24 mars 2004 : Pesticides : demande de dérogation pour le bromure de méthyle. Treize pays développés, l'Australie, la Belgique, l'Espagne, les États-Unis, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, Israël, le Japon, l'Italie, les Pays-Bas et le Portugal, ont demandé à être exonérés de leur engagement de cesser d'utiliser, dès l'an prochain, le bromure de méthyle, un pesticide agricole très nuisible à la couche d'ozone, a annoncé le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Le bromure de méthyle, fumigant utilisé pour lutter contre les micro-organismes pathogènes (champignons et nématodes parasites) et les mauvaises herbes, est si efficace qu'il stérilise pratiquement les sols en détruisant la microflore utile (en particulier les mycorhizes). Onéreux et toxique pour les animaux et les personnes, il contribue en plus à l'appauvrissement de l'ozone de la stratosphère. Conclu en 1987, le Protocole de Montréal visait à l'élimination de telles substances jugées responsables du trou observé dans la couche d'ozone. Cette demande de dérogation est d'autant plus incompréhensible qu'il existe des alternatives efficaces au bromure de méthyle. Source : dépèche de Radio-Canada
>>> Article de Louis-Gilles Francoeur dans le Devoir du 31 mars "Interdiction du bromure de méthyle - Le Canada et onze autres pays sont exemptés" [accès payant]

27 février 2004 : Régent-Fipronil : les notes confidentielles du ministère révélées. En France, des militants de la Confédération paysanne ont découvert, lors d'une occupation mouvementée, jeudi 26 février, du ministère de l'agriculture, un dossier sur le Régent, un enrobage insecticide pour les semences dont la molécule active, le fipronil, est soupçonné de tuer les abeilles. Pour le syndicaliste José Bové, "les considérations financières l'ont emporté sur les impératifs sanitaires". (sources : lu dans la presse française)

23 février 2004 : Suspension de la vente en France du Fipronil, accusé de décimer les abeilles. Le ministre de l'agriculture a interdit à compter du mardi 24 février la commercialisation de six insecticides, dont le Régent TS, contenant du Fipronil, une molécule soupçonnée de décimer les abeilles. La ministre de l'écologie s'est quant à elle prononcée pour l'interdiction du Gaucho, un autre insecticide, également suspecté d'être fatal aux abeilles. Source : Le Monde [Lire]

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2003 [6 nouvelles]

25 novembre 2003 : Le Paraquat, la mort au bout de la sulfateuse. La France a oeuvré contre l'interdiction en Europe de cet herbicide très toxique pour la santé et l'environnement. Quand les intérêts économiques priment sur la santé publique : [PDF] ; autres articles parus dans Libération (fichiers PDF) : Les effets à long terme restent une inconnue, un entretien avec Alexis Elbaz, épidémiologiste à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris ; Un miracle devenu une plaie pour la nature ; Roulette russe, Éditorial.

19 au 21 novembre 2003 : Colloque « Pesticides et santé » à l'Université de Montréal. Des centaines de pesticides sont disponibles sur le marché et plusieurs nouveaux produits sont régulièrement homologués, ce qui soulève des préoccupations en matière de risques pour la santé associés à leur utilisation. Le colloque « Pesticides et santé » vise à mieux caractériser l'exposition humaine aux pesticides et les risques associés. Il vise aussi à faire état des outils et stratégies de gestion des risques et de réduction de l'utilisation des pesticides. Axé sur la santé, ce colloque permettra aux différents acteurs et intervenants de partager leurs connaissances, leurs expériences et leurs réflexions sur la problématique reliée à l'utilisation des pesticide. Infos sur le colloque Pesticides et Santé.
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Pesticides : l'avenir incertain des solutions
alternatives : Malgré un succès remarquable après leur implantation en plusieurs endroits, les solutions alternatives à l'utilisation de pesticides chimiques font face à un avenir incertain. « C'est le même dilemme partout, a déclaré Rod MacRae, du Fonds mondial pour la nature (WWF), lors du colloque « Pesticides et santé » organisé à l'Université de Montréal. La recherche et l'information abondent, les fonds sont parfois disponibles, mais l'adoption [des nouvelles techniques] demeure limitée. » Les ventes de biopesticides représentent à peine 2 % du marché mondial des pesticides. Source : Réseau Proteus, Montréal, 21 novembre 2003 [Html] [PDF]
>>>Des pesticides dans l'eau potable :
Le ministère québécois de l'Environnement détecte régulièrement des résidus de pesticides dans des sources d'approvisionnement en eau potable au Québec. Des quantités très faibles, mais qui préoccupent tout de même certains médecins présents au colloque « Pesticides et santé ». Source : Cyberscience.com (Québec Science 04/12/03)

31 juillet 2003 : La plaie des Agrotoxiques. Entrevue de Hernan Hermosilla, membre d'un réseau g'organisations populaires du Costa Rica (Forum Emaüs) fait le point sur les tragédies provoquées par le DBCP (aussi connu sous les noms de Némagon et Fumazone) et le Paraquat. Le DBCP est un  nématicide fut utilisé pendant 20 ans et provoqua la stérilité de 16000 travailleurs au Costa Rica. Il s’agit d’un produit hautement toxique qui endommagea la vie de milliers d’ouvriers des plantations de bananes et de leurs familles. On utilisa ce produit dans toute l’Amérique Centrale. Oui, il fut appliqué aussi en Colombie et dans le sud du Brésil. En Amérique Centrale on l’utilisa sur la côte caribéenne, qui est la région bananière par excellence. Le résultat fut une grande rentabilité pour les transnationales bananières, et des dommages terribles dans la vie des pauvres ouvriers qui ne furent pas avertis du risque qu’ils encouraient. De là, la réaction des syndicats, des organisations environnementales, et du Forum Emaüs qui agit pour la défense et la promotion des droits humains. Une lutte qui continue encore. [suite]. Source : La Insignia (www.lainsignia.org). Traduit de l’espagnol par :Pierre Trottier, juillet 2003, Trois-Rivières, Québec, Canada. Publié par le Centre des Médias Alternatifs du Québec (www.cmaq.net)

  9 juillet 2003 : OGM : une agence gouvernementale canadienne contre le blé de Monsanto. L'une des variétés de blé génétiquement modifié que la firme américaine Monsanto veut introduire au Canada présente des «risques inacceptables» pour l'environnement, peut-on lire dans un rapport destiné à la Commission canadienne du blé (CCB). Le géant américain d'agrochimie avait demandé à l'Agence canadienne d'inspection des aliments l'autorisation de procéder à des essais, dans des espaces confinés en champ, sur son blé Roundup Ready qui résiste mieux aux herbicides. Le rapport rédigé par trois universitaires manitobains et rendu public mercredi par la CCB met en garde contre le risque de dissémination dans la nature de cette variété de blé. «Dans les conditions actuelles, la dissémination de blé Roundup Ready dans les provinces de l'Ouest serait une catastrophe pour l'environnement», écrivent les professeurs René Van Acker, Anita Brûlé-Babel et Lyle Friesen. La CCB a réagi à ce rapport en indiquant qu'elle espérait «empêcher la dissémination prématurée» du blé de Monsanto. «Nous implorons le gouvernement canadien de ne pas négliger les conclusions de cette étude scientifique dans son évaluation», a déclaré le président du conseil d'administration de la commission, Ken Ritter. Déjà le 22 mai dernier, la CCB avait écrit aux dirigeants de Monsanto Canada pour les convaincre de retirer leur demande d'autorisation. La CCB avait expliqué qu'elle craignait perdre une grande partie de ses débouchés à l'étranger, où l'on a de sérieuses réserves au sujet du blé génétiquement modifié. Le risque est colossal pour la commission, qui contrôle 20% des ventes de blé dans le monde. Monsanto a également fait une demande d'autorisation aux États-Unis et au Japon. Source : Radio-Canada ; Informations : Canadian Wheat Board - "An Environmental Safety Assessment of Roundup Ready® Wheat: Risks for Direct Seeding Systems in Western Canada" Ce document pdf est disponible sur le site de la commission canadienne du blé.

25 avril 2003 : Pourquoi les abeilles meurent-elles ? Avec 20% de mortalité dans les ruches arrégeoises en 2002, les apiculteurs sont très inquiets ! La faute à qui ? les apiculteurs ont leur réponse : "Au Gaucho imidaclopride, au Régent fipronil, deux produits hautement toxiques qui déciment les colonies d'Abeilles. Le 21 janvier dernier le ministère français de l'agriculture maintenait la suspension du Gaucho pour les semences de tournesol mais l'autorisait pour le maïs, au grand dam des apiculteurs. De son côté, Bayer Crop, la firme productrice du Gaucho, lancent des procédures judiciaires à l'encontre des apiculteurs détracteurs de leur insecticide. Pourtant, c'est tout un écosystème qui risque d'être boulversé : "Quand il n'y aura plus de pollinisation, ce sera la fin des abeilles. Dès lors, 22000 types de plantes et fleurs vont disparaître". Source : La Gazette Ariégoise (09000 Foix, France).

23 mars 2003 : Alerte au Virus du Nil Occidental : Le Québec sur le pied de guerre ! Le gouvernement québécois a récemment fait connaître la mise à jour de son plan d'intervention pour la lutte contre le virus du Nil occidental. De nouvelles activités de prévention, de surveillance et de protection de la santé y sont prévues. En termes de prévention, une importante campagne de communication aura pour objectif de rappeler aux citoyens québécois les moyens de se prémunir contre les piqûres d'insectes, principal mode de transmission du virus à l'être humain, ainsi que d'identifier et d'agir sur leurs gîtes de reproduction. Un larvicide biologique (le Bacillus thuringiensis israelensis ou Bti) sera appliqué dans certains milieux humides des régions où le virus s'est manifesté de façon particulière l'an dernier, soit les régions de Montréal, de Laval, des Laurentides et de la Montérégie. Cette intervention vise à réduire de façon importante le nombre de larves et ultimement, de moustiques susceptibles d'être porteurs du virus. Toujours dans cet objectif, des pastilles de méthoprène seront également introduites, de concert avec les autorités locales, dans les égouts pluviaux. Les résultats entomologiques des années passées ont en effet mis en évidence le rôle de ces derniers dans la prolifération des moustiques. Le méthoprène est un régulateur de croissance qui élimine les moustiques en empêchant leur développement au-delà du stade larvaire. Par ailleurs, les activités de surveillance seront accrues sur l'ensemble du territoire québécois, et de façon plus intensive dans la région métropolitaine de Montréal, ce qui fournira aux autorités de santé publique les moyens pour suivre en temps réel l'évolution de la situation. Il sera par exemple possible de déterminer les zones qui sont à risque en vérifiant la présence du virus chez les insectes capturés aux stations de surveillance. Les gens pourront de nouveau déclarer cette année la découverte de corvidés (geai, corneille) morts ou malades par l'entremise d'une ligne téléphonique sans frais. Le plan d'intervention gouvernemental peut être consulté sur le site Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux à l'adresse suivante : www.msss.gouv.qc.ca/f/documentation/. Plusieurs publications portant sur le virus du Nil, dont l'avis sur la pertinence et la faisabilité d'un traitement préventif avec des larvicides, sont par ailleurs disponibles sur le site Internet de l'Institut national de santé publique (www.inspq.qc.ca/). [Bise Vol. 14 N° 2 Mars-Avril 2003]

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2002 [6 nouvelles]

29 mai 2002 : Davantage de pesticides dans les fruits et légumes : Les fruits et légumes testés en Europe en 2000 présentent davantage de résidus de pesticides qu'en 1999, selon les résultats de l'étude annuelle de la Direction de la santé de la Commission européenne. Au total, 40,2% des échantillons analysés en 2000 présentent des résidus de pesticides. Source : transnationale.org

21 mai 2002 : Les abeilles tombent comme des mouches. Des apiculteurs du Morbihan voient leurs ruches décimées et accusent les pesticides. Rude coup pour l'apiculture bretonne. Même si cette activité reste relativement modeste dans la région, plusieurs dizaines de colonies d'abeilles situées aux confins du Morbihan viennent de subir une hécatombe sans précédent. En quelques jours, elles sont mortes par millions, formant aux abords des ruches des petits tapis noirs de cadavres d'insectes. Colza. «En vingt ans, je n'avais jamais vu cela» , confie l'un des douze apiculteurs touchés par cette mortalité foudroyante. Les apiculteurs morbihannais (un millier au total, essentiellement amateurs) montrent du doigt des pratiques agricoles nuisibles mais aussi les intérêts d'une industrie agroalimentaire qui, sans tenir compte de leur toxicité «fait passer ses molécules en force» et obtient leur homologation. «On assiste actuellement à une banalisation de l'usage de pesticides, rebaptisés pudiquement par les fabricants en produits phytosanitaires», se désole Jean-Claude Pierre, porte-parole du réseau Cohérence, collectif d'associations bretonnes. «La France utilise à elle seule autant de pesticides que l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne réunies.» Coïncidence, alors que les ruches morbihannaises étaient décimées, une même hécatombe s'est produite dans le Gers, touchant plus d'un millier de ruches peu après le traitement par des fongicides de champs de blé. [Lire] ; Source : Article paru dans le quotidien Libération

29 avril 2002 : Un pesticide de Syngenta à l’index. «Les premières alertes sont venues de Malaisie, précise François Meienberg, après la réalisation d’une étude d’impact du paraquat (un herbicide, ndlr) sur les humains.» Ainsi, 69% des employés d’une plantation de palme ont eu le sang contaminé par le Gramoxone â. Pire, depuis, elles sont sujettes en permanence à des vomissements, des pertes de la vue, des problèmes respiratoires, voire des cancers de la peau. Une autre étude, menée celle-ci au Costa Rica auprès des employés d’une plantation de bananes, aboutit quasiment au même résultat. Mieux, elle démontre une relation de cause à effet entre le paraquat et la santé de ceux qui l’inhalent. Entre 1993 et 1996, explique François Meienberg, période durant laquelle les doses de pesticide ont été fortement réduites dans cette plantation, nous avons observé une chute de 40% des accidents imputés au Gramoxone â». Cela dit, cela fait 40 ans que le Paraquat est montré du doigt. D’ailleurs, il est interdit de vente en Suisse et en Suède. Source : Bulletin d'information de l'observatoire des transnationales n°56, Jean-Louis Thomas, Swissinfos [Lien]

26 avril 2002 : Vers une catastrophe écologique : Les abeilles disparaissent par millions depuis la mi-avril. Depuis le 18 avril, des milliers de colonies d'abeilles sont en train de mourir dans les ruches situées en zone de grandes cultures du Gers et de la Haute-Garonne, plongeant dans le désarroi et la colère des centaines d'apiculteurs. Ceux-ci voient aujourd'hui se réaliser l'avertissement que les apiculteurs lancent depuis des années. L'agriculture intensive coupe la branche sur laquelle elle est assise : en éliminant les abeilles, ce sont les pollinisateurs des cultures qu'elle supprime et l'équilibre naturel qu'elle menace. L'abeille est un indicateur biologique très important. Lorsqu'elle est malade, c'est la nature qui est malade ! Les causes de ces brutales mortalités ne sont pas encore clairement identifiées. Mais ce phénomène survient toujours dans des zones où l'on constate la conjonction de plusieurs éléments : (1) oü la multiplication et le croisement de traitements chimiques massifs : fongicides sur blé (dont un nombre non négligeable avec de nouvelles molécules), produits désherbants de semis sur tournesol et maïs ; (2) oü l'utilisation quasi généralisée de semences de tournesol enrobées de produits à base de Fipronil et de semences de maïs enrobées de produits à base d'Imidaclopride, matières actives insecticides hautement
toxiques pour les abeilles. Source : Communiqué de la
Confédération paysanne

23 avril 2002 : Le cerveau est sensible aux pesticides. Les scientifiques ont découvert la zone du cerveau affectée par les pesticides. Cette découverte permet d'expliquer les symptômes ressentis par les personnes exposées à ces substances: anxiété, insomnie et dépression. Source : édition du 23 du Nature Science Update

14 février 2002 : L'utilisation des pesticides, un risque pour la santé... Des scientifiques s’interrogent sur la possibilité que l’exposition aux pesticides, même à faibles doses, augmente l’incidence de certains cancers, induise des perturbations du fonctionnement hormonal et affecte le système immunitaire. Source : La Chronique environnementale (Environnement Québec)

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2001 [3 nouvelles]

Novembre 2001 : Le GauchoÆ est-il l'ennemi des abeilles ? Les apiculteurs français d'un côté, l'industriel Bayer de l'autre. Au milieu, une administration, un ministre, les médias et toute une population de scientifiques. L'insecticide GauchoÆ est-il ou non un danger pour les abeilles ? Quatre ans de controverses parfois houleuses et d'études scientifiques n'ont pas permis de départager les protagonistes. Est-ce un échec ? La Recherche N°347 - 11/2001. Un article très interessant qui met en lumière le rôle parfois difficile du scientifique, soumis aux diverses pressions sociales, politiques et économiques, dans la recherche de la vérité ! C'est que la science n'apporte toujours pas des réponses nettes. D'où l'utilité du principe de pécaution !

Septembre 2001 : Les résidus de pesticides, l'un des facteurs à l'origine de troubles fonctionnels digestifs ? INRA - Presse Infos. Les causes et les mécanismes impliqués dans les troubles fonctionnels digestifs sont multiples, controversés et souvent hypothétiques. Depuis les années 70, quatre types d'explication ont été proposés. Une équipe de l'INRA(1) suggère aujourd'hui que la présence de résidus de pesticides (le diquat, un herbicide ndlr) dans l'alimentation pourrait être une cause. Elle a en effet montré que, chez l'animal, l'ingestion quotidienne de faibles doses d'un pesticide reproduisait des altérations morphologiques et fonctionnelles associées à ces troubles.
(1) Unité Mixte de Recherche Neuro-Gastroentérologie et Nutrition INRA-Université Toulouse III, Département Nutrition, Alimentation et Sécurité Alimentaire, Centre de Recherche de Toulouse.
Contact scientifique : Jean Fioramonti jfioramo@toulouse.inra.fr

Juillet 2001 : Comment Monsanto vend les OGM. Par Agnès Sina, Chercheuse. Source : Le Monde Diplomatique.
"Habituées à dicter leur loi aux gouvernements, les sociétés transnationales doivent maintenant compter avec un éveil civique susceptible de contrecarrer leurs projets. D'où la prolifération des « codes de bonne conduite » et autres « chartes éthiques » dont elles se dotent pour occulter ce qui reste leur unique objectif : garder les mains libres à l'échelle planétaire en vue de créer toujours plus de « valeur » pour l'actionnaire. C'est dans le secteur de l'agrochimie qu'elles rencontrent le plus d'obstacles : les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne « passent » pas dans l'opinion, tout particulièrement en Europe, aucune étude scientifique n'ayant pu conclure ni à leur innocuité ni à l'absence de risques pour la biodiversité liés à leur dissémination accidentelle, ni même se prononcer sur leurs prétendus bienfaits. Les grandes firmes du domaine, en premier lieu Monsanto, ont donc déployé une stratégie de contournement. Il ne s'agit pas de prouver que leurs produits ne présentent aucun danger, mais de les promouvoir comme autant de remèdes aux problèmes de malnutrition et de santé publique du tiers-monde et, surtout, comme une solution de rechange à un péril, certes bien réel, celui des pesticides. avec des campagnes publicitaires minutieusement élaborées et massivement financées, elles espèrent bien « retourner » les esprits récalcitrants." [
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Avril 1999 : Les pays du Sud rongés par les pesticides Par Mohamed Larbi Bouguerra (Le Monde Diplomatique, avril 1999). Aussi dangereux dans leur production que dans leur utilisation, les pesticides constituent un exemple de l’exportation, vers les pays en voie de développement, de technologies et de produits interdits par les législations de certains pays industrialisés. Le plus souvent dans une connivence intéressée entre les dirigeants politiques locaux et les multinationales implantées sur leur territoire, et dans le total mépris de la santé des populations intéressées.

Mars 1997 : Du Pont de Nemours, pesticide et profit Par Mohamed Larbi Bouguerra (Le Monde Diplomatique, mars 1997) QUAND LE SECRET INDUSTRIEL PRIME SUR LA SANTÉ PUBLIQUE : les multiples procès intentés contre Du Pont de Nemours aux Etats-Unis mettent en évidence le souverain mépris de cette multinationale de la chimie pour la santé publique. Forte de ses gigantesques moyens financiers, la firme de Wilmington mobilise des bataillons d’avocats, ainsi que les scientifiques et les institutions bénéficiant de ses largesses, pour peser sur les décisions des tribunaux et imposer la loi du silence aux victimes de certains des pesticides qu’elle commercialise. Il ne faut surtout pas attenter à la liberté du commerce, à la recherche du profit et à la préservation des secrets de fabrication [...]

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Olivier Peyronnet - PESTInfos 2005.2008